Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 06:42

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Le monde s'écroule, chacun le sait en ces jours de tempêtes financières et de plans d'austérité. Et dans leurs limousines chromées, les nouveaux maitres du monde déambulent dans New-York en costard-cravate pour contempler leur œuvre, même si ce monde déréglé peut aussi les engloutir à tout moment. Un play-boy milliardaire parcourt donc une ville en état de siège pour y faire des rencontres. Sa femme, son manager, sa maitresse, d'autres encore. Il ne font que passer dans cette limousine pour satisfaire le jeune homme, ou alors lui apporter de mauvaises nouvelles. Car Monsieur veut absolument se faire couper les cheveux  l'autre bout de la ville.

 

Vous avez un peu de mal à suivre ? C'est normal. Le film ne prétend par briller par sa cohérence, Cronenberg ayant lui-même déclaré qu'il adore l'idée que l'on puisse sortir d'une salle sans avoir tout compris. Dont acte, le film ne fera jamais l'effort de la compréhension, à peine celui de la cohérence. Le problème, c'est qu'il ne lui reste plus que la mise en scène claustrophobique de son grand réalisateur, et des tunnels interminables de dialogues dont la finesse et l'appréciation semblent réservés à un public d'initiés.


On aurait voulu voir toutes les promesses du film à l'écran. Ce monde qui s'écroule, ce golden boy un peu vampire, cette ambiance d'apocalypse rythmée par des personnages incongrus. Hélas, jamais l'ensemble ne cherche pas à aller plus loin  qu'une (très) longue suite de discours sur la capitalisme et la voracité humaine, qui vont probablement laisser la majorité des spectateurs sur le carreau, provoquant un ennui rapide, qui a tendance à se muer en énervement au fil des minutes, les aventures de Robert Pattinson restant désespérément mornes.

A un moment, on sort de cette limousine pur s'aventurer en vile. Il y a du mouvement, quelques surprises, on voit passer le temps de quelques instants le cinéma de David Cronenberg, qui sait jouer avec les corps, les émotions, l'inattendu et des décors urbains.  Mais cela ne dure pas, et la scène finale nous enferme à nouveau dans un appartement pour une scène finale impressionnante, mais aussi vaine que le reste du film.

 

Il reste beaucoup d'images en tête en sortant de ce Cosmopolis, mais pas assez pour faire oublier la très désagréable impression que Cronenberg a raté son adaptation, que son film cérébral et bavard ne se met jamais à hauteur de spectateur et que la mise en scène ainsi que les brillants (il faut le reconnaître) numéros d'acteurs tournent à vide. 

On ne peut pas célébrer un film pour ce qu'il croit être ou ce qu'il aurait pu être. Et Cosmopolis restera pour cela une immense déception.

 

 



 


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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 06:44

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ARTICLE PUBLIE SUR LEPLUS

 

L'été arrive et comme toute major qui se respecte Columbia Pictures se doit d'envahir les écrans avec quelques bons blockbusters des famille. Entre une resucée peu prometteuse de Spiderman et le massacre programmé de Total Recall, la vénérable institution se préparait déjà à nous offrir une saison difficile. Manifestement pas assez, puisque les petits génies maison ont décidé d'enfoncer le clou en nous faisant subir un troisième épisode de Men In Black, que personne ne demandait, la série s'étant essoufflée dès son deuxième épisode, après un premier opus pourtant très réjouissant.

 

Mais la suite étant manifestant l'alpha et l'oméga de la création hollywoodienne ces jours-ci, on remet tout le monde au travail. On appelle Will Smith qui n'a plus tourné depuis 4 ans, on sort Tommy Lee Jones de sa maison de retraite en Floride, et on cherche sans ses tiroirs la carte de visite du réalisateur Barry Sonnenfeld qui n'a plus fait un bon film depuis... Men In Black, en 1997. Les deux lascars remettent leurs désormais célèbres costards pour aller dézinguer de l'alien visqueux dans les rues de New-York et flashouiller les badauds qui ont la mauvaise idée de se mettre en travers de leur chemin. Tommy Lee Jones trimballe sa mauvaise humeur, comme si chaque personne à qui il s'adresse venait de lui marcher sur les pieds, et Will Smith fait tourner son habituelle machine à vannes.

 

Problème, ces deux là n'ont pas l'air spécialement ravis de se retrouver. A la manière d'un  Mick Jager et d'un Keith Richards obligés de jouer ensemble une partition qui les fatigue, les deux compères font vraiment le service minimum, nous faisant esquisser quelques sourires, sans plus. Et comme le bestiaire intergalactique en images de synthèse n'est pas spécialement réjouissant, on commence à trouver le temps long. 

Jusqu'à une nouvelle idée de génie : le voyage dans le temps. L'agent J se retrouve propulsé en 1969, où il doit secourir son collègue pris en chasse par un belliqueux manchot extra-terrestre. Le film n'y trouve pas plus de rythme ou d'inventivité, le scénario nous faisant revisiter l'histoire américaine à un train de sénateur, de la Factory d'Andy Warhol au lancement de la mission Appolo sur la Lune, le tout au prix d'une couteuse reconstitution. Sans le défilé d'aliens idiots et sans nous accrocher aux enjeux dramatiques, le film ne captive pas plus en 1969 qu'en 2012, le principal intérêt étant d'observer le remarquable travail de Josh Brolin pour imiter en tout points les mimiques et les intonations de Tommy Lee Jones. A 200 millions de dollars le film, cela fait un peu juste.  

 

Mais le pire est à venir. Car MIB 3 semble vouloir passer par toutes les figures imposées du blockbuster rance, en nous imposant une fin larmoyante inutile et complètement hors sujet, avec ce qu'il faut de pathos et de trauma originel pour que l'on boive jusqu'à la lie ce calice interstellaire.

