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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 00:10

Chers lecteurs, 

 

C'est avec un petit pincement de coeur que j'annonce la fermeture de ce blog pour au moins 6 mois. 

 

Après 7 ans de cinéma, de très heureuses raisons personelles vont m'éloigner pendant quelques temps des salles obscures. 

Vous l'avez peut-être remarqué ces derniers temps, le rythme des articles était déjà de moins en moins soutenu. 

 

Si reprise du blog il y a, celle-ci ne se fera pas avant janvier 2016. Je pense qu'après 6 mois de diète, j'aurai peut-être envie de retourner squatter les salles obscures et vous faire partager mes coups de coeur et mes coups de gueule. On verra bien...

 

Un grand merci à tous les lecteurs fidèles qui ont suivi le blog depuis plusieurs années. C'est toujours agréable de se savoir lu, d'avoir des retours, partager des conseils et de faire découvrir des films aux autres. 

 

A un de ces jours j'espère, portez vous bien 

 

Etienne

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 10:29
La bataille de la montagne du tigre

 

En Chine, à la fin de la seconde guerre mondiale, l’anarchie guette. Après le retrait des japonais, les gangs de bandits ont pris le pouvoir dans les campagnes, terrorisant les populations en entassant armes et trésors dans des cachettes secrètes. Le petit détachement d’une trentaine de vaillants soldats détaché pour l’occasion se retrouve face à des milliers de hors-la-loi sauvages et surarmés. Il faut commencer par défendre le village menacé, ses habitants apeurés, puis pénétrer le nid d’Aigle du grand bandit en chef, en plein cœur de la montagne du Tigre…

 

Ça vous rappelle quelque chose ? Normal, le grand Tsui-Hark recycle avec bonheur les codes du western pour les appliquer à la Chine du milieu du XXème siècle. Ce sont évidemment les 7 samouraïs (et les 7 mercenaires) pour la défense du petit village opprimé, mais aussi tous les grands classiques dans la galerie de personnages :l’orphelin, la femme fatale, le mystérieux inconnu, le capitaine vaillant et pur, l’horrible bandit psychopathe et son escouade de coupe-jarrets.

 

Du bon vieux western qui navigue entre premier et second degré, avec la touche d’exotisme en plus, comme quand le tigre fait irruption avec violence pour remplacer les vautours ou le serpent à sonnettes. Sur une durée élargie, Tsui Harl égrène avec une énergie de jeune homme les batailles rangées, les embuscades, et les attaques plus dingues les unes des autres. Avec bien sûr, des traitres partout, et les ruses du renard du héros mystérieux pour réussir son incursion dans l’antre du bad guy. Un lieu mystérieux, montagneux, reclus, peuplé d'une équipe de chefs de clans patibulaires et menaçants...

 

Il y a quelque chose de délicieusement vintage dans ces batailles d’honneur et dans cette traque des bandits de grand chemin, sans drones ni écrans, mais juste avec des parchemins et traces dans la neige.

 

C’est impressionnant, drôle, trépidant, et parfaitement compréhensible malgré les dizaines de personnage et la rythme effréné. On est dans ce western chinois comme dans de très bonnes pantoufles.

2 heures et 20minutes de grand spectacle. Merci Tsui Hark

 

 

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 08:32
Vice Versa

 

Les dernières livraisons Pixar semblaient indiquer une fin de règne.

Entre les suites et les non événements, on pouvait croire que la firme reine de l’animation avait bel et bien perdu son âme après le rachat par le gros méchant Disney. Ce Vice-Versa apporte un démenti éclatant. Car loin de raser les pâquerettes comme beaucoup de films estampillés « jeunesse », Pixar plonge avec bonheur dans le sujet le plus passionnant qui soit : l’humain.

 

Dès le départ, le film fait l’aller-retour entre le monde et l’intérieur du cerveau d’une petite fille. Des rouages, des vaisseaux, des petites cellules façon « La vie » ? Non, la base absolue : les émotions. La joie d’abord, la tristesse ensuite, puis la colère, la peur, le dégout. Ils sont aux commandes, dans l’unité centrale de cette gamine qui, comme chacun d’entre nous, décide de donner le pouvoir à l’un ou à l’autre, entrainant des réactions aussi variées que des fous rires, des assiettes de purée dans la figure ou des crises de larmes.

