23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 07:30

x

 

Un aéroport.  Une femme qui tente vainement d'appeler un homme qui ne peut pas l'entendre a cause de l'épaisse vitre qui les sépare déjà. Le dialogue, hésitant,  muet, ne dure que quelques secondes,  la scène est magnifique.

 

Ce n'est pas la première fois que le réalisateur Asgar Farhadi se concentre sur une simple vitre, tourne autour d'un homme et d'une femme avec cette infinie légèreté, pour évoquer pourtant des sentiments durs, des drames, des déchirements. Car déjà,  les deux protagonistes sont distants,  polis, presque trop. La rancœur affleure sous les sourires de façade, et dans les petits reproches d'un couple qui reprend ses marques. Il vont régler leur divorce. Elle veut définitivement tourner la page et refaire sa vie avec son nouveau compagnon, il ne semble pas vraiment savoir ce qu'il veut, ou même ce qu'il fait ici.

 

 

Le passé est bien un des personnages du film. Peut être le plus présent,  celui qui accompagne le trio a chaque scène, celui qui est en arrière plan de chaque dialogue.

Car chacun d'entre eux semble véritablement prisonnier de ce passé si lourd,  incapable de faire place nette pour repartir de l'avant. Il ne faut ici pas trop en dire, car ce passé se dévoilera, au fur et a mesure que chacun d'entre eux le ressasse, le retourne, le questionne. L'ambiance s'avère vite étouffante, filmée quasi exclusivement à l'intérieur dans une cuisine, à l'arrière d'un pressing ou encore dans une voiture.

Car le cinéma de Farhadi ne semble tirer son intensité que de ces tunnels de dialogues qui nous dévoilent petits à petits les personnages, qui soulèvent doucement le voile sur ce passé que chacun d'entre eux semble vouloir fuir. il n'en faut pas plus pour faire surgir des blessures récentes ou anciennes qui n'ont jamais cicatrisé, pour monter des membres d'une famille l'un contre l'autre...

 

C'est alors dans la direction d'acteurs que le metteur en scène iranien réalise encore une fois des prodiges. Même si Tahar Rahim se sort bien d'un rôle difficile,  même si les enfants sont d'une fascinante justesse, ce sont bien les deux anciens amants qui illuminent le film. Ali Mosaffa d'abord,  l'ex sur le retour presque forcé.  Calme, philosophe, magnétique, presque résigné,  il semble être parfois la personne la plus sensée de ce tourbillon avec cette sagesse toute persane. Mais ne serait ce pas aussi la plus lâche ?

 

Bérénice Bejo ensuite. Littéralement transfigurée,  habitée par ce rôle tout en détermination et en colère,  l'actrice réussit a tenir l'intensité étouffante de cette mère déterminée a ne pas laisser le passé lui barrer le chemin. Une performance admirable, qui pourrait bien rapprocher la française d'un prix d'interprétation à Cannes(Deux ans après son passage remarqué pour The Artist)

 

Tout cela pour 140 minutes de cinéma intense et puissant, qui ne cherche jamais l'artifice de mise en scène, juste une mise à nu sur le cordeau d'une avalanche de sentiments contradictoires.

Un cinéma qui parvient à ne jamais juger ses personnages, à toujours leur laisser une porte de sortie, à ne jamais les condamner alors que le spectateur l'a déjà fait. On ne traite pas de morale ici, mais d'humain. Et dès que l'on cherche une porte de sortie, une leçon, un point d'accroche dans ce tourbillon, le scénario nous ramène quasiment au point de départ.

 

Apres un film aussi extraordinaire et acclamé que "Une Séparation", on aurait pu craindre que la greffe ne prenne pas entre le cinéma si profond de Farhadi et la banalité d'une banlieue parisienne traversée par le RER.

La réussite éclatante de ce film si fort et si profond vient confirmer ce que beaucoup avaient cru déceler dans les couloirs de Téhéran.

Que ce que nous dit Asgar Farhadi n'est ni persan, ni parisien, mais bien universel.

