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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 07:44
La vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2

 

 

 

Curieuse expérience, de découvrir un film dont on a tant parlé, qui a été à ce point disséqué, jusque dans l'intimité d'une conception tellement houleuse qu'elle a éclatée au grand jour à peine la palme remise par Steven Spielberg. Jusqu'à une actrice vilipendant son metteur en scène. Jusqu'à un metteur en scène qui déclare presque regretter que le film sorte. Tout en étant important, le débat sur les conditions de tournage n'a finalement que peu d'impact sur le film lui même. A peine explique-t-il la spécificité d'un long métrage, il est vrai, assez incroyable.

 

La vie, la vraie, au plus proche de ses personnages et de leurs émotions, cela a toujours été un thème directeur de l'œuvre de Kechiche. Et voilà qu'il jette son dévolu sur cette lycéenne un peu mal dans sa peau, un peu paumée, qui découvre l'amour avec l'impression d'avoir déjà raté quelque chose. Et qui a le sentiment que toutes les portes s'ouvrent quand elle rencontre Emma, une artiste aux cheveux bleus avec laquelle elle va vivre un amour fou.

 

Stupéfiant, comme Kechche est proche de son personnage.

Jusque dans ses cadres extrêmement serrés, comme vissés à la bonne bouille d'Adèle pour déceler la moindre émotion qui pourrait affleurer sur son visage.

Jusque dans les repas (autre thème récurrent du réalisateur), où la nourriture est filmée de près, dans les assiettes et dans bouches.

Jusque dans sa manière de se glisser dans l'intimité la plus profonde de ce couple, en filmant des scènes d'amour en temps réel, sans ellipse ni suggestion. Kechiche semble nous inviter à être témoin d'une histoire dans ses moindres détails, sans jamais chercher à éluder ce qui pourrait être lent, gênant, choquant.

 

Son immense réussite est d'avoir rendu cette histoire presque banale incandescente, belle, triste, puissante. C'est peut-être ça, le talent, cette capacité unique de déceler dans l'ordinaire ce qu'il y a de fondamental et de beau.

 

La puissance de la mise en scène et du découpage, le talent stratosphérique de ses interprètes, les thèmes intelligemment entremêlés (l'apprentissage, la famille, l'amour, le regard de son entourage, la vocation), tout concourt à faire de ce film un objet cinématographique unique et passionnant.

 

Un film qui est un fleuve, par sa longueur, son étalement, son format qui rappelle presque une mini-série télévisée avec sa division en deux chapitres marqués et différents. C'est ce qui en fait une expérience assez unique par son ampleur et par son exigence. Mais paradoxalement, c'est aussi cette longueur hors normes qui dilue parfois des fulgurances de cinéma, et des scènes absolument incroyables. Sans en être persuadés, on voudrait presque tenter l'expérience d'une Vie d'Adèle en deux heures, pour ne voir que ces moments frappants de beauté et d'émotion.

 

Une des dernières rencontres du film a lieu dans un bar. Rien de plus anodin, et pourtant a-t-on déjà été autant pris par l'émotion qui nait dans ces échanges ? Par ce second degré qui cache de moins en moins bien une tristesse profonde ? Par des émotions qui remontent doucement à la surface ?

 

Anodin, et pourtant déchirant. Un condensé d'amour en trois heures. 

 

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Quand on voit ce qu'est devenu Breaking Bad après 5 saisons, c'est quand même consternant de voir à quel point True Blood (qui était une super série intelligente et divertissante) a dévalé la pente.

La vieillesse est un naufrage aussi pour les séries et la dernière saison sera vraiment en option..

 

 

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Published by DH84
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