 

On a plus qu'à souhaiter à ces hommes en noir une belle gamelle au box office US, au moins aussi spectaculaire que celle de son compère Battleship qui a coulé corps et biens la semaine dernière. Après le four monstrueux de John Carter, l'échec de la colère des Titans, 2012 risque d'être une année compliquée pour la 3D. Surtout si il y a (comme c'était le cas ce soir) beaucoup plus de monde pour les séances 2D ...

 

 



 


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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 06:48

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Jacques Audiard est devenu avec ses trois derniers films un des metteurs en scène les plus suivis et les plus célébrés du cinéma français. Derrière la pluie de récompenses, un des rares auteurs à parvenir à réconcilier complètement le public et les critiques, avec un style rugueux et exigeant, souvent très dur mais régulièrement passionnant. Son entrée dans le monde du mélo pouvait interroger, d'autant qu'il s'est volontairement encombrée de la plus grande "jeune" du star du cinéma français du moment, à savoir Marion Cottilard. Laquelle se retrouve amputée de ses deux jambes suite à un accident dans la parc aquatique dans lequel elle travaille. Désespérée, elle va se tourner vers un agent de sécurité rencontré par hasard, brut de décoffrage, qui a bien du mal à gérer sa propre vie entre les combats sauvages et son fils de 5 ans.

 

La belle et la bête. L'handicapée et le valide. La cérébrale et la physique. Les oppositions facile ne manquent pas dans ce pitch, qui a curieusement intéressé Jacques Audiard. Lequel apporte tout son art et tout son talent au service d'une histoire qui en devient rapidement magnifiée,  nerveuse, intense, évitant avec un brio assez incroyable tous les écueils du genre. Car le metteur en scène ne s'interdit pas grand chose : il ne cherche pas à éviter les scènes douloureuses ou gênantes, il les provoque. Audiard fonce dans le tas avec une délicatesse infinie, paradoxe d'un cinéma qui reste énigmatique, mais qui fonctionne quand il est porté par interprète au niveau ce qui est le cas ici.  Marion Cotillard, en particulier, est extraordinaire. Lunaire, mais naturelle alors qu'elle est infligée d'un handicap terrible, elle rayonne littéralement du début à la fin, portant son personnage marqué par la vie avec une sensibilité merveilleuse.

 

Mais si la maitrise est toujours là, le souffle manque par moments. C'est très ironique au vu de son sujet, mais le film est notoirement déséquilibré, par un scénario à tiroirs auquel il manque un but, une direction. Les combats et l'univers mafieux semblent sortir d'un autre film, et ne s'intègrent pas toujours bien à l'ensemble. Le film étant écrit à partir de plusieurs nouvelles différentes, cela expliquerait des personnages secondaires qui ne font que passer, et surtout un épilogue complètement décalé, en dehors du film, qui finit de le couper en morceaux.

 

De ce fait, De rouille et d'os ne possède pas la puissance tétanisante des films précédents de son auteur. Il nous reste un style inimitable, une mise en scène brillante, le gout de la scène casse-gueule, un culot monstre et deux interprètes en état de grâce. Pour une Palme, ce sera peut-être un peu juste. Mais pour nous, ce sera déjà pas mal...

 

 


 


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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 06:15

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Wes Anderson est un authentique auteur. Un cinéaste qui décline son univers de films en films, sans se répéter, et en veillant à ne jamais tourner sur lui même. On le retrouve dans les coins les plus inattendus, comme lors d'un merveilleux voyage en Inde rythmé par Joe Dassin, ou encore derrière un incroyable animé qui reprend du service pour nourrir sa famille. Son style est reconnaissable entre mille, à base de travellings appuyés, de personnages fantasques, de couleurs criardes et de musiques toujours plus surprenantes. Rien que pour son style, le film est un pur plaisir de cinéphile, une vraie bouffée d'oxygène qui va à l'encontre de toute forme de cinéma formaté et timide.


Mais la nouveauté dans ce Moonrise Kingdom, c'est que le film est centré sur un amour. Un amour à peine adolescent, entre un petit scout mal aimé et une gamine mal dans sa peau, que personne ne semble comprendre. Les deux exclus vont fuir ensemble dans la nature, comme dans les plus grandes romances, alors que l'ensemble de la population de la petite ile où ils résident va se mettre à leur recherche, car une tempête menace.


Il y alors deux mondes dans Moonrise Kingdom. Celui de ces deux enfants un peu cinglés, qui apparaît calme, paisible, posé, avec un petit goût de paradis dans cette nature verdoyante et ensoleillée. Et puis il y a celui du reste du monde, de la troupe, et surtout des adultes. Un monde parfois déchiré, souvent triste, nostalgique, un peu détraqué. Un monde où les parents sont irresponsables, où les petits policiers locaux sont fatigués et dépressifs, où les enfants sont méchants. Les adultes prêtent à rire, mais ils laissent aussi derrière eux une infinie mélancolie, personnifiée dans ce vieux bougre joué par Bruce Willis qui dort seul et triste dans sa caravane. Ou encore ce chef scout complètement dépassé, auquel Edward Norton prête sa gaucherie et son air de premier de la classe. 

 

Avec sa maestria habituelle, le réalisateur nous emmène alors vers une sorte de conte de fées, truffé d'inventions visuelles, et langoureusement bercé par la partition toute en finesse d'Alexandre Desplat. Car Wes Anderson semble nous dire que les fous ne sont pas ces deux enfants que l'on veut enfermer, mais bien tout ce qui les entoure. Et quand on commence à se lasser de cette petite ballade dans cette île perdue, il joint les deux univers dans un long épilogue rythmé et musical, aux frontières du fantastique, qui reboucle brillamment avec son prologue.

 

Alors que la météo semble parfaitement ignorer l'arrivée imminente de l'été, ne cherchez plus le premier grand rayon de soleil de la saison. Il est dans les salles obscures et il s'appelle Moonrise Kingdom

 

 


 


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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 07:45

 

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L'Amérique ne se relève pas du 11 septembre, faillite majeure de ses services secrets. La preuve une fois encore avec ce petit bijou qui nous emmène loin dans les différentes couches de l'espionnage américain.