Que le plus terrible après tout, c'est que chacun a ses raisons. 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 10:37

 

Justified (FX) - Saison 4 

 

On se dit que Justified pourrait continuer encore une bonne quinzaine de saisons. L'exemple parfait de la série qui a trouvé la bonne recette et l'équilibre pour dérouler ces intrigues sans jamais que l'on aperçoive la moindre lassitude à l'horizon. Et après une saison 3 avec le pied sur le frein, le créateur Graham Yost a manifestement passé la vitesse supérieure pour nous offrir probablement sa saison la plus maîtrisée.

 

Car le fin fond des Etats-Unis est toujours aussi agréable, avec ses petites intrigues de comptoirs, sa drogue qui coule à flot, et surtout ce défilé interminable de bouseux et truands débiles sortis d'un film des frères Coen (de la grande époque). Pas facile d'être Marshall dans ses conditions, surtout quand la mafia met la région à feu et à sang pour retrouver un traître à la cause qui s'est fait passer pour mort. Toutes les petites frappes locales entrent dans la danse, ainsi que la FBI, Boyd Crowder (l'éternel alter-ego du Marshall Rayland Givens) mais aussi le père de ce dernier qui continue ses magouilles depuis sa prison. Une vraie fête de famille dans le comté d'Harlan, au Kentucky.

 

On pourrait penser que Justified "ronronne" après trois saisons. Ce serait oublier la qualité d'un scénario qui préserve de manière exemplaire l'équilibre entre l'action à court terme (l'épisode) et à long terme (une intrigue en arrière plan filée sur toute la saison, ici la recherche d'un fantôme). L'intrigue de fondd est ramraquableement bien amenée, et permet régulièrement de soretir de nouveaux personages, de nouveaux enjeux, et quelques surprises...

 

Ce serait oublier ausssi une qualité de dialogues et de langage inimitable, dont beaucoup de séries pourraient prendre de la graine. Les saillies de Boyd Crowder tout en rythme et en accent sudiste mériteraient presque un article dédié. Avec des personnages toujours aussi hauts en couleur et cette habitude de flinguer à tout va, Justified est probablement ce qui se fait de mieux en série B du câble en 13 épisodes.

 

Et toujours, au somment de ce tas de fumier, l'imperturbable Timothy Oliphant, son cynisme en bandoulière et sa gâchette facile. Le salle gosse, l'indiscipliné, le mari indigne, mais pourtant, le héros du début à la fin.

La saison termine avec une bière entre les tombes, sur un air de Country dont le ton traînant résume à lui seul toute la série.

You'll Never leave Harlan Alive.

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 08:29

  

 

Ce "Gatsby", qui a lancé le festival de Cannes sous la pluie, risque de ne pas forcément soulever les foules. Car quelques années après avoir brillamment revisité Paris et le Moulin Rouge, le plus kitch des réalisateurs australiens semble parfois s'être  complètement perdu dans les méandres du roman de Fitzgerald. 

 

Tout commence pourtant comme prévu.  New York en 1922, la folie, les couleurs, l'Amérique d'entre eux guerres déjà triomphante,  vue par l'étroit scope de sa mégalopole déjà la plus délirante. Sous le regard de ce jeune homme émerveillé,  la vie ne semble être qu'une immense promesse et un grand mystère. Comme ce Gatsby, richissime et secret gentleman qui enivre toute la ville avec ses soirées fantastiques et sa classe irradiante. La vie ne semble alors qu'être une suite de délices et une soirée sans fin dans des palais de rêve,  a peine troublés par la misère qui affleure lorsque les gentlemen huppés vont s'encanailler entre Manhattan et Long Island.

 

Et si il y a bien quelqu'un qui sait comment rendre une soirée inoubliable, c'est bien Barz Luhrmann. Dans un festival de couleurs, dans des décors hallucinant et avec une bande originale a tomber par terre, le réalisateur ne manque pas son entrée. Les premières minutes résonnent alors comme une promesse, celle d'un film dédié au mystère et au plaisir, à une ballade dans le temps suffisamment enivrante pour captiver,  et tant pis si il ne s' y passe pas grand choses tant l'ambiance est festive, et les images belles. On serait alors presque prêts a pardonner une 3D bien inutile (qu'on imagine volontiers poussée par la Warner pour arrondir les recettes d'un blockbuster d'auteur risqué,  qui a du coûter fort cher...)

