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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 07:58
Le journal des séries : Top of the lake

 

Top of the lake - (Saison 1) 

 

Les cinéastes les plus réputés sont décidemment de plus en plus attirés par le petit écran. Après David Fincher ou encore Michael Mann, c'est la très indépendante Jane Campion qui s'est aventurée dans un plus petit format, mais pas sans garanties. Comme quand elle réalise, Jane Campion s'est arrimée à un projet ambitieux, de haut niveau artistique, et pour lequel elle a obtenu une liberté totale.

 

Et ça se voit : que ce soit dans la rythme, les personnages, le ton ou les décors, Jane Campion a infusé tout son univers dans cette série, sans chercher à se compromettre pour viser une saga ou toucher un large public. Une sorte de série 2.0 qui reboucle étonnamment avec la totue première grande série fantastique de l'histoire : "Twin Peaks".

 

Là aussi, un flic débarque dans un trou paumé, avec une population locale relativement étrange. Là aussi, une fille a disparu et là encore, le père est un suspect évident. Mais le ton est très différent, le ton kitscho-fantastique de Twin Peaks laisse place à un polar froid, nostalgique, et foncièrement réaliste.

 

Sur cette trame de film noir, la série se développe patiemment dans les paysages extraordinaires de la Nouvelle Zélande, en jouant à merveille sur tous les codes du genre. L'inspectrice qui a l'air petite et gentille est une incroyable dure à cuire. Le flic local arrogant est peut-être plus profond que prévu. Les déchets humains alcoolisés qui traînent au bar sont-ils vraiment suspects ? Et que dire de cette colonie de femmes venues s'installer au bord du lac dans des conteneurs sous la direction d'une gourou complètement allumée ?

 

C'est quand on voit des œuvres aussi travaillées et que l'on comprend que la photocopie n'est pas une fatalité. Qu'il est encore possible de surprendre et de passionner sur des thèmes de polar pourtant rebattus dans la littérature ou à la télévision. Mais cela implique de ne pas craindre la tristesse, la lenteur et la complexité.

 

Et bien sur d'avoir une équipe artistique de haut niveau, capable de créer une ambiance et de la développer sur plusieurs épisodes. On peut aussi pointer l'extraordinaire travail d'interprétation de l'ensemble du casting, avec trois protagonistes qui crèvent l'écran.

Elisabeth Moss (la détective), évadée de Mad Men, qui joue en permanence sur son format de petite souris.

Peter Mullan (le bad guy), phénoménal en mafieux rustre et calculateur.

Et Holly Hunter (la gourou), un peu disparue des écrans radars, qui s'amuse à donner à son personnage une dureté hallucinante.

 

Et pour ne décidément rien faire comme tout le monde, Jane Campion a annoncé qu'il n'y aurait probablement pas de saison 2.

 Logique, quand on voit à quel point l'ensemble est d'une grande cohérence, et n'appelle pas de suite.

Dur de faire du business avec des gens qui ont une vision artistique, et qui s'y tiennent...

 

 

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Published by DH84
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