Will Travers est un analyste en chef. Son boulot : recouper, comprendre, chercher, afin de pouvoir alimenter l'armée et la CIA en informations fraiches et vérifiées. Lorsqu'un de ses collègues disparait dans des conditions mystérieuses, il commence à investiguer ses propres chefs... et prend peur.

 

Un vrai choc, une vraie réussite comme on en avait pas vu depuis longtemps. J'ai quelques trains de retard puisque la série date de 2010, mais cette saison unique vaut vraiment le coup d'œil, et un peu plus. Le décalage est d'abord assez incroyable : les analystes travaillent dans des bureaux miteux, sur des dossiers papiers, on voit peu d'ordinateurs et de satellite. Comme si l'Amérique qui doute de sa toute puissance ne voulait lus remettre son avenir entre les mains de la haute technologie, mais souhaitait revenir aux bases : de la matière grise avant tout.

 

Ensuite, c'est un brillant thriller paranoïaque. Car très vite, on comprend que rien n'est clair, on ne sait pas qui travaille pour qui, comment, pourquoi et surtout avec quels objectifs. L'Amérique a peur mais l'Amérique est perdue, ne sait plus où elle regarde ou ce qu'elle souhaite accomplir. Le rythme et la mise en scène sont au diapason de la suspicion ambiante :  c'est très long, peu rythmé, et il faut parfois s'accrocher. Mais la récompense est à la hauteur, tant Rubicon synthétise avec brio ce qu'il y a de meilleur dans le film politique dans années 70 (les 3 jours du Condor, influence évidente) jusqu'au roman paranoïaque (les lecteurs des Falsificateurs vont se régaler)... tout en le replaçant dans une actualité brûlante, avec la guerre contre le terrorisme et les grands enjeux pétroliers. Passionnant.

 

Et pour finir, comme toute grande série, Rubicon est porté par une interprétation de très haut niveau, sur des personnages forts et nuancés. Avec une affection particulière pour Kale Ingram, inoubliable chef de service tout en faux-semblants et en sous-entendus.

Mais tout cela était très cérébral, d'une grande lenteur, d'une complexité narrative rare, et d'une très grande exigence pour son spectateur. Ce qui a poussé la chaine AMC a commettre le crime de l'annuler après une saison seulement. Il y a des coups de pieds au cul qui se perdent dans les hautes sphères de la télévision câblée américaine.

Rubicon a donc rejoint Profit et Deadwood au cimetière des chef d'œuvres qui auront été finis beaucoup trop tôt. De quoi devenir culte

 




 

 


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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 07:16

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ARTICLE PUBLIE SUR LEPLUS

 

 

Tim Burton fut un grand réalisateur. Le genre de metteur en scène rare, capable de transcender le plus académique des blockbusters pour en faire une œuvre personnelle, forte et sombre. Le genre de metteur en scène  trimballer de films en films un univers, une vision artistique et un talent reconnu par ses pairs qui l'ont mené jusqu'à la présidence du jury du Festival de Cannes et une rétrospective à la cinémathèque.

Mais c'était il y a quelques temps déjà. Amorcé avec la triste planète des Singes et Big Fish, le virage de l'auteur vers une forme de conformité s'était confirmé récemment. Il était patent dans le formaté Alice aux Pays des Merveilles qui avait connu un succès monstre, mais avait laissé sur le carreau un certain nombre de ses fans... que ce Dark Shadows risque ne pas forcément consoler.

 

Pourtant, tout y est. Une légende noire où une sorcière jalouse transforme son amant en vampire avant de l'enfermer dans un cercueil pour plusieurs siècles. Réveillé par un chantier, il retourne dans son manoir avec la ferme ambition de restaurer le lustre familial, mis à mal par une malédiction. Parti sur ce principe, la comédie aurait pu être le principal moteur de l'intrigue, en lâchant un anachronique Johnny Depp dans les années 70 pour recréer une usine de poissons. En le flanquant d'une nouvelle famille assez barrée, et en jouant sur la carte fantastique, il y avait de quoi faire.

 

Mais si l'acteur fait le numéro attendu, il se débat dans un scénario finalement assez plat, qui ne parvient jamais à tirer correctement parti de tous ses personnages secondaires car il reste accroché à son conte funèbre, plutôt que de s'intéresser à cette famille de déglingués. Les scènes défilent alors sous nos yeux, parées de tunnels de dialogues assez moyens, avec la facture visuelle attendue, mais sans inventivité particulière ni parti pris prononcé. Ni comédie déjantée, ni film noir, ni claque visuelle, Dark Shadows devient alors un gros film américain massif, bavard, drôle par moments, mais absolument jamais surprenant.

 

Et pire, Tim Burton rate l'alliance de la comédie et du film d'horreur. Les quelques scènes d'épouvante tombent comme un cheveu sur une soupe bien sanglante, mais qui laisse bien indifférent. On s'amuse des quelques gags historiques et de la répartie cinglante de Johnny Depp, qui a suffisamment de métier pour faire passer un second degré malicieux. Mais l'alliage ne prend jamais, et l'on est réduit à voir notre vampire se balancer de la vaisselle à la figure  avec Eva Green pendant tout le film, jusqu'à une fin en épingle à cheveu où Tim Burton retourne chez lui, dans l'univers des contes ténébreux... Mais il est bien tard, et cela fait longtemps qu'on ne prête plus guère attention à cette envahissante histoire d'amour et de fantômes, qui aura pollué tout le film.

 

Tim Burton semble être devenu une sorte de nabab qui n'a plus l'ambition de se renouveler. Le genre de nabab à faire jouer sa femme dans tous ses films, même si son rôle n'a aucun intérêt. Le genre de nabab à faire venir Christopher Lee pour une après-midi, comme un running gag. On lui laissera encore le bénéfice du doute, mais plus très longtemps... Wake up, Tim ! 