 

Mais lorsque le film se focalise sur l'histoire d'amour impossible, toute sa folie semble alors s' évaporer plus vite que quelques bulles de champagne. Lourd, démonstratif,  usant des procédés narratifs les plus éculés (les envahissants flashbacks n'ont jamais été si didactiques), "Gatsby" devient alors une très longue tragédie amoureuse qui ne se soucie jamais de rythme, ou de beauté. Prisonniers de cette histoire sensée être poignante, les personnages se noient alors dans leur grand décor kitch, qui étouffe toute émotion.

 

Et malgré tous les efforts des grands acteurs rassemblés pour l'occasion, le film dérive alors (très) lentement jusqu'à la tragédie finale, dans un parcours jonché de scènes théâtrales très désagréables, à l'image de ce huis-clos irréel dans une chambre d'hotel. Une pièce de boulevard empesée où le personnage de Gasby explose enfin... mais c'est pour mieux se calmer immédiatement,  et basculer vers un fait divers tragique qui tombe alors comme un cheveu sur cette soupe bien indigeste. La musique n' est presque plus là et l'on entendra alors quelques notes de la sublime reprise de "Love is blindness" de Jack White entre deux voitures qui dérapent...ultime aveu d'impuissance d'un réalisateur qui semble ne plus vraiment savoir comment faire cohabiter le roman, ses effets visuels, et sa bande originale... 

 

A l'arrivée,  beaucoup d'ennui après un démarrage en feu d'artifice. Un film qui se dégonfle progressivement jusqu'à un prologue interminable ou les images léchées ont définitivement chassé toute émotions, sans jamais explorer le grand thème du film : la fortune d'un parvenu fascinant, trop beau pour être honnête.

Et malgré le démarrage en fanfare du film au box office américain, on souhaite à Barz Luhrmann de retourner aux films musicaux décapants et délirants, plutôt que de tenter une fois de plus de se frotter à l'Histoire. Après le naufrage d'"Australia" et ce "Gastby", on peut lui avouer : la grande fresque sérieuse, ce n'est définitivement pas pour lui...

 

 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

 Mais quand elle est aussi sincère...

 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 09:41

 

L'ancienne meneuse d'un mouvement étudiant contestataire retombe sous les radars du FBI après 30 ans de fuite. Mariée et avec enfants, elle est devenue une citoyenne modèle plusieurs décennies après une époque de lutte, de passions, et de violence. Sa chute fait remonter à la surface le passé de tous ses anciens camarades, eux aussi rangés des voitures, et dont certains vivent toujours sous de fausses identités ..

 

Le film respire la (bonne) nostalgie.

Sous l'apparence du polar mineur, Redford questionne son passé d'homme engagé, ainsi que celui de sa génération. Venant d'un réalisateur d'un certain âge, l'exercice est parfois maladroit et appuyé, mais il est sincère, honnête, et même passionnant par interludes. En particulier dans le défilé de tous ses anciens activistes reconvertis ou non. Ils sont vieux, usés, fatigués. Certains ont abdiqué face au système, d'autres non. Certains veulent se replonger avec nostalgie dans ce passé "groovy", d'autres non.

C'est là que le casting et le très grand carnet d'adresses de Robert Redford jouent leurs rôles à merveille : avec l'impressionnant chapelet de seconds rôles invités (Nick Nolte, Stanley Tucci, Richard Jenkins, Julie Christie, Brendan Gleeson, Chris Cooper, Sam Elliot, Susan Sarandon... ouf !) ), on a presque l'impression de revoir des vieux potes à chaque nouvelle scène. Des gueules cassées, délavées, désabusées, qui personnifient la nostalgie d'une époque révolue, et le sentiment d'avoir perdu.

 

Et heureusement que les anciens sont là, car le film est beaucoup moins réussi sur son côté jeune. Entre Shia Lebaouf un peu ridicule comme toujours, Anna Kendrick pas crédible une seconde en agent du FBI, et Terence Howard à côté de la plaque, Redford ne semble pas savoir diriger les moins de 50 ans aussi bien que ces vieux briscards, et le film en souffre. En rajoutant quelques maladresses de scénario en cours de route (on devine très vite tous les coups de théâtre, plus vite que les enquêteurs...), on est quand même loin d'un polar ciselé que l'on peut prendre au premier degré. 