 

Le procédé est malin, et il est développé avec une virtuosité incroyable. Chaque aller-retour entre l’intérieur et l’extérieur se fait de manière tellement fluide que rien ne semble artificiel, on a l’impression de toucher du doigt la réalité profonde du fonctionnement d’un être humain. Comme toujours chez Pixar, l’animation est remarquable, mais sans prouesse technique particulière. Pas besoin d’en mettre plein les yeux avec des feux d’artifice numériques, ce qui est important, c’est le fond, les personnages, l’extraordinaire inventivité de ces déambulations à l’intérieur.  

 

Car, (puis parce qu’il faut bien une histoire), les émotions déraillent et partent en ballade dans les méandres du cerveau. Mieux vaut ne pas trop en dire pour préserver la surprise de la découverte de chaque zone, mais le voyage est évidemment mouvementé. Chaque partie du cerveau est visitée, jusqu’au trou noir de l’oubli. L’endroit où les souvenirs s’effacent, on en aurait presque la larme à l’œil quand c’est une partie de l’enfance qui part doucement en fumée.

 

Heureusement, le film est par ailleurs incroyablement drôle. Quand ils traque nos petites réactions domestiques, quand il met en scène nos peurs ou nos colères les plus irrationnelles, ou quand il plonge à l’intérieur des parents (mais aussi des passants et des animaux) pour des échanges à hurler de rire. Mais Vice Versa est beaucoup plus qu’une simple ballade, aussi intéressante et rythmée soit elle.

 

Car cette Joie (c’est la géniale Amy Poheler de Parcs and rec) devrait évidemment être la gentille alors que la molle tristesse devrait être la méchante au pire, le boulet au mieux.

Mais non.

En expliquant à tous, y compris aux plus jeunes, que la tristesse n’est pas anormale, en mettant en avant qu’il n’y a pas les bonnes et les mauvaises émotions, Pixar fait œuvre de salubrité publique. Un message d’une puissance folle, que l’on a pas peur de présenter aux petits comme aux grands, sans tartine lénifiante et moralisatrice.

Le dégoût et la peur protègent. La tristesse permet d’avancer. La colère peut donner des résultats. Quel film peut se targuer de si bien mettre en image des messages aussi limpides et aussi importants ?

 

Un petit chef d’œuvre animé, un grand moment de cinéma universel. 

 

Le film de l’année ? 

 

 

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 23:06
Le journal des séries : Game of Thrones

Game of Thrones (HBO) - Saison 5

 

Il vaut mieux avoir vu les 4 premières saisons pour lire cet article

Pas de spoilers saison 5

 

 

 

On avait laissé les 7 royaumes en fin de saison 4 avec le lot syndical de morts et de départs, après une saison un peu moins puissante que les 3 précédentes. Impression confirmée par cette saison 5 assez inégale, puzzle assez longuet qui ne semble avoir que pour objectif de nous amener vers les montagnes russes des deux derniers épisodes, avec force batailles, scènes chocs et (évidemment) morts tragiques. Résultat : le plaisir est toujours là, la passion un peu moins.

 

On rappelle les différents fronts ouverts en début d’exercice : Jon Snow et Stannis Baratheon  ont repoussé l’invasion le long du mur, les Lannister règnent (sans papa ni frangin) sur Port real, Tyrion se balade dans le Sud pour échapper à la vindicte de sa sœur, Daeneris est reine de la pas très pacifique cité de Mereen, et Arya tente de rejoindre l’homme sans visage.

 

Bref, c’est la fin du grand jeu d’échec dans les 7 royaumes. Les dynasties semblent bien en place, les alliances sont stables, et l’on s’intéresse désormais davantage aux destins individuels qu’au grandes luttes d’influences entre familles. Seul Stannis, depuis le Nord, semble être en mesure de redistribuer les cartes.  C’est probablement cette stabilité qui donne à cette saison ce rythme lent et cette impression de surplace. La plupart des sous-intrigues pourraient être résumées en deux lignes alors qu’elles durent dix épisodes. Malgré quelques nouveautés (la religion à Port Real, la visite de Dorne, …), la série donne la désagréable impression de se raccrocher à des scènes chocs un peu faciles pour continuer à surprendre.