 

 


 

 


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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 07:16

 

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Les Pilliers de la Terre - mini série de 8 épisodes


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L'œuvre somme de Ken Follet ne pouvait pas rester très longtemps à l'abri d'une adaptation sur écran.

Vu le volume et la complexité de l'ensemble, impossible de condenser le tout en un film, et mettre en route une trilogie semblait un concept plutôt hasardeux. C'est le format téléfilm qui pouvait probablement le mieux rendre justice au roman. C'est désormais chose faite, avec une mini-série très fidèle. Trop fidèle.


La force des romans de Ken Follet se trouve dans un souffle épique et historique que l'on retrouve assez souvent à l'image. Mais la faiblesse de Ken Follet se situe (dans tous ses bouquins) dans des personnages souvent très manichéens et des sentiments pré-adolescents qu'il aurait fallu dépasser.

Mais personne n'a osé, proposant des personnages d'une pureté immaculée, qui s'affrontent avec des méchants extrêmement chargés.(William de Shiring et sa mère, en plein caricature oedipienne).  Dommage, car il y a avait de quoi faire quelque chose d'un peu plus fin avec cette passionnante saga dans l'univers des cathédrales.

 

Mais cela s'explique. On sent à chaque seconde le poids de la production et des risques financiers derrière une œuvre aussi ambitieuse, dont le montage a été compliqué. Aucun risque n'a été couru, dans cette sage adaptation moyenâgeuse qui a été crée pour être vendue à une chaîne cablée (Starz en l'occurence). Objectif revendiqué : faire du tout public en mettant tous les moyens sur la reconstitution, un peu moins dans le casting (qui assure quand même très bien) et encore moins sur l'écriture.La conclusion par exemple, ample et tout en longueur dans l'oeuvre originale, est expédiée ici en quatrième vitesse pour rester dans le format 8 épisodes.

On aurait pourtant bien vu une chaîne plus costaud aux commandes, comme HBO par exemple, qui avait réussi quelque chose de grand avec Rome (série historique d'un autre calibre...). Mais il y a déjà Game of Thrones qui tourne...

 

Cela se laisse pourtant agréablement regarder, c'est globalement assez divertissant et suffisamment court que l'on ait pas le temps de se lasser. Ceux qui ont lu le livre retrouveront l'univers avec plaisir, les autres auraient bien tort de commencer par la série. Car il serait vraiment dommage de se gâcher la lecture du roman en regardant d'abord cette adaptation un peu trop gentille.

 

 

 


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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 07:25

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Le souvenirs embrumés de l'ex RDA arrivent régulièrement jusqu'à nos écrans, que cela soit dans la comédie douce-amère avec Good Bye Lenin, ou dans la drame social et personnel avec la magnifique Vie des Autres.

Barabra serait plus proche du second, sans en posséder la puissance dramatique, mais avec une forme de tristesse assez équivalente.


Elle ne sourit d'ailleurs jamais, Barbara. Arrivée dans un hôpital de province après un passage par la prison, elle est épiée, surveillée, contrôlée. Elle ne semble plus vouloir s'ouvrir à rien, malgré l'insistance de son collègue médecin, agréable et prévenant. Car Barbara veut fuir, passer à l'Ouest et ne plus jamais revenir. Dans une Allemagne de l'Est verrouillée et où elle semble avoir presque perdu tous ses droits, elle ne croit plus à rien, sauf peut-être dans ses enfants maltraités qu'elle doit soigner de temps à autre.

 

Le film est lent, ce n'est rien de le dire, mais il est prenant. Pour raconter la RDA, il n'y a besoin d'aucun artifice, à peine une petite reconstitution, le regard de cette femme semble suffire au réalisateur pour étayer son  propos. Il ne charge d'ailleurs pas le reste, en évitant un manichéisme trop lourd et trop appuyé, pour mieux décrire l'horreur habituelle et calme d'une société totalitaire. Il crée ainsi une sorte de film d'ambiance, partagé entre les appartements miteux qu'on "donne" ,  le soleil estival et la mer du Nord.*


 

L'étincelle vient le plus souvent des deux extraordinaires interprètes principaux, seuls vecteurs de chaleur et d'amour dans cet ensemble pourtant désespérant. Grâce, à eux, Barbara fait passer beaucoup de tendresse et de gentillesse, qui brillent de mille feux dans ce cadre aseptisé, froid, et secret.

Silencieux et acétique, le film aurait mérité une mise en scène plus tranchée et plus volontaire, qui aurait pu éviter un engourdissement progressif. Mais il est sauvé par une fin absolument magnifique.  

 

 


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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 08:33

 

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 (AMC - 13 épisodes - renouvellée)

 

 

Après une fin de saison 1 qui avait beaucoup décontenancé, le shérif Rick et sa peu joyeuse bande repartent sur les routes des Etats-Unis peuplés de morts-vivants agressifs. Chaque jour est une épreuve, il faut trouver à manger, un abri pour la nuit, et se méfier autant des zombies que de survivants, souvent assez hargneux...

 

AMC a bien appliqué le petit manuel de la série moderne : ne pas embaucher de star, saupoudrer de quelques cliffhangers, ne pas hésiter à sacrifier des personnages importants pour préserver le suspens, et soigner la direction artistique.

Ce qui rend The Walking Dead toujours aussi plaisant à regarder pour un produit qui reste éminemment marketé, et qui se fait un devoir de ne pas dévier d'un centimètre de son cahier des charges. Cela se perçoit en particulier dans le développement des personnages principaux, dont les motivations et le caractère restent assez monocordes, avec juste ce qu'il faut d'allers-retours entre le bien et le mal pour qu'on gobe la pastille sans rechigner. Car à la fin des temps, si tous les hommes semblent condamnés à se tranformer en bêtes, certains ont des prédispositions naturelles. 