 

Malgré ces faiblesses assez criantes, le film parvient à dégager une vraie émotion, une vraie nostalgie tout en se confrontant  clairement à l'histoire contemporaine. Le ton désabusé avec lequel Redford revoit les années 60 ne pourra pas plaire à tout le monde, l'abdication étant parfois dure à entendre. Mais quand elle est aussi sincère...

 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 06:59

 

 

Une série événement à plusieurs titres.

Très gros budget, mise en chantier par le réseau payant NetFlix, House of Cards est la première salve d'une révolution en cours dans le onde de la fiction télévisée. Les grands networks se font déjà tailler des croupières par les chaînes cablées ("The walking dead" chez AMC et bien sûr "Game of Thrones" chez HBO) que de nouveaux acteurs tentent de se faire une place sur le marché de la série adulte et classieuse, en mettent à disposition en téléchargement TOUS les épisodes de la série le même jour. Et quel projet : 100 millions de dollars de budget pour une saison, portée par un immense acteur (Kevin Spacey) et dont les deux premiers épisodes ont été confiés au metteur en scène le plus hype du marché (David Fincher).

 

Et la série dans tout ça ? Efficace, indéniablement, mais un poil décevante. Car derrière le vernis classe du produit packagé "adulte", "House of Cards" reste quand même une série grand public, qui ne chasse pas sur les terres de l'excellente artistique et de l'exigence d'œuvres comme "Breaking Bad", "Mad Men" et bien sûr "The Wire".

 

Washington DC, le cœur de la démocratie américaine, lieu de bataille permanente entre une Maison Blanche et un Congrès nouvellement élus. Au milieu de ce cirque républicain, Franck Underwood est sensé mettre de l'huile dans les rouages...mais passe beaucoup plus de temps à s'occuper de sa carrière et à saboter les initiatives de ses amis politiques.

Les branches exécutives et législatives intéressent décidemment beaucoup la télé en ce moment. Quelques mois après "Veep" et son angle clownesque, "House of Cards" a choisi celui du cynisme et du tragique, teinté d'un humour grinçant. D'où un Kevin Spacey qui s'adresse régulièrement à la caméra pour sous-titrer les coups tordus et les basses intrigues politiques auxquels il nous convie.

 

Des aventures politiques habituelles à Washington : trafic d'influence, arbitrages budgétaires orientés et coups de billards à cinq bandes pour récupérer les postes les plus en vue. Sans oublier les deux grands classiques de ce type d'administration : la place centrale de l'argent des lobbyistes et  les scandales toxico-sexuels de quelques élus dépravés. On n'oublie pas non plus la presse, à qui notre héros donne la becquée de manière calculée pour que le flux d'infos soit en cohérence avec ses plans machiavéliques.

 

Un grand barnum de la médiocrité humaine toujours réjouissant à observer, surtout quand la partie d'échecs appuie là où le bat blesse : la place invisible du Vice-président, le rapport compliqué d'un député avec sa circonscription, la place de l'argent dans la vie politique. Le problème, c'est que le scénario pourtant assez dense se réserve régulièrement de très grandes facilités, et des twists dramatiques capilotractés. Même facilité du côté des personnages, assez monolithiques et peu nuancés, en tous cas pas assez pour surprendre. Des députés lâches, des syndicalistes jusque-boutistes, des lobbyistes fourbres, des journalistes à l'éthique hasardeuse, une majorité turbulente : tout est finalement assez convenu.

 

Seul le couple formé par Kevin Spacey et Robin Wright y échappe. Fascinant, repoussant, intriguant, ce pas de deux apporte beaucoup de noirceur et de nuance à un ensemble un peu trop bien huilé par ailleurs.

 

Grâce au talent unique de Kevin Spacey pour jouer la canaille manipulatrice, grâce aux gros moyens mis sur la table et grâce à son sujet passionnant, la série reste extrêmement efficace, et suffisamment divertissante pour attendre avec confiance une deuxième saison. Qu'on peut quand même espérer un niveau au dessus. 

