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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 07:49
The Hobbit : the desolation of Smaug

 

Peter Jackson n'avait manifestement pas très envie de remettre le couvert. Après avoir réussi haut la main l'impossible pari de l'adaptation du "Seigneur des Anneaux", il avait recruté son pote Guillermo Del Toro pour s'occuper du bébé que le studio New Line avait commandé du haut de ses montagnes de dollars.

 

 

Las, le mexicain est retourné aux Etats-Unis pour faire son film de robots et a rendu à son père biologique une saga qu'il a bien fallu mettre en boite pour ne pas faire chuter le PIB de la Nouvelle-Zélande...

 

Le golden boy néo-zélandais installe donc son barnum une avant-dernière fois dans les salles hivernales, le bestiaire n'ayant pas changé avec principalement des nains maladroits, des orcs puants et des elfes sortant de la fashion week. Rien de nouveau donc, et trois films à meubler avec un petit bouquin, ce qui avait donné un premier épisode interminable...

 

Et cette impression de dilution ne s'estompe pas avec une première heure où chaque scène pourrait être coupée en deux. Peter Jackson (qui a probablement oublié qu'on pouvait réaliser des films de moins de deux heures et demie) et étire tout ce qu'il peut étirer sans avoir la matière pour. Un blockbuster-tisane qui relance le concours de bâillements quand la joyeuse troupe fuit (encore) des orcs et se réfugie (encore) chez un pote avant de repartir (encore) dans une forêt qui fait peur. Même les plans filmés d'hélicoptère  de la Nouvelle-Zélande commencent franchement à lasser....

 

Il y a quelques animations bien sûr, pour justifier le déplacement et remplir la bande annonce, mais la cours de tonneaux en eau vive proposée pour l'occasion se rapproche davantage de l'attraction du parc Astérix que de la fuite dans la Noria.

Un style Disneyland renforcé par l'apport assez surréaliste du couple d'elfes Orlando Bloom- Evangeline Lilly. Lui, sérieux comme un pape, tout fier de ses nouvelles lentilles de contact, et elle, en mode  Terminator, éventrant, égorgeant et étripant l'équivalent de plusieurs métropoles d'orcs en moins d'une demi heure. On ne parle même pas du pauvre Gandalf qui fait son film presqu'en solo, celui-ci culminant dans un sketch surréaliste dans lequel Sauron n'est plus très loin de pouvoir se faire embaucher chez Dragon Ball Z avec transformation en super guerrier en prime...

Le caméo de Jackson dès la première image, et les clins d'oeil hyper appuyés à la trilogie précédentes n'aident pas beaucoup non plus...

 

Passé le sarcasme un peu facile, le film est (évidemment) plutôt de bon goût, assez fluide, et fera probablement plaisir aux Tolkéniens de la première heure pour lesquels la mise en images propre de l'univers et de l'histoire suffira. Mais la manière dont Peter Jackson se sert de la 3D comme un gadget, cette façon de multiplier les scènes d'acrobatie comme dans un parc d'attraction ne fait que renforcer le sentiment que l'on est devant un produit (bien) calibré destiné à cartonner, plus dans le défi un peu fou d'un petit gros à lunettes qui partait filmer chez lui le bouquin du siècle. C'est pas plus bête ni plus pénible qu'un Marvel, mais c'est dommage d'en arriver là...

 

Heureusement tout s'arrange avec l'arrivée du dragon. Une fois loin sous terre débarrassé de son obligation de filmer 12 personnages à la fois, Peter Jackson retrouve de l'allant. Et même un peu de vertige dans ces immenses salles pleines d'or, dont le propriétaire ailé ne veut pas se laisser déposséder sans combattre. Le dialogue qui s'engage entre la créature et Bilbo est intense, et même drôle. Menaçant, incarné, le dragon est (de loin) le personnage le plus réussi du film, on peut saluer ici le tour de force des équipes techniques qui ont su parfaitement donner vie à ce roi perdu, imbu de lui même, assis sur sont as d'or.

 

 En y ajoutant la voix de l'excellent BEnedict Cumberbacth (Star Treck, 5èmepouvoir), il parvient à faire décoller sur sa dernière heure ce très lourd pudding, et même à donner envie de revenir pour le feu d'artifice (au sens propre) que l'on promet pour le final.

 

De quoi imaginer une troublante imitation de la Guerre des Etoiles et de ses trois prequels.

Un premier épisode long et embarrassant.

Un deuxième opus plus réussi, mais encore gênant aux entournures.

 

Avant un dernier film noir, furieux et dense, qui saura faire le lien avec ses trois illustres grands frères ? 

 

 

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Bref, un produit plus qu'un film... jusqu'au générique final, qu'une dernière scène vient interrompre. Une mise en abime, pleine d'ironie, de cynisme et de profondeur.

 

La scène dure 2 minutes et c'est la dernière. On aurait payé cher pour voir deux heures de cet acabit. 

 

 

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Published by DH84
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