 

Mais surtout, on sent que les auteurs ne savent plus forcément ou ils vont, car ils viennent de rattraper les livres. En conséquence, l’incroyable densité dramaturgique des premières saisons a laissé place à une série qui ne se construit qu’à vue d’œil. Il suffit de regarder le tout premier épisode de la série pour retrouver le vertige du mystère, des faux semblants, de la haine cachée et cette pression qui est déjà là. Rien de tout cela ici puisque les motivations des uns et des autres sont claires comme de l’eau de roche, chacun faisant exactement ce que l’on attend de lui,

 

Pas facile donc, d’être aussi cohérent qu’avant, et la construction de la saison entière n’est plus qu’un gigantesque tremplin vers les 2 derniers épisodes.

 

Et comme promis, ils sont plein de fureur et de sang, de violence et même de surprises. Ils sont captivants, presque trop denses, car ils dénouent l’ensemble des intrigues pour l’ensemble des personnages. La tout dernière image de la saison aurait déçu et choqué. Tant mieux. Le pire qui pourrait arriver à cette série serait de s’enfermer dans un traintrain et de ne plus surprendre personne. La grande redistribution des cartes en fin de saison laisse d’ailleurs augurer une saison 6 intéressante, a minima.

 

Game Of Thrones reste la série la plus attendue, la plus commentée, la plus décortiquée. Sous une lumière pareille, le déclin semble inévitable, même si certaines séries n’ont jamais connu cette pente douce.

Car il reste quand même un grand spectacle, des personnages inoubliables, et un univers passionnant. Il reste une addiction au moins aussi forte qu’avant. Il reste de très beaux combats, quelques destins maudits, des perdants magnifiques. Et même les plus grincheux sont déjà déprimés d’avoir à attendre 9 mois pour voir la suite. Combien de séries peuvent se prévaloir d’une telle attente ?  (celui qui a dit « The Walking Dead » est prié de sortir, merci) 

 

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 08:05
Jurassic World

 

 

C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. Un adage probablement écrit en lettres d’or au-dessus du bureau du patron d’Universal qui a fini par réussir l’impossible :ressusciter la franchise Jurassic Park, que l’on croyait aussi éteinte que ces héros avec un épisode 2 moyen et un épisode 3 dramatique (dans le mauvais sens du terme). Mais business is business, et les franchises ne poussent pas dans les arbres, alors que la perspective de voir une nouvelle fois touristes et garde-champêtres se faire découper en morceaux a de quoi attirer le chaland.

 

Compteur à zéro donc, avec un nouveau réalisateur (le presque inconnu Colin Trevorrow), un nouveau parc flambant neuf, et une galerie de personnages symbolisant chacun les pires clichés de ce genre d’exercice. La working girl arriviste pendue à son smartphone et à ses plans marketing, le gamin geek et fan de dinosaures, l’ado en pleine puberté et tout ce qui va avec, le scientifique mystérieux, l’opérateur geek derrière son écran, le grand manitou milliardaire, le militaire véreux, n’en jetez plus. Ah si, quand même, nous avons l’Homme (avec une majuscule, c’est Chris Pratt, évadé de Parcs and Rec). Un ancien commando qui parle aux animaux et qui passe ses soirées à côté de sa caravane à réparer sa moto dans un T-Shirt pas lavé. Un vrai mec, quoi.

 

Et on envoie tout ce beau monde dans un joli parc, cette fois totalement sécurisé, pour un week-end de détente. Comme vous pouvez vous en doutez, ce sympathique moment va rapidement se transformer en boucherie géante, au fur et à mesure que les « attractions » du parc se sauvent une à une pour aller prendre leur petit déjeuner dans les gradins.

 

Le film est dans un constant hommage au premier épisode. Plans, anecdotes, objets, acteurs secondaires sur le retour, tout est fait pour agiter la belle nostalgie et rappeler le glorieux passé de la franchise. Mais JUrassic Park premier du nom était un événement incroyable, en plus d’être un très bon film. Le croisement de technologies nouvelles avec le talent fabuleux de Steven Spielberg avait donné un des blockbusters les plus emblématiques de son temps, véritable tour de force de mise en scène, et qui n’a (vérifiez, c’est incroyable) pas pris une ride. Et à l’écran, on nous repète plusieurs fois qu’il va falloir faire plus gros et plus impressionnant….