 

 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 07:57

 

 

Un casse pour un tableau qui tourne mal, et voilà un des protagonistes amnésique, incapable de se rappeler où il a planqué le tableau.

Et comme les techniques classiques à base d'arrachage d'ongles et de claques dans la gueule ne fonctionnent pas, on fait appel à une hypnotiseuse qui, en plus d'être extrêmement douée, a le physique de Rosario Dawson ce qui ne gâche rien. Mais le cobaye est un peu résistant...

 

Dans un monde ou l'on peut hypnotiser un gros dur et le faire pleurer comme une petite fille en moins d'une minute, tout est possible. En particulier superposer façon big mac le rêve et le réel,  le passé et le présent,  le fantasme et la vraie vie. De ce point de départ un tantinet facile, Boyle s' amuse donc pendant une bonne heure a jouer avec les couches de son sandwich en filmant des scènes totalement ubuesques, tout en semant sans la moindre discrétion des indices dont le spectateur perdu ne peut absolument rien faire.

 

Il y a un côté supermalin un peu facile dans la manipulation, puisqu'on comprend en permanence que tout ce cirque est encore plus compliqué qu'il y paraît, sans jamais pouvoir se raccrocher à des pistes tangibles. Le film s' enfonce alors dans ces twists et contretwists, jusqu'à un dernier quart d'heure ou l'on nous déroule gentiment la pelote, flashbacks a l'appui comme dans un Julie Lescaut. Et jusqu'à une scène finale à haut potentiel comique (involontaire ?) qui range définitivement ce Trance dans la catégorie des nanars survoltés.

 

Bref, impossible de trouver le vertige dans un cadre pareil, malgré tous les efforts de Danny qui n'a pas perdu ses bonnes habitudes de metteur en scène qui craint la finesse comme la peste : musique forte, cadrages tordus, éclairages artificiels, violence crue, nudité frontale... la totale. Un bel élan de vulgarité, dans un cinéma tellement adolescent qu'il en deviendrait presque sympathique pour le coup.

 

Cette mis en scène de clippeur sous crack a au moins le mérite de tenir l'ensemble de bout en bout, et le faire tranquillement atterrir dans le tiroir des thrillers insignifiants, mais pas méchants.

Presque de quoi nous faire oublier qu'il y a bientôt 20 ans, le même Danny Boyle avait mis son énergie de Lapin Duracell au service d'un script brillant, porté par une troupe de jeunes acteurs qui avaient marqué durablement le cinéma indépendant des années 90. Le film s'appelait Trainspotting, et il n'a jamais semblé aussi loin...

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 07:06

 

 

 

Un accident tragique, une veuve éplorée mais pas trop quand même, et une ado déjà pas folichonne qui devient complètement prostrée : c'est la bonne ambiance dans la famille Stoker.

Heureusement que débarque tout d'un coup un séduisant oncle dont pas grand monde n'avait entendu parler jusqu'ici. Le fringant jeune homme vient donc égayer ce qu'il reste d'une belle famille de vampires, et participer à la middle-life crisis de madame, ainsi qu'à la fin de crise d'ado de Mademoiselle.

 

Le film met rapidement mal à l'aise, et c'est probablement le but recherché.

Entre une Mia Wasikowska totalement mutique, Nicole Kidman en mode "ruinée par l'alcool" et Matthew Goode qui en fait beaucoup trop pour être sincère, on est rapidement gêné par ce petit théâtre familial plus énervant que déroutant.

Park Chan Wook cherche manifestement à jouer avec les codes du film d'horreur et du grand guignol pour créer un univers gênant et second degré. Exercice très compliqué, qui tourne ici rapidement à la catastrophe, à force de personnages transparents et de transgressions trop calculées. Si l'on sent venir le souffre et la violence dès le début du film, l'ensemble est beaucoup trop foutraque pour créer le moindre sentiment de peur ou, même de gêne, et fait même franchement sourire devant des sorties de pistes assez irréelles qu'occasionnent les quelques flashbacks (la scène de la douche restera un grand moment embarrassant dans la carrière de la jeune actrice).