  

Mais ça marche. Ca marche encore mieux que pour la première saison car l'équipe a fait de vrais progrès en matière de rythme et de narration, et ne nous inflige pas les grandes longueurs qui avaient plombé la saiosn  1.  On est une fois de plus pris par la tourmente d'un groupe où  les esprits d'échauffent sans cesse. On est pris par ces paysages de fin du monde et ses affrontements dans les bois. On est happé par la recherche sans fin de cette petite fille disparue. On reste scotché lors d'un impressionnant dernier épisode qui rebat habilement toutes les cartes. C'est parfois gore, perpétuellement violent, et on en vient même à s'interroger sur Dieu et la fin du Monde. En rencontrant d'autres survivants, l'escouade va devoir se frotter à ce qui reste du monde, qu'il soit paisible et caché, ou vindicatif et au grand jour.

 

Une série recommandable aux profanes de par sa longueur maitrisée (13 épisodes, on est sur le cable...) et son efficacité. Seul bémol : bon courage pour la regarder avec un plateau repas. Au bout de la troisième éviscération,  même votre plat de spaghetti vous paraîtra suspect..  

 

 


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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 05:27

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Ils sont de retour. Hélas. Treize ans après avoir bien fait marrer tout le monde avec une comédie potache et lycéenne, nos héros à la tarte aux pommes nous infligent maintenant leurs troubles personnels à l'approche de la trentaine. Et si voir des ados débiles tenter de se débarrasser de leur pucelage a été plutôt amusant, regarder une bande d'adultes attardés se débattre avec leur vie de couple et leurs gosses n'est pas très passionnant, mais aussi redoutablement pas drôle. Un long chemin de croix assez triste, qui nous ferait regretter les derniers films d'Appatow, c'est dire si l'on est tombé bien bas...

 

Ils sont pourtant tous de retour. Jim, sa femme, son père, Stiffler, sa mère, et tout la bande de potes. On a du mal à leur en vouloir, leur carrières respectives sont presque toutes au fond du bol, à l'exception notable d'Alyson Hannigan qui peut remercier How I met your mother. Il y a 10 ans, Chris Klein tournait avec McTiernan, Jason Biggs avec Woody Allen et Mena Suvari affolait toute la planète sous la caméra de Sam Mendes dans American Beauty. Devenus tous has-been avant la trentaine, ils ne peuvent pas perdre une occasion de se faire un peu d'argent de poche. Et tant pis si cela doit passer par une des suites les plus inutiles de l'histoire des suites (et il y a de la concurrence!).

 

Au menu de cette nouvelle part de tarte : les habituelles blagues scatologiques, bitures massives, pénis en gros plan et poitrines au vent. Mais le cœur n'y est plus, et le film s'enferme vite dans un rythme de sénateur, ennuyeux  mourir malgré tous les efforts de Stifler pour dérider ce petit monde. Quand on est dans le harcèlement de Jim par la fille qu'il gardait, c'est nul. Quand on passe aux problèmes existentiels de son père, c'est embarrassant. Quand on boucle les boules en célébrant le vrai amour, le mariage et le romantisme, recouvrant l'ensemble des passages graveleux par l'inévitable vernis puritain, on a envie de vomir. Et pourtant, on a rien bu, nous. On aurait peut-être du. 

 


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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 06:51

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ARTICLE PUBLIE SUR LEPLUS 

 

"There are three ways to make a living in this business : be first, be smarter, or cheat"

 

Bientôt 4 ans après la chute de Lehman Brothers, le cinéma ne s'est pas encore complètement emparé de cette dernière crise économique, pourtant toujours omniprésente. Il est d'ailleurs curieux de constater que les Américains sont plus prompts à relire leur passé quand il s'agit de guerre ("Démineurs", parmi de nombreux films sur l'Irak) ou de terrorisme (les géniales séries "Homeland" et "Rubicon" par exemple) alors que cette catastrophe économique, même si elle suinte dans la plupart des séries américaines, n'a pas connu beaucoup d'adaptations directes sur grand écran. Si ce n'est le gros pétard mouillé qu'était "Wall Street 2" et l'indispensable documentaire "Inside Job".

 

C'est sans doute pourquoi le film de J.C. Chandor fait figure de vraie curiosité, et pourquoi un metteur en scène quasi débutant a pu rassembler une équipe aussi impressionnante (quel casting !) pour un film qui reste à petit budget.

Un film dont le scénario (nommé aux Oscars) a l'intelligence de se concentrer à l'extrême, pour mieux nous aider à prendre du recul et voir la "big picture". Unité de temps, unité de lieu : on se contentera donc des 24 heures qui feront la charnière entre plusieurs années de profits astronomiques, et une crise latente qui va tout emporter sur son passage. On sort peu de cet immeuble de bureaux car c'est bien là que tout va se jouer, à bonne distance du "monde réel"

 Dès les premières images, on nous offre la vie des affaires américaines dans ce qu'elle a de plus glaçant : un impressionnant entretien de licenciement, qui vient compléter une charrette de départs déjà bien garnie. Le ton est faussement amical, déterminé, définitif. Business is business, malgré le sourire de façade de la responsable RH qui passe dans les couloirs pour taper sur les épaules des condamnés. Le manager fait ses cartons, mais a le temps de transmettre à son junior une analyse des risques explosive. Rapidement, le jeune analyste met en lumière des failles considérables dans l'édifice de la banque, sorte de Titanic financier en plein naufrage.

 

C'est le point de départ d'une très longue nuit, qui va nous permettre de monter un à un les échelons d'une organisation très pyramidale, où chacun se tourne vers son supérieur jusqu'au dernier barreau de l'échelle. Il est inutile d'être un grand spécialiste de finance et d'économie pour rentrer dans ce "Margin Call", mais posséder des bases solides vous sera quand même d'un grand secours pour situer parfaitement les enjeux, les risques et la gravité de la situation.