 

Mais on est ici en présence d’une grosse attraction de crique type Avengers, pas désagréable mais totalement limitée, puisque personne ne prend la peine de trop se fouler. Les personnages sont écrits à la serpe, le premier bestiau s’échappe d’un enclos ultra-hyper sécurisé avec une facilité confondante, les militaires et responsables de la sécurité sont tellement bas de plafond qu’on ne leur confierait pas un poulailler, etc…  Et puis il y a tellement de monde dans ce parc que l’hécatombe évacue rapidement toute peur ou toute angoisse, puisque la moitié des personnages dans le champ y passent dans les secondes qui suivent l’arrivée de la grosse bébête numérique.

 

Alors oui, le bestiaire s’est un peu agrandi depuis le temps, grâce aux projets de la génétique. Et le réalisateur a eu la bonne idée de ne pas multiplier à l’infini les arrivées de dinosaures. Bonne idée, car la seule fois où l’on en a au moins 3 qui se mettent des beignes sur l’écran sous le regard apeuré des enfants en fuite, on se dit qu’il est temps de partir….

On rit parfois, on frissonne même une fois quand un vieil ami fait son apparition pour venir sauver la mise, dans une entrée spectaculaire que ne renierait pas Chuck Norris. Mais ce n’est pas cher payé pour une attraction de ce niveau,pour le coup assez innofensive.

Une question quand même :après cette nouvelle catastrophe humanitaire, comment les scénaristes vont-ils réussir à lancer un cinquième opus ? Ne pensez pas que c’est impossible, à Holywood, on déjà fait pire.,

 

 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 14:40
La loi du marché

 

De bons échos de Cannes, un héros national en acteur principal, et pour finir, une canonisation médiatique et populaire pour Vincent Lindon à l’occasion de son prix d’interprétation, devrait mettre tout le monde d’accord. D’autant que le film est (ouvrez les guillemets) SOCIAL.

 

On va parler des petites gens, de ceux qui souffrent, de la société d’aujourd’hui écrasée par l’argent et l’individualisme. On va évoquer un père courage, sans emploi, vaillant avec son fils handicapé qui passe au-dessus de tout, et bon mari puisqu’il danse le rock avec sa femme. On a donc intérêt apprécier, sous peine d’être suspecté d’être un affreux sans cœur insensible à la misère humaine. Mais voilà, le film, lui, n’est pas réussi. D’abord parce qu’il est pesant, voire franchement désagréable.

 

Pour nous immerger dans un quotidien et dans la violence sociale, Pascal Brizé nous enferme avec son héros. Dans sa maison, dans le salon de son mobil-home, dans un bureau de Pôle emploi, dans un club de rock. Un enfermement avec une caméra peu mobile, qui se plante là pour regarder de très près son héros qui se débat. Le film n’est donc qu’une succession d’enfermements et de scènes artificiellement rallongées.

 

Chaque échange, chaque situation, est étirée jusqu’au malaise pour surligner au marqueur la difficulté et la détresse de ce type qui se bat, avec des échanges répétitifs et sans fin. Quand Kechiche le fait, c’est avec un point de vue, et des personnages qui habitent le cadre. Quand Brizé l’utilise pour chaque scène dans une version documentaire, c’est au mieux une faute de goût, au pire un aveu d’impuissance.

 

Il y a pourtant un sujet. Celui du déclassement, du découragement, de l’impuissance. Celui du manque de lien social dans des situations de détresse. Mais Brizé ne veut voir le sujet que par le bout humain et individuel. D’où cette obsession de se coller à Vincent Lindon et ce refus de faire exister d’autres personnages que lui. Femme, enfant, ex-collègues, fonctionnaires, agents, voleurs, on ne les voit que par bribes, ils ne font que partie de ce décor rude et triste. Cela accentue l’impression de sécheresse et de solitude, mais de manière totalement artificielle.

 

C’est donc la souffrance humaine et personnelle qui est au cœur du film, pas le système. D’où un manque de finesse et de recul dans des scènes pourtant plus complexes qu’il n’y paraît. On traite exactement avec le même procédé, le jeune voleur "qui tente", le vieux ruiné au bout du rouleau, et la caissière qui met de côté des bons de réduction.