 

Difficile de rester accroché à  cette histoire de faux semblants, qui ne semble exister que pour faire arriver un twist un peu attendu. Au milieu de ce triste spectacle, un grande actrice à la dérive (Kidman, qui tente de refaire le coup de "les Autres", 12 ans déjà, c'est moche) , beaucoup de violence gratuite, ainsi qu'un curieux attelage de seconds rôles et de caméos (le réalisateur de Springbreakers, Dermot Mulroney et même Judith Godrèche..) qui finit de rendre ce "Stoker" totalement irréel.

Que Park Chan Wook ait du talent, c'est une évidence.

Mais pourquoi avoir voulu adapter pour son premier film américain ce scénario insipide ("oeuvre" de Wentworth Miller, héros de Prison break, oui, oui) avec une équipe de has-been et de wanna-be ? 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 07:52

 

La curiosité est censée être une qualité dans le cinéma.

Ne pas juger le film par l'affiche, et donner sa chance au produit, même si celui-ci sent la débilité profonde à plusieurs kilomètres à la ronde. En particulier pour ce film de lycée qui connaît un gros succès et un bouche à oreille plutôt positif depuis sa sortie.

 

On comprend mieux pourquoi au vu de ce "film" (notez les guillemets) qui, s'il descend dans des abysses insoupçonnables de bêtise et de médiocrité artistique, n'oublie jamais que tout cela est pardonnable par une bonne partir du public si l'on propose un peu de rythme, des blagues pas trop compliquées et des personnages hauts en couleur.

 

Ici, sept profs-catastrophes qui débarquent dans le pire lycée de France, pour le sauver ou le couler, on ne sait plus trop. Le cadre est connu, le réservoir comique facile à exploiter. Et ça marche presque dans le premier tiers du film, où toutes ces hontes de l'éducation nationale se déchaînent sur de pauvres lycéens (presque) innocents. Clavier et Nanty viennent faire leurs petits numéros de vieux routard de la série Z, les lycéens sont aussi sympas et branleurs que prévu, tout le monde s'amuse bien...avec la palme (académique) pour un prof de sport mono-neurone plus vrai que nature. De quoi faire un bon sketch efficace de 20 minutes.

 

La suite est nettement plus pauvre, et incroyablement délayée pour ses 90 minutes. Pierre-François Martin Laval tente de recycler ici son humour issu des Robins des Bois, y compris en se donnant avec une certaine complaisance le beau rôle du grand naïf perché amoureux transi. Les aventures pas intéressantes de l'équipe de choc vont nous amener par étape à un épilogue d'une débilité assez inouïe, incluant un casse surréaliste au Ministère de l'Education Nationale. Le façon dont le scénario prend tous les raccourcis possibles et imaginables pour exploiter une idée narrative assez pauvre (voler les sujets du bac) illustre une paresse d'écriture et de créativité assez criante.

 

La tentative de rap finale résume assez bien le film : naïf, généreux mais écrit avec les pieds, sans aucun goût et à l'arrivée parfaitement ridicule.

Mais on voit tellement de comédies qui sont longues et chiantes en plus d'être antipathiques qu'il est logique que ce petit truc très mal foutu ait pu se créer un bouche à oreille positif. Ca en dit long sur l'état de la comédie française...

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 07:56

Mud

 

 

Les voies de la distribution sont parfois impénétrables. Presqu'un an après sa présentation en compétition à Cannes, le film de Jeff Nichols trouve enfin le chemin de nos salles, pour notre plus grand bonheur. Car le jeune cinéaste était très attendu après son coup de maitre Take Shelter, un des meilleurs films de l'an dernier.

 

Changement de décor puisque l'on quitte les plaines du Midwest pour l'Arkansas et l'estuaire du Mississipi. Mais c'est toujours au beau milieu de nulle part que Jeff Nichols aime à poser sa caméra, dans une Amérique qui n'est pas la plus belle que l'on connaisse, mais qui est là-encore une des plus mystérieuses. Mais ici, ce n'est plus la paranoïa d'un adulte que l'on découvre, c'est le regard d'un adolescent.

Celui d'Ellis,14 ans à peine et déjà une folle envie d'être un adulte. de se battre comme un grand. De connaître l'amour comme un grand. De repousser les frontières de son petit monde étriqué, ce qui l'amène avec son ami Ned à découvrir une île créée sur le fleuve par la dernière crue. Sur cette île, il y a un bateau échoué dans les arbres. Mais dans ce bateau, il y a Mud, un homme en fuite dont l'île sert de refuge. 

