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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 07:54
Snowpiercer, le transperceneige

 

Ce transperceneige traînait avec lui deux risques majeurs dès le départ : une adaptation de bande dessinée, et premier film expatrié d'un talentueux réalisateur coréen. De quoi risquer la meringue d'effets spéciaux ou la sortie de route, sans compter que le casting assez luxueux qui s'est joint à l'aventure risquait d'alourdir encore le véhicule.

 

Et pourtant, belle surprise, le réalisateur Bong Joon Ho parvient à emballer un des divertissements les plus spectaculaires et les plus travaillés de l'année, tout en restant enfermé dans un train qui roule à pleine vitesse dans une Terre ravagée par une nouvelle ère glaciaire.

 

Après une brève introduction, la survie commence dans le wagon de queue,  où les castes les plus basses sont parquées comme du bétail, et où la révolte gronde. Elle ne viendra pas immédiatement, elle se prépare, elle se calcule froidement. Puis enfin vient la remontée. Wagon par wagon, niveau par niveau, la jacquerie gagne remonte avec application l'échelle sociale, tout en restant proche d'un jeu vidéo des plus basiques, où chaque niveau se mérite par la tête du monstre qui le garde.

 

La diversité des situations, des pièges, et des décors, additionnés à l'incroyable efficacité de la mise en scène, remportent le morceau. Le voyage est héroïque, brutal, sanglant, alors que paysages dévastés continuent inlassablement de passer en arrière fond. On joue avec les âges, les écrans, les ambiances, les dates et bien sur les lumières. Chaque coupure, chaque tunnel peut être fatal, la séquence qui débute dans le noir total est vraiment terrifiante.

Dire que film n'est pas aseptisé serait un euphémisme : les têtes, les membres volent dans la plus grande sauvagerie, la colère est palpable, la brutalité jamais feinte. Bong Joon Ho n'a pas abdiqué un pouce de terrain au politiquement correct hollywoodien, jusque dans des personnages qui disparaissent parfois aussi vite qu'ils sont apparus.

 

Des personnages parfaitement au diapason de ce détonnant cocktail. Chris Evans, bien sur, Captain America qui se retrouve dans la peau de l'émeutier. Mais surtout Tsilda Swinton,  qui porte le grotesque absurde à un niveau absolument merveilleux. Ou encore le brillant Song Kang-Ho, intense et décalé dans le registre du junkie cynique. 

 

Un voyage dans le voyage qui éblouit jusqu'au moment où il lui faut boucler la boucle. Car la révolution n'est pas aussi simple, le dictateur et l'émeutier étant parfois les deux faces opposés d'une même pièce. En additionnant un film politique à son élan de révolte, le scenario se prend alors les pieds dans le tapis, exactement de la même manière que l'avaient fait les frères Walkowski à la fin du 2ème Matrix. L'intention est louable, mais elle tombe à plat, empêchant le film de rentrer dans la catégorie des monuments du genre.

 

Mais l'équipée reste hautement recommandable, dans une année décidemment incroyablement faste pour les films grand spectacle.

Ca va être dur pour Marvel et ses gentils super-héros consciencieux de ne pas avoir l'air mièvres avec ça...

 

 

 

 

 

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Bref, un plaisir indéniable qui n'est pas encore devenu une grande série, ni dans la puissance d'évocation de "The West Wing", ni dans l'excellence absolue des dialogues et des thèmes de "Studio 60"

Rendez-vous à la saison 3

 

 

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Published by DH84
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commentaires

dasola 08/11/2013 20:18

Bonsoir, le film est en effet plus que recommandable et je recommande la BD qui est un bon complément. Bonne soirée.