En particulier pour parfaitement appréhender cette lente montée en tension qui va amener chacun des maillons de la chaîne face à un choix cornélien. Le petit analyste, le chef de salle, le manager, le directeur des opérations, jusqu'au PDG débarqué de son hélicoptère : on s'arrête sur chaque individu, ses doutes, ses réactions, chacun pouvant symboliser un pan de ce qui ne tourne plus rond dans ce monde de l'argent virtuel, où l'on demande à chacun de jouer sur la corde sensible pour vendre à son voisin un produit financier pourri qui va bientôt exploser.

 

Mais trois protagonistes en particulier retiennent l'attention. Le chef de salle cynique et détaché (Paul Bettany, très bon), qui connaît les rémunérations de tout le monde, et ne semble rouler que pour lui tout en se donnant bonne conscience, le trader tel qu'on l'imagine. Le manager avec 40 ans de boutique (Kevin Spacey, comme d'habitude parfait), prudent et humain, mais dont la lâcheté semble toujours avoir le dernier mot et qui n'est jamais le rempart moral qu'il devrait être. Et puis ce PDG calme et froid, imperturbable et dangereux (extraordinaire Jeremy Irons), qui décompte comme un métronome toutes les crises financières qui ont secoué le monde depuis trois siècles pour mieux montrer qu'ils survivront à celle-ci aussi.

 

On en a froid dans le dos, surtout parce que l'on évite avec une habileté surprenante tous les pièces du manichéisme ou de l'analyse de comptoir pour aller vers des portraits fins, nuancés, portés par des acteurs remarquables, qui donnent une vie et une intensité impressionnante à ce film de bureaux. Si la mise en scène de JC.Chandor est parfois un peu sage et un peu lisse, on saura reconnaître au jeune réalisateur son sens du décor et de la lumière, qui donnent une atmosphère si particulière à ce qui devient presque une pièce de théâtre à huis-clos, dans une ambiance feutrée et pas nécessairement clinquante.

 

 Mais le plus terrifiant est que cette histoire, inspirée de faits réels, n'est pas l'histoire d'une faillite, et n'est pas sensée de passer selon le réalisateur-scénariste chez Lehman Brothers, mais bien dans une des banques survivantes, toujours en activité. Le savoir donne au film un relief et une profondeur encore plus marquants, car cela ne fait que donner raison à Jeremy Irons, qui pose la conclusion la plus définitive et la plus cynique entre le fromage et le dessert, réfugié en haut de sa tour d'ivoire : "It's just money" 

 

 

 


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NB : pour ceux que le sujet passionne, ou qui ont envie de se plonger dans cette incroyable, histoire, deux conseils : le livre "Ma banque" de Marc Roche, pas trop technique, sur l'institution Goldman Sachs, et bien sur le fabuleux documentaire "Inside job".

Par DH84
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 06:42

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Un diner de famille et d'amis part en vrille pour cause de choix de prénom embarrassant. Le salon devient zone de guerre, les 5 convives s'envoyant des scuds à tour de rôle au fur et à mesure que la soirée avance....et dégénère.

 

Le Prénom est un pur film théâtral : adapté d'une pièce de boulevard, il transpose l'action dans unité de lieu et de temps, sauf pour un prologue et un épilogue rajoutés. Comme toute pièce de boulevard qui se respecte, les ficelles de départ ne sont pas très fines, avec des antagonismes de couple faciles, et la classique opposition entre le prof de gauche prétentieux, et le businessman de droite très fier de sa réussite qu'incarne son inévitable 4x4.

Mais la première bonne surprise, c'est que le film se ne se cantonne pas à son principe de départ, à savoir une guerre ouverte sur le choix d'un prénom. Sans trop en dire, on peut révéler que cette querelle n'est que la catalyseur qui va permettre à chacun de vider son sac dans la bonne humeur la plus totale. C'est à ce moment que le film est intéressant, en sortant des limites du simple boulevard, pour nous emmener dans une soirée où l'on ne sait plus vraiment où est l'humour et ou est le sérieux. Ou s'arrête la blague et ou commence le reproche. On est témoin de la méchanceté ordinaire, d'un combat de coq, de l'égoïsme que les personnages tentent de cacher derrière une façade de dérision et de second degré. C'est assez juste, et souvent drôle même si Charles Berling ne fait pas spécialement dans la dentelle.

 

Une fois lancé, le film connaîtra pourtant quelques gros trous d'air avant la conclusion, dus en grande partie à cette obligation désagréable d'ouvrir un (très) long couplet sentimental, qui n'apporte pas grand chose au film, et qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Et comme la mise en scène est plus que minimaliste dans le montage et l'utilisation de l'espace, on s'ennuie vite dès que les acteurs ne s'envoient pas des vacheries pendant plus de quelques minutes. Pas de quoi gâcher complètement un petit film sympa aux dialogues efficaces qui suffira amplement pour une petite soirée détente.  

 

 



 

 

 


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Par DH84
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 16:28

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Les séries B produites à la chaîne par Europacorp sont au cinéma ce que KFC est à la gastronomie : c'est lourd, difficile à digérer, contre-indiqué par votre médecin traitant, et cela tire probablement l'humanité vers le bas. Mais comme tout plaisir coupable, cela donne envie, même si vous vous étiez promis de ne plus jamais vous laisser prendre, après avoir subi l'inénarrable From Paris with Love par exemple. Et attiré par les publicités brillantes et clinquantes, on finit par se laisser tenter en préparant son estomac à une indigestion massive.

