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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 08:27
Dallas Buyers Club

 

 

Comment gagner un oscar ? Historiquement, il est recommandé de jouer un personnage historique, une personne handicapée ou démente. Mais rien ne remplace la bonne vieille performance physique : gagner ou perdre quelques quintaux, bien se maquiller, transformer son apparence et aller contre son image. Un principe plutôt bien intégré par deux ex beaux gosses sur le retour qui se sont faits pour le coup des looks de grévistes de la faim anémiques, tout en jouant les sidéens en fin de vie. 

 

Ces deux compères se rencontrent alors que l'épidémie de SIDA fait des ravages. Toutes les équipes de recherche du monde se mobilisent pour trouver la parade, mais l'administration américaine traîne les pieds pour mettre sur le marché des médicaments aux effets secondaires mal connus. Ron, ex parieur minable, commence son tour du monde pour ramener au pays des médicaments plus efficaces... et part en guerre contre les autorités de régulation.

 

Le sujet est passionnant, les performances sont effectivement impressionnantes, le film devrait sans trop de problème trouver son public et continuer sa razzia de récompenses. L'énergie et l'émotion dégagée par ses interprètes suffit souvent à notre bonheur, d'autant qu'on ne fait que suivre des gens condamnés, ultime tragédie. 

 

Mais pourtant, on ne peut s'empêcher de constater que le très doué Jean-Marc Vallée reste comme spectateur de son histoire et de ses acteurs. Comme fasciné par la transformation de Matthew McConaugeh et par la touchante métamorphose de Jared Leto, le metteur en scène quebecquois s'efface complètement, oubliant de donner un peu de souffle et de relief à une période à la fois tragique et ubuesque.Un Soderbergh période "Erin Brockovich" aurait peut être donné au film une ampleur supérieure.

 

Avec une mise en scène beaucoup trop discrète, un bon quart d'heure de trop et surtout pas d'image choquante, son film porte les stigmates évidentes d'une caravane à oscars.

 

Ce qui n'empêche pas ce Dallas Buyers club d'être éminemment sympathique et tout à fait recommandable, pour voir deux très beaux numéros d'acteurs courageux.Même si dans le registre des performances hallucinées et marquantes, on est en droit préférer l'outrance de DiCaprio dans "Le Loup de Wall Street", et la démence terrifiante de Michael Fassbender dans "12 years a slave"

 

 

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Published by DH84
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