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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 08:04
Les brasiers de la colère

 

L'Amérique aime à visiter son "heartland", ces régions pas spécialement glamour, où bat le cœur du pays. Des régions anciennement industrielles, aujourd'hui laissées pour compte malgré la solidarité des communautés qui tentent de survivre tant bien que mal. Une forme de cinéma naturaliste avec un mètre étalon : Voyage au bout de l'enfer, faux film sur le Vietnam sorti il y a plus de 20 ans, jamais égalé depuis. 

 

Le film met d'ailleurs directement les pieds dans le plat avec des références explicites au chef d'oeuvre de Michael Cimino : une aciérie, une chasse au daim, des jeunes qui partent se battre loin...et une fatalité. Celle qui semble s'acharner sur cet honnête travailleur, qui perd petit à petit tout ce qui lui est cher. Jusqu'à que son frère se retrouve embarqué dans des arnaques avec les dangereux pequenots des montagnes environnantes.

 

Ce qui est pratique quand on a fait gagner un oscar à quelqu'un, c'est qu'on a pas trop de mal à boucler ses castings pour les films suivants. Le réalisateur Scott Cooper avait (enfin) offert une satuette à Jeff Bridges, il dispose pour son film suivant d'une distribution incroyable, dans à peu près tous les rôles, y compris Ridley Scott et Leo DiCaprio à la prodcution.

Et tout le monde se pousse dans le cadre pour avoir sa grande scène, il n'y a qu'à voir les efforts démesurés d'un Casey Affleck en total surégime, qui cherche la nomination à l'oscar en pétant un plomb chaque fois qu'il débarque.

 

Mais ces moyens tranchent avec un film petit, modeste, presque minimaliste. Derrière l'hommage appuyé au film fleuve de Cimino, c'est presque vers la série Justified que l'on se dirige, avec ces collines remplies de rednecks à moitié dégénérés par la drogue, vers de petits crimes locaux. L'humour en moins et le drame en plus.

Dans un canevas bien connu, la colère monte avant que la vengeance n'explose, que la violence n'envahisse le cadre sous la houlette d'un Woody Harrelson toujours très à l'aise en psychopathe sous speed.

 

Sans jamais chercher à trop en faire, Scott Cooper se repose tranquillement sur des décors naturalistes et sur la présence de ses acteurs. De quoi emballer un petit film indépendant bien troussé, et de bon goût.

Mais à des années lumières de Voyage au Bout de l'Enfer...

 

 

 

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Published by DH84
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