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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 07:53
Yves Saint Laurent

 

La valse des biopics continue dans l'allégresse, puisque le pauvre Yves Saint Laurent se voit cette année affublé de deux films jumeaux, par deux écuries concurrentes. Les mystères du système de production français sont définitivement impénétrables...

 

Voici donc le premier challenger, le candidat "officiel" puisqu'adoubé par Pierre Bergé, qui a grandement facilité la vie de ce film en leur prêtant lieux de tournages et costumes, et qui en fait la pub depuis la sortie, avec ce tampon "authentique" tellement recherché par les auteurs de l'exercice.

 

Mais pour le reste, il faudra chercher ailleurs ce cinéma, tant ce "Yves Saint Laurent" ressemble plus à une machine marketing bien huilée qu'à un acte artistique. Un projet limite hagiographique sous contrôle de A à Z. Un jeune réalisateur docile et surtout pas créatif (non mais sérieux, Jalil Lespert ?). Une histoire connue et platement racontée. Quelques excès de ci de là pour donner un peu de relief. Un prologue au piano qui commence par la fin (LA marque des biopics à la noix...)

 

Personne n'a cherché ici la révolution ou l'insolence.

Sous le regard complaisant de Pierre Bergé (le vrai), les deux personnages se recouvrent de compliments, mettent en exergue le génie du créateur, et l'importance qu'a eu son compagnon tout le long de sa vie. Et comme Jalil Lespert n'est pas spécialement un cinéaste doué, l'exercice devient rapidement une succession plate et convenue de scènes de succès, d'engueulades, de déconvenues (pas beaucoup). Jamais le réalisateur ne parvient à faire durer suffisamment une scène, à l'incarner, avant de passer à la suivante dans un pénible pilotage automatique.

 

Reste donc les acteurs, puisque ce sont eux qui sauvent (un peu) le film. Pierre Niney compose un surprenant et fragile Saint Laurent, avec un talent et une intensité qui forcent le respect. Il se fait presque voler la vedette par Guillaume Galienne qui confirme qu'il est un interprète fabuleux, tout en nuances et en profondeur. Son Pierre Bergé est encore plus mystérieux et plus fascinant que l'original, magnifique dans le rôle de l'amoureux outragé.

 

Deux excellents acteurs peuvent-ils repêcher un film par ailleurs plus que moyen ? C'est probablement la seule bonne question que pose ce film qui fera le bonheur des soirées télé de Noël sur les chaines publiques.

 

Et qui pousse surtout à devenir curieux concernant le projet concurrent.

Parce que si le tandem Gaspard Ulliel-Jérémie Renier va avoir du mal à concurrencer Niney-Galienne, Bertrand Bonell est quand même un cinéaste d'une autre trempe. Un réalisateur qui, avec un peu de chance, sortira des clous de cette pénible habitude des biopics de se cantonner à un musée Grévin. 

 

 

 

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Published by DH84
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