On nous livre en pâture une scène d’une violence inouïe où Lindon, très mal à l’aise, subit les retours foudroyants d’autres chômeurs sur sa prestation vidéo, sans évidemment donner les clés et le contexte de ce type d’exercice.

 

Et puis, il y a quelque chose d’assez gênant de nous présenter un homme sans ressources et sans issue… qui possède un mobil-home au bord de la mer et qui est presque propriétaire de son appartement. Une confusion pas très honnête, qui veut entremêler sans nuances deux souffrances distinctes : celle du déclassement social et celle de l’extrême pauvreté. Deux souffrances, deux tragédies, mais deux sujets différents. On ne prête pas au film de mauvaises intentions, mais une vraie maladresse dans son message qui englobe tout à la fois pour ne pas être trop précis.

 

À l’arrivée, un ensemble indigeste, pénible, rarement équilibré et qui manque vraiment de point de vue sur ce qu’il filme. Mais le film plaît à beaucoup au public et aux critiques, c’est une évidence.Tentez votre chance, le meilleur moyen de se faire opinion est encore de le voir.

 

Mais en ce qui me concerne, pour voir un film social libre, ouvert, il y a toujours les Dardenne ("Deux jours, une nuit"), dans un film incroyable où justement, tellement d’humains existaient. Ou Ken Loach avec Cantonna ("Looking for Eric") pour la force du collectif. Et pour voir Vincent Lindon au sommet, il y a encore "Welcome".

 

 

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:43
Mad Max Fury Road

 

Depuis plusieurs mois, le buzz était ascendant : ce nouveau Mad Max allait être une tuerie. Dans tous les sens du terme. Sa présence à Cannes semblait renforcer cette impression, même si ce n’est pas nécessairement un gage de qualité pour les blockbusters (remember Indiana Jones, 5ème du nom). 

 

Curieux projet, que cette résurrection d’un vieux film culte, monté à l’époque avec un petit budget et quelques bricoles. Mel Gibson n’étant plus apte pour le service, on le remplace par une version plus jeune, en gardant cet univers désertique de désolation où la race humaine se déchire autour des dernières ressources disponibles, pétrole et eau en priorité. Mais l’époque du bricolage est bien terminée, le réalisateur George Miller (rappelé à  70 ans aux commandes de son bébé) dispose de gros moyens pour mettre en image cet univers. Seulement, cette profusion ne nuit jamais au film, car Miller est beaucoup trop malin pour se laisser enfermer dans un quelconque formatage. Il y a qu’à voir comme il expédie le prologue pour nous plonger directement dans la citadelle, se désintéressant presque de son héros dans le premier tiers du film.

 

Le film est malin, agile, ne s’appesantit jamais, y compris sur les histoires personnels et les fantômes, poncifs de ö combien de blockbusters lourdauds. Et puis surtout, il y a la vitesse.  Le film semble être pris dans un mouvement perpétuel. Les rares fois où l’on s’arrête, c’est pour préparer le départ suivant, l’itinéraire qui va suivre, et donc la prochaine bataille routière, qui va laisser sur le bord de la piste son lot de métal calciné et de cadavres démembrés.

 

Mais cet amoncellement de bruit, de morts et de fureurs passe comme une lettre à la poste. D’abord parce que Georges Miller n’a pas peur du too much et ne cherche pas forcément le bon gout. Voyez plutôt : Charlize Theron se balade avec un moignon, le méchant est un croisement entre Amanda Lear et Pinochet atteint de la lèpre, ses confrères sont à peine moins ridicules, et l’armée traverse le désert avec un char façon Cléopâtre ou s’exténuent des joueurs de tambour et un guitariste survolté. La classe mondiale.

 

Dans un écrin pareil et sur un rythme effréné, l’action se développe naturellement : les carcasses volent, les véhicules brûlent, les corps sont déchiquetés par les roues, chaque scène semble vouloir surpasser la précédente dans la démesure et la dinguerie. Un vrai bonheur de montage et de savoir-faire, et mais aussi un film qui gère remarquablement son économie de mots. Le héros ne décoche sa première phrase au bout de la moitié du film, et pas grand-chose n’est expliqué. Reste alors le sable, l’action, la vitesse et la sauvagerie. Reste alors un monde de cinglés, un peu de douceur, et un chemin semé d’embûches pendant lequel chacun va (évidemment) se révéler.

 

Et au final, ce curieux équipage va prendre la roue pour une dernière virée héroïque dans le désert et les montagnes, après s’être toisé pendant des jours. Comme dans n’importe quel bon western. Avec ses femmes amazones, son refus du compromis et son coté grand guignol, ce Mad Max 2.0 fait un bien fou à tout le monde, en célébrant dans la fureur et les pneus brûlés un cinéma commercial qui n’a pas perdu son âme.

 

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 12:36
Good Kill

 

La guerre a changé.

 

Malgré les dernières tentatives un peu pathétiques d’Hollywood pour nous faire croire au mythe du héros invincible (Oui, American Sniper, on parle de toi), la plus grande partie de la (ouvrez les guillemets) « guerre contre le terrorisme » passe par l’utilisation massive de drones. Des avions dirigés depuis les Etats-Unis, par des pilotes qui disposent alors d’outils incroyablement précis pour traquer l’ennemi. Si on les voit régulièrement apparaître dans les films ou les séries, pas grand monde ne s’était encore intéressé au pilote lui-même.

Le genre de type a la vie bizarre : bombarder des cibles urbaines et causer des dizaines de morts, puis aller chercher les enfants à l’école et rentrer chez soi pour le barbecue.

 

Un sujet en or, dont s’est saisi le très irrégulier Andrew Niccol.

Un sujet en or qui a le mérite d’être mis en images, mais dont il ne tire pas toujours parfaitement le potentiel. A l’intérieur des cabines, le film est souvent passionnant. En refusant délibérément de donner d’autres images du terrain que celles que voit le pilote, l’effet est saisissant. Les explosions se font sans bruit, les « ennemis » sont toujours vus de haut, on aurait presque la sensation d’une guerre propre et chirurgicale.

 

Mais des civils se retrouvent inévitablement pris dans les feux. Et avec les doutes des pilotes apparaissent les missions « top secret » de moins en moins encadrés. Formidables séquences, où un anonyme chef de programme de la CIA donne des ordres par téléphone, justifiant la plus grande sauvagerie dans une novlangue de technocrate parfaitement maitrisée et totalement culpabilisante. Terrifiant.

 

Mais quand on sort de la cabine, c’est pour se rouler dans un pénible mélo de retour de guerrier rarement passionnant. C’est cette partie qu’Andrew rate, incapable de créer des enjeux et des personnages complexes (le militaire fatiguée, la femme fatiguée, les copains fatigués, l’officier supérieur fatigué, …). On en vient à avoir envie de retourner dans la cabine, ce qui est quand même un comble au vu des objectifs du film.

Cela n’enlève pas l’intérêt d’un film utile et important, mais qui n’est pas le coup de poing salvateur qu’il pourrait être…

 

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 13:05
Avengers : age of Ultron

 

 

Dans une forêt, dans ce qui ressemble à une Europe de l’est des années 1980, tout semble calme sous la neige. C’est alors que débarquent dans un fracas assourdissant une meute de héros difformes et bariolés, qui brûlent, démembrent, chargent, et démolissent tout sur leur passage. Au moins, la scène d’ouverture d’Avengers 2 va droit au but : comme celle que Marvel fait subir aux salles de cinéma, l’invasion est massive, brutale, fait peu de prisonniers. Le vieux monde rouillé et dépassé est prié de s’incliner rapidement devant la puissance de feu hallucinante d’une écurie Marvel à nouveau au grand complet.

 

Un deuxième opus est toujours un peu risqué, et on sent que le créateur Josh Whedon  a tenté de proposer quelque chose de nouveau, en évitant absolument la copie conforme d’une premier épisode sympa et rythmé.

Un peu de mystère, des rebondissements par toujours attendus, quelques sorties hors des Etats-Unis, des séparations, des nouveaux personnages…. le réalisateur brouille les pistes dans tous les sens pour chercher le renouveau. Ce qu’il perd en cohérence et en lisibilité (c’est souvent le bordel, dans l’histoire comme à l’écran), il le gagne en rythme et tient relativement bien ses 2 heures 20 sans trop de temps mort, et avec souvent beaucoup d’humour.

 

On s’inscrit quand même dans une forme de classicisme en proposant une intrigue plus sombre et moins colorée, axée principalement sur le doute (assez commun pour un épis. Après le triomphe, chacun reste dans son coin avec ses problèmes existentiels, l’inventeur dépassé par son robot, les dieux par les humains, les vieux par les jeunes. Avec la profusion de personnages, on a même pas le temps de s’appesantir que l’on retourne au charbon pour le combat suivant, entre deux vannes d‘un Robert Downey Junior toujours à son avantage quand il faut faire le con avec un public.

Si l’action s’avère évidemment pachydermique et bourrée d’effets digitaux, le bestiaire local (avec les petits nouveaux) est toujours agréable, sans compter que Josh Whedon a le sens du spectaculaire et du décor.

 

 

Nul besoin de préciser qu’il ne faut pas être allergique à ce type d’exercice avant de s’aventurer en salles. Le film a la délicatesse d’un troupeau de bisons en rut, mais porte fièrement en étendard ses couleurs : de l’action, de la déconne, un peu de mythologie Comics et une efficacité maximale. Ça ne révolutionnera pas le genre, mais cette livraison reste quand même nettement plus aboutie que la totalité des films Marvel « solo ». Ces films pénibles et insipides qu’il faudra encore supporter deux ans avant la prochaine livraison…

 

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 23:38
Fast & Furious 7

 

 

Tout commence assez normalement. Un angliche propre sur lui débarque sans prévenir dans un bâtiment fédéral en pleine nuit. Après quelques amabilités avec la montagne de muscles qui fait des heures sups, il défoncent l’ensemble de la déco et de l’aménagement du septième étage, avant que l’agent tombe sur le dos d’une vingtaine de mètres pour protéger sa frêle collègue. Résultat : beaucoup de verre cassé, et…un bras cassé pour Monsieur. Normal.

 

Bienvenue dans Fast&Furious. De petite franchise ringarde d’action bas du front, Fast est devenu une poule aux œufs d’or pour Universal en prenant le créneau du « plus c’est con plus c’est bon » abandonné depuis plusieurs années par Michal Bay qui excellait dans ce domaine. Loin des super héros en collant avec problème existentiels, Fast&Furious est donc l’assurance d’un minimum de réflexion et d’un maximum de testostérone, servi avec jeunes filles en bikini et moteurs vrombissants. Une montée en puissance claire depuis le rigolo épisode 5, à peine contrarié par le décès en cours de tournage de l’acteur Paul Walker.

 

Et ça marche. D’abord parce que le film se soustrait à toutes les lois existantes. Celles de la logique, assurément (chercher à récupérer un logiciel qui va permettre de traquer un espion qui n’arrête pas de vous courir  après), celles de la physique évidemment (les voitures volent, comme d’hab), mais aussi celles de la bienséance, de l’anatomie, de l’informatique. Bref, un concentré de n’importe quoi qui tient beaucoup plus du cartoon que du film d’action, ce qui n’empêche pas d’apprécier le spectacle, que ce soit au fin fond du Caucase ou dans la démolition minutieuse de plusieurs étages des tours d’Abu Dhabi. Plus c’est gros, plus ça passe, et il suffit de croiser une fois de regard bovin de Vin Diesel après ses discours lénifiants sur la famille pour se convaincre que pas grand monde ne se prend au sérieux

 

Au contraire, tout le monde semble bien s’amuser, de Jason Staham en visite à un Kurt Russel ravi de sa cure de jouvence chez les jeunes. Ca blague, ça déconne, ça monte des plans totalement improbables, ça tire dans tous les coins, et ça passe les vitesses en n’oubliant pas de dévaster méticuleusement chacune des pauvres villes qui servent de décor au film.

Malgré la bêtise indéniable de l’ensemble, on ne boude donc pas son plaisir de retrouver des salves d’applaudissements en salle, et se savourer un vrai bon plaisir coupable, qui ne rend pas plus intelligent mais qui défoule.

 

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L’effet est dingue, le film parfaitement maitrisé, et génialement décalé.  

 

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