 

Car chez Europacorp, c'est Luc Besson qui est aux fourneaux, et le grand vizir de la production française s'est fait une spécialité de ces séries B qui tirent très vite vers le Z, dont il écrit le "scénario". Le menu est donc une suite de plats assez attendus pour le genre. Une grosse prison dans l'espace, qui sert de terrain de jeux copié-collé sur Alien. De gros méchants sadiques et vicieux tatoués comme des portes de prison ouzbeks. Un sauveur cynique, tireur d'élite et supermalin. Des bureaucrates incompétents et dépassés, en costard cravate dans la salle de contrôle louée à la production de 24 après l'arrêt de la série. Et enfin une jeune fille blonde en détresse, mais suffisamment brave quand même pour que ledit sauveur s'y intéresse un peu quand même. On s'attend presque à retrouver les mafieux albanais de Taken franchir une porte de cellule au milieu du film...

 

Ce qui est toujours désagréable avec Besson scénariste, c'est son incroyable désinvolture vis-à-vis de l'histoire qu'il développe. On ne s'attend pas à de la vraisemblance, mais au moins à un minimum de logique et de recherche narrative. La série Z n'interdit pas de travailler un minimum les situations. Pas ici. On aura donc l'honneur d'assister à l'évasion et la mutinerie la plus rapide et la facile de l'histoire, dans une prison spatiale de haute sécurité envahie par les agents du secret service, éliminés un par un par un psychopathe qui accède au centre de contrôle sans même croiser un agent qui lui demande ses papiers. Comme quoi l'administration pénitentiaire n'a pas fait beaucoup de progrès depuis Prison Break...que fait Claude Guéant ? C'est globalement assez désagréable de faire prendre pour des crétins, jusqu'à l'improbable twist final qui plie l'affaire en deux minutes...

 

Et les deux réalisateurs engagés pour l'occasion ne font vraiment pas de merveilles avec leurs petits moyens, ne trouvant jamais le rythme ou l'inventivité pour sortir de leur carcan de nanar interstellaire un peu cheap, formaté et normalement destiné avant tout à la vidéo. Pas de scène marquante, pas d'utilisation décalée des décors, pas de gestion du tempo, juste un déroulé ininterrompu de faux suspenses, de tirs d'armes lourdes et de gros plans sur les trombines hagardes des détenus assez motivés par la présence de Maggie Grace parmi eux pour l'après-midi, qui passent leurs nerfs à intervalles réguliers sur l'équipe technique de la prison qui aura bien mérité sa prime de risques.

 

La bonne nouvelle est que ce bon vieux Luc s'est entouré ce coup de deux atouts inhabituels qui font passer le menu sans trop de remontées acides : un dialoguiste et un acteur. Et la combinaison des deux rend l'ensemble presque regardable, puisque l'excellent Guy Pearce se fond avec bonheur dans ce personnage cynique et je-m'en-foutiste, à fond sur le second degré, enchaînant avec bonheur les vannes et commentaires acides, donnant au film par moments une légèreté (!) pour le moins inattendue. Un très grand acteur dans un nanar est souvent un cocktail assez agréable...

Et même si on peut lui être reconnaissant de rehausser le niveau, on est en droit de s'inquiéter un peu pour lui quand même. Car après l'épouvantablissime Le Pacte, Monsieur Pearce (Démineurs, Animal Kingdom quand même !) va devoir entamer les travaux d'agrandissement de son potager sous peu si il persévère. Ou alors demander à son agent d'arrêter la drogue..



 

 

 


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Par DH84
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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 13:06

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"What can you do ? I have an army"   "We got a Hulk"

 

Voici donc LE cross-over de l'été, préparé pour votre plaisir, et depuis plusieurs années par les studios Marvel, qui ont réussi le tour de force industriel de faire converger quatre de leurs blockbusters vers un seul et même film. The Avengers est donc la suite plus ou moins direct du punchy Hulk, du sympathique Captain America, du visuellement perturbant Thor et d l'épouvantable Iron Man 2. Deux films agréables mais inoffensifs, un attentat au bon goût et un des plus mauvais blockbusters de ces dernières années, il y avait de quoi se faire légitimement un peu de soucis pour ce film monstre, au budget maousse et au casting démentiel.  Et contre toute, attente, l'énorme machine s'avère être un film pop-corn des plus plaisants, légers et drôle.

 

L'histoire n'a pas beaucoup d'importance puisqu'il s'agit d'une inévitable attaque extra-terrestre qui sera contrée par une alliance de super héros et leurs pouvoirs. Le monde, pardon, les Etats-Unis, pardon New-York est attaqué, et la fine équipe a pour mission de renvoyer tout ce beau monde au delà des frontières intergalactiques. Certes, Manhattan n'en est pas à sa première démolition par les forces maléfiques d'Hollywood. Mais l'application dans la démolition massive des ces envahisseurs là a de quoi faire pâlir de jalousie les envahisseurs les plus chevronnés...

 

Le pitch est simpliste, mais il n'a pas n'empêché l'équipe de travailler le scénario et les personnages, et on doit rendre grâce ici au travail du réalisateur-scénariste Josh Whedon, qui livre un script rythmé et chiadé, variant les lieux, les enjeux et les situations, tout en donnant à l'ensemble une grande cohérence, chose devenue rare dans la plupart des blockbusters, qui ne semblent être mis en image que pour une énorme scène de combat qui n'arrivera qu'après de nombreux trous d'air. Cette grande séquence d'action et de destruction arrivera bien comme prévu en fin de film, mais après de nombreuses et plaisantes péripéties qui installent pour de bon cette équipe All-Star.

 

Assumant son côté film choral, The Avengers joue d'ailleurs à fond la carte de l'équipe, en donnant de la place à tous les personnages, et en jouant habilement sur leurs antagonistes, entre les très sérieux Thor et Captain America, les mystérieux Hawkeye et Black Widow, l'incontrôlable Hulk et le cynico-délirant Iron Man. Chacun existe et porte des enjeux dans le film , mais il faut bien avouer que ceux qui la jouent premier degré servent souvent de façades permettant de mettre en valeur les deux vrais héros du film : Hulk et Iron Man.