 

Il y a dans "Mud" tout ce que l'on peut adorer dans le cinéma indépendant américain. Des loosers à tous les étages d'abord : parents paumés, copines en perdition, retraités bourrus...le monde d'Ellis ne semble fait que de perdants magnifiques, qui ont tous raté quelque chose à un moment de leur vie. Comme ce cousin un peu frappé qui ne fait que passer dans le récit comme un ombre, parfois caché derrière son imposant masque de scaphandrier.

Et puis surtout ce Mud. Un fuyard, un menteur, presque un clochard, qui garde pourtant un incroyable pouvoir d'attraction sur les deux adolescents. Matthew Mcconaughey, (une fois de plus incroyable après "Magic Mike" et surtout "Killer Joe"), lui prête sa nonchalance toute sudiste, son accent trainard et son regard vide. Mais jamais le film ne cède à la facilité pour se concentrer sur lui, c'est bien dans les pas d'Ellis que l'on reste, c'est lui qui va devenir petit à petit le lien entre Mud et ce qui lui reste. Une vie par procuration qui l'emmènera courir après la petite amie perdue, se frotter à quelques rednecks revanchards peu recommandables, et fouiller dans son passé. Rarement un adolescent n'avait été filmé avec autant de délicatesse, surtout dans un film de ce genre..

 

L'autre grande force du film, c'est son cadre. Les grands espaces américains ont toujours servi d'écrin rêvé aux histoires les plus incroyables. Ici le fleuve Mississipi est presqu'un personnage : on le respecte, on l'observe, on ne veut pas le quitter. Et quand on s'en éloigne, c'est pour plonger dans le dédale des petites villes tristes et bétonnées. A la manière d'un Terence Malick un peu timide, Jeff Nichols nous ballade dans son île pour en découvrir les secrets, rendant presque mystique ce Mud habillé de blanc qui semble à chaque fois jaillir de la végétation luxuriante.

 

Et puis il y a cette lenteur assumée du récit, complètement raccord avec les paysages et les petites villes tranquilles qui lui servent de décor. Une lenteur qui n'est qui artifice, pour mieux surprendre quand le récit accélère brusquement dans la dernière partie du film. Si la beauté de l'image et les personnages nous avaient jusqu'ici tenus en haleine, c'est l'émotion qui prend alors le relais. Celle d'un ado pas encore complètement adulte qui prend en pleine figure la brutalité du monde qui l'entoure.

 

Au final, "Mud" est beaucoup de choses : un conte moderne et cruel, la renaissance définitive d'un acteur fascinant, la confirmation d'un grand cinéaste américain. Mais avant tout un grand film. 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:10

 

 

  

Apres avoir réussi son improbable cross-over général dans les Avengers, Marvel continue a dérouler sa recette désormais rodée : envoyer sur les écrans un film pour chaque poulain de son écurie,  en attendant de les réunifier dans un prochain Avengers 2. En plus de ce troisième épisode d'Iron Man, nous aurons donc la chance de recevoir un deuxième Thor et un deuxième Captain America sous peu... et si on est bien sage, un quatrième Hulk ?

 

D'ailleurs il déprime Tony Stark, sans ses petits camarades. Depuis l'invasion alien de New-York, il se renferme dans son cocon technologique et mécanique, nous trainant avec lui dans une première partie soporifique qui rappelle les pires travers d'Iron Man deuxième du nom (probablement la pire production Marvel a ce jour). Pas d'action, peu de blagues, juste un couple de petits vieux et leurs scènes de ménage. C'est dire si l'on est content de voir débarquer le terroriste en chef avec ses faux airs de Ben Laden, et son incroyable capacité à pirater les télés américains plusieurs fois par semaine.

 

Donner à ce mandarin des airs réaliste de terroriste du XXIème siècle et jouer ainsi avec son image est une des très bonnes idées du film...qui ne manque pas de très mauvaises par ailleurs, à commencer par une tribu de méchants avec des superpouvoirs idiots dont on a souvent du mal à comprendre la portée.

