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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 07:48
Capitaine Phillips

 

Un cargo dans l'Océan Indien entre Oman et le Kenya, un chemin dangereux non loin des côtes somaliennes et ses pirates. Non armé, lent, l'immense navire est une proie facile pour des assaillants et leurs petits bateaux...

 

Avec un pitch et un environnement très différent, Captain Philips porte les mêmes qualités et les mêmes défauts que Green Zone, le précédent long métrage du réalisateur. Une efficacité et une maitrise visuelle de haut niveau, mais au service d'une histoire qui manque de rebondissement, de détours, d'ambigüité.

Devenu une référence du film d'action avec la trilogie Bourne, Paul Greengrass reste un metteur en scène passionnant, mais qui devrait probablement chercher des scénarios un peu plus denses.

 

Car l'intrigue n'est pas au centre. On voit se dérouler l'assaut et la prise du navire de manière assez prévisible, malgré quelques détours rapides. Ce sont vraiment le capitaine, ses actes et son comportement qui sont le centre de gravité du film, que ce soit dans l'attente nerveuse ou pendant la prise d'otages.

 

L'héroïsme de l'équipe n'est d'ailleurs pas spécialement mis en avant, on peut même franchement se demander si les capitaine et l'équipage ne font pas quelques boulettes au passage. Le propos politique ou humanitaire n'est pas là non plus, c'est plutôt le combat qui fascine Greengrass. La démesure et le déséquilibre d'une bataille des temps modernes qui n'a plus rien d'une bataille. Entre un cargo géant et une barque de pêcheurs.(incroyables images de l'abordage) Entre quatre pécheurs dépassés et la totalité de l'armée américaine dans l'Océan indien. Entre des types qui savant à peine tirer et des troupes d'élite froids et calculateurs qui refont tranquillement leur paquetage après avoir appuyé sur la détente. 

 

Et au milieu de tout ça, le capitaine balloté par des événements qu'il ne contrôle plus, le film nous projetant de plein fouet dans son angoisse et sa peur, rapidement visibles malgré un calme apparent.

 

Tendu, parfaitement filmé, assez original, le film n'est pourtant pas sans défaut, avec un manichéisme parfois trop appuyé, qui ne rappelle pas que des bons souvenirs dans le cinéma américain. Voir par exemple le traitement hyper appuyé des pirates somaliens, victimes au mieux, psychopathes en puissance au pire.

Et même si l'héroïsation poussée de commandos américains n'est pas toujours synonyme de mauvais gout (voir Zero Dark Thirty), la barque est définitivement très chargée dans les eaux bleues de l'océan indien. Et il va sans dire que les 2h15 de la chose n'ont pas tendance à rendre le film plus léger ou plus rythmé.

 

Reste donc l'efficacité sans faille d'un metteur en scène aussi à l'aise avec les grands angles des vues sur l'océan que dans le plus comprimé et le plus clautrophobique des espaces. Et un Tom Hanks toujours aussi crédible en mec normal un peu dépassé par les événements. Largement suffisant pour proposer un spectacle d'une qualité supérieure à beaucoup de blockbusters.

 

Mais un peu décevant quand on co,nnait le potentiel de Paul Greengrass...

 

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Amusant, certainement. Déstabilisant, parfois. Ironique, souvent. Surprenant, pas tellement. Un moment agréable mais pas déterminant dans la carrière d'un Polanski qu'on aimerait désormais qu'il sorte des huis-clos étouffants pour donner à son cinéma un petit peu d'oxygène.

 

 

 

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Published by DH84
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