Le premier, auquel Mark Ruffalo apporte toute sa sensibilité et son calme, devient enfin une vraie arme destruction massive une fois passé en mode énervé, et un réservoir comique inépuisable. Quand au second, Robert Downey Jr retrouve ses bonnes habitudes, et cabotine avec une joie et une nonchalance communicatives, surtout quand il dauble avec régularité sur ses partenaires au sens de l'humour moins affuté.

 

Car l'autre point fort du film , c'est indiscutablement son humour. Sans jamais prendre au sérieux sa grosse meringue estivale, Josh Whedon a glissé dans ces Avengers nombre de scènes très amusantes, vannes millimétrées et gags en tous genres. Le film y trouve une légèreté qu'on ne croyait pas pouvoir trouver dans une machinerie aussi imposante.

 

Alors certes, la longueur de la chose (2h22 quand même...) peut décourager ceux qui ne se retrouvent pas beaucoup dans l'esprit Marvel. Et il y aura toujours des esprits chagrins pour trouver que cela ressemble quand même beaucoup à un long épisode de sérié télé, à la mise en scène facile. So what ? Si c'est le prix de l'efficacité et du plaisir, je préfère nettement ces Avengers drôles et décontractés aux tristement sérieux et pénibles escadrons de marine deBattleship. La saison américaine est (bien) lancée

 

 

 

 


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Par DH84
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 08:31

 

 

 

Rock Forever de Adam Shankman (13 juin)

 

 

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niveau de buzz : faible malgré Tom Cruise

 

Adaptation d'une comédie musicale, parait-il culte (!) avec une bande originale, paraît-il constituée de tubes (!) prorockposés par des groupes parait-il incontournables(!). Ma culture musicale laisse sûrement à désirer, mais j'avoue être assez étranger aux chansons et aux interprètes très américains... Ce n'est pas une raison pour ne pas se laisser tenter par cet ensemble très rock, au casting solide et qui pourrait réserver de beaux moments de musique et de déconne, si le film est aussi bien rythmé que sa bande annonce. L'argument majeur de la chose : un Tom Cruise tendance Magnolia manifestement déchaîné en rock star, tellement crédible que Clint Eastwood lui aurait proposé de jouer Kurt Cobain dans son prochain film..


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Le Grand Soir de Benoît Delépine, Gustave Kervern  (6 juin)

 

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Niveau de buzz : ascendant


Retenu dans la selection un certain regard, un début de reconnaissance pour des guignols Grolandais qui avaient épaté avec l'excellent Mammuth. Après avoir faire renaître Depardieu, ils s'attaquent à un double défi avec deux des gueules les plus imprévisibles du paysage français : Poelvoorde et Dupontel. Ca a l'air barré comme il faut... C'est quand même Bernie qui croise C'est Arrivé près de chez vous sous l'oeil de Groland. What else ?

 

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Margin Call de J. C. Chandor  


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Niveau de buzz : faible, jusqu'à que la crise revienne

 

A part l'excellent documentaire Inside Job (à voir !), le film sur la crise reste à faire, surtout après le dérapage d'Oliver Stone et de son très médiocre Wall Street 2. Margin Call s'arrête sur un des tournants de la crise de  2008, lorsque les plus grandes banques ont commencé à déstocker massivement leurs actifs pourris, entraînant l'ensemble du monde financier dans une spirale infernale. Un projet assez emballant, manifestement sérieux et documenté, avec un casting très impressionnant porté par deux excellents vieux routards trop rares à l'écran : Kevin Spacey et Jeremy Irons.

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Total Recall de Len Wiseman (15 août)


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Niveau de buzz : faible, à peine troublé par les cris desespérés des fans de Verhoeven

 

On appelle ça un sacrilège. Confier la nouvelle version d'un formidable classique de la SF à un tâcheron hollywoodien qui a comme titre de noblesse des films de vampires de série B et un épisode fun mais peu convaincant de Die Hard. Et les premières images bourrées d'action et de décors qui piquent les yeux semblent confirmer que la relecture ca tirer l'ensemble vers le bas, le très bas. Au mieux  on aura un honnête action-movie bourrin. Au pire, on aura le massacre d'un classique avec un attentat visuel à la clé... accrochez vos ceintures

 

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Magic Mike de Steven Soderbergh (15 août)

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Niveau de buzz : faible, avec une sortie kamikaze au milieu du mois d'août

 

Après le film d'épidémie et le film d'action, le très (trop) éclectique Steven Soderbergh nous honore de son troisième film en 8 mois (!). Il est question cette fois-ci de strip-tease, et que derrière les bêtes de scène masculines qui se dépoilent pour la joie de ces demoiselles, il y a aussi un coeur qui bat...Tout cela ne sent décidemment pas très bon, et les premières images trèss fleur bleue et pas très branchées déconne laissent présager le pire, à part un numéro d'abruti texan dans lequel semble exceller Matthew McConaughey (les mauvaises langues diront qu'il ne s'agît pas d'un  rôle de composition, et c'est pas sympa) .

On se met à rêver , peut-être que dans les deux films qu'il sort cet été, Soderbergh aura eu le temps d'en finir un correctement ? Et si ça pouvait être l'autre d'ailleurs...

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Killer Joe de William Friedkin (29 août)

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niveau de buzz : ascendant

 

Thriller assez violent et ténébreux, Killer Joe est centré autour d'une histoire de vengeance et d'un deal pas très clair passé entre le client et le serial killer, incluant la soeur du premier. William Friedkin a été un  grand réalisateur au siècle dernier (dont le hit l'Exorciste), et semble redevenu un metteur en scène à suivre avec son dernier petit bijou fantastique qui s'appelait Bug. Beaucoup d'attente donc, autour de son retour au polar noir, d'autant que le buzz est excellent de puis Venise...même si c'est un genre dans lequel on a toujours peur quand on voit débarquer Matthew McConaughey


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Par DH84
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