Et comme Tony Stark est accompagné de seconds rôles plutôt décoratifs qu'autre chose, le film peine à trouver de la consistance, même en faisant exploser consciencieusement la villa californienne du milliardaire. La vision de Gwyneth Paltrow en armure (merci les cauchemars) vient conforter cette impression de blockbuster hésitant et folklorique. Ce n'est d'ailleurs presque plus un Iron Man puisqu'on ne voit presque jamais Tony Stark en armure, cette armure devenant un personnage à part entière.

 

On se traîne alors tranquillement jusqu'aux morceaux de bravoure finaux attendus depuis la bande annonce (la chute libre, l'attaque des armures), bien aidés par le seul vrai second rôle du film : un gamin qui croit rêver quand Iron Man devient son pote. Comme lui, on aimerait avoir un peu plus d'étoiles dans les yeux, un peu plus d'action, un peu plus de rythme, et moins de circonvolutions narratives rarement passionnantes. 

 

Reste l'ironie mordante de Shane Black, quelques bonnes vannes et la décontraction de Robert Downey Jr, qui sait rester cool même dans le plus idiot des scenarios. Mais ce troisième épisode prouve surtout que le bestiaire Marvel a décidemment un intérêt bien limité lorsqu'on isole ses têtes d'affiche dans des films en solo (comme les X-Men, et contrairement à la Justice League par exemple). On attendra donc patiemment le prochain Avengers...

 

 

Page Facebook

Compte twitter

 

Apres avoir réussi son improbable cross-over général dans les Avengers, Marvel continue a dérouler sa recette désormais rodée : envoyer sur les écrans un film pour chaque poulain de son écurie,  en attendant de les réunifier dans un prochain Avengers 2. En plus de ce troisième épisode d'Iron Man, nous aurons donc la chance de recevoir un deuxième Thor et un deuxième Captain america sous peu... et si on est bien sage, un quatrième Hulk ?

D'ailleurs il déprime Tony Stark, sans ses petits camarades.  Depuis l'invasion alien de New-York, il se renferme dans son cocon technologique et mécanique, nous trainant avec lui dans une première partie soporifique qui rappelle les pires travers d'Iron Man deuxième du nom (probablement la pire production Marvel a ce jour). Pas d'action, peu de blagues, juste un couple de petits vieux et leurs scènes de ménage. C'est dire si l'on est content de voir débarquer le terroriste en chef avec ses faux airs de Ben Laden, et son incroyable capacité à pirater les télés américains plusieurs fois par semaine.

Donner à ce mandarin des airs réaliste de terroriste du XXIème siècle et jouer ainsi avec son image est une des très bonnes idées du film...qui ne manque pas de très mauvaises par ailleurs, à commencer par une tribu de méchants avec des superpouvoirs idiots dont on a souvent du mal à comprendre la portée. Et comme Tony Stark est accompagné de seconds rôles plutôt décoratifs qu'autre chose, le film peine à trouver de la consistance, même en faisant exploser consciencieusement la villa californienne du milliardaire. La vision de Gwyneth Paltrow en armure (merci les cauchemars) vient conforter cette impression de blockbuster hésitant et folklorique. Ce n'est d'ailleurs presque plus un Iron Man puisqu'on ne voit presque jamais Tony Stark en armure, cette armure devenant un personnage à part entière.

On se traîne alors tranquillement jusqu'aux morceaux de bravoure finaux attendus, bien aidés par le seul vrai second rôle du film : un gamin qui croit rêver quand Iron Man devient son pote. Comme lui, on aimerait avoir un peu plus d'étoiles dans les yeux, un peu plus d'action, un peu plus de rythme, et moins de circonvolutions narratives rarement passionnantes. 

Reste l'ironie mordante de Shane Black, quelques bonnes vannes et la décontraction de Robert Downey Jr, qui sait rester cool même dans le plus idiot des scenarios. Mais ce troisième épisode prouve surtout que le bestiaire Marvel a décidemment un intérêt bien limité lorsqu'on isole ses têtes d'affiche dans des films en solo (comme les X-Men, et contrairement à la Justice League par exemple). On attendra donc patiemment le prochain Avengers...

 

Partager cet article

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest