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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 07:53
American Bluff

 

Présenté comme "un des favoris aux oscars" (alors que pas du tout, malgré ses 10 nominations...), "American Bluff" complète la métamorphose d'un ancien petit merdeux appelé David O'Russel. Un metteur en scène bourré de talent mais complètement ingérable, célèbre pour s'engueuler avec à peu près tout le monde.

Mais le petit David a bien grandi, et se permet dorénavant d'être un réalisateur mainstream plutôt coté, et d'empiler les honneurs avec la régularité d'un métronome, pour lui et ses castings. 11 nominations aux oscars pour ses acteurs en seulement 3 films, c'est le genre de record imbattable qui te pose un faiseur de roi.

 

Et pourtant, on doit reconnaître que le film est étrange.

Pas très facile d'accès malgré une scène d'ouverture (et une première demi-heure) qui copie allègrement Scorsese, avec Christian Bale en Robert De Niro, et les Stones en fond sonore. Mais jamais David O'Russel ne cherchera à refaire les Affranchis, il ne fait que puiser chez le Maître une partie de son inspiration pour raconter SON histoire d'escrocs et de politiques véreux, pour mieux étaler sa petite musique faite de clashs amoureux et de personnages à cran. 

 

Car ils sont (comme d'habitude) tous sur le fil du rasoir.

Que ce soit cet impayable lessiveur à moitié chauve, cet agent du FBI un peu trop ambitieux, cette femme fatale aux abois ou cette autre femme trompée et ses problèmes d'électro ménager. Faire tomber un politicien véreux dans un grand coup de théâtre ? Cela devient presque accessoire au fut et à mesure que l"intrigue" (notez les guillemets) avance, avec un vertige qui s'accroit à chaque seconde car le film lui même est dans le bluff : 

Quand il charge incroyablement ses personnages (les deux mâles notamment, complètement irréels)

Quand il se fout de son histoire, de la rendre lisible, ou même de chercher le coup de théâtre expédié avec une légèreté hallucinante

Quand il remet une couche de Scorsese avec un caméo amusant, mais qui n'aide pas à prendre le film au sérieux.

 

Et surtout quand il laisse ses acteurs bouffer la pellicule, quitte à détourner complètement le film : Bale, tout en nervosité, Amy Adams, merveilleusement fausse, Bradley Cooper, génialement dérangé et bien sur Jennifer Lawrence, dans un rôle beaucoup plus complexe qu'il y parait, exceptionnelle (comme d'hab).

Sa longueur de grand film (2 heures 17) va avec cette grande arnaque, qui le rendrait presque sympathique. Un vrai film de faussaire, du début à la fin, qui va jusqu'à avouer sa duplicité devant un tableau de Rembrandt.

 

Une belle escroquerie, intriguante et singulière. Mais de l'esbrouffe quand même. Tout en restant séduit par ce drôle de truc, on a le droit de préférer quand David O'Russel n'était pas le golden boy de l'Académie, qu'il dynamitait de l'intérieur les blockbusters, qu'il tentait le film expérimental ou alors qu'il ne trichait avec personne.

 

Mais ça, c'était avant.

 

 

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Au milieu d'une intrigue financière assez embrouillée, on tente donc de pénétrer un immeuble hautement sécurisé, de prévenir un attentat sur le sol américain et de régler quelques problèmes de couple mis à mal par le peu de considération de l'Agence pour ses meilleurs éléments.

La routine, quoi. 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Chris 24/02/2014 09:03

http://www.ft.com/intl/cms/s/2/8e4526e0-995b-11e3-b3a2-00144feab7de.html#axzz2uD0DFIdr

Un portrait interessant de Megan Ellison...