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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 08:13
Le journal des séries : Rectify

 

La petite chaîne Sundance Channel avait en 2013 quelques jolis cadeaux dans sa besace.

 

Puisqu'après Top of the Lake, l'époustouflante série en une saison de Jane Campion, voici Rectify, un des grands chouchous de l'année écoulée pour les critiques, et une des séries les plus intéressantes vues depuis longtemps. Entre les deux programmes, les ressemblances frappent rapidement : une narration étirée, le soin apporté à la lumière et aux images, des acteurs sur la corde raide en permanence, et cette normalité un peu dépressive qui fait surgir l'horreur au cœur des vies les plus banales.

 

Pas besoin de chercher très loin, ce sont bien les codes du cinéma indépendant américain que recycle le Sundance Channel, pour l'instant avec notre plus grand bonheur.

 

Un recyclage qui s'effectue jusque dans les thèmes. Après le polar poisseux en pleine nature, voici le système carcéral américain. Un système qui relâche Daniel 20 ans après l'avoir condamné à la peine capitale, grâce à un test ADN enfin effectué. Il a passé a plus grande partie de sa vie dans le couloir de la mort, et n'a même pas pu finir une adolescence normale. Le voilà adulte, dehors, dans les mains d'une famille attentionnée mais recomposée, et d'une ville partagée en la haine et la compassion. Dans le "heartland" de l'Amérique, celle de la vie en communauté, des églises, des "small businesses" et des armes.

 

Que faire de toute cette liberté ? C'est l'intriguante question d'une série qui prend à l'envers la question de l'enfermement.

Même si des flash backs nous emmènent régulièrement dans les épouvantables couloirs de la mort, c'est bien de l'extérieur que l'on parle. De la liberté retrouvée, de celle de se balader, de faire ses courses, de faire l'amour, de lire, de rencontrer des gens. Mais rien n'est facile. 

 

Comme en apesanteur (même si il semble parfois porter toute la misère du monde sur ces épaules), Daniel tente peu à peu de retrouver ses marques, mais reste profondément mystérieux. A t-il commis le crime dont on l'accuse ? Est-il un monstre ou une victime ? Et surtout : que pense-t-il, que ressent-il ?

L'incroyable Aden Young donne au personnage une intériorité impressionnante, avec ses gestes lents et son regard intense. Que ce soit pour sa famille, ses anciens amis ou même son avocat, il semble rester un mystère impénétrable. Et même si la fin de la saison donne quelques clés, il reste beaucoup  défricher (et tant mieux, on aura une deuxième saison)

 

Une série étrange, magnétique, assez hermétique. Brillante, mais définitivement dédiée à un public particulier, suffisamment patient pour se laisser ensorceler par un programme d'une lenteur parfois déroutante. Le tout en 6 épisodes, ce qui est vraiment le format adapté. Parce que tout cela a beau être indéniablement brillant, 20 épisodes à ce rythme, ce serait dur. 

 

 

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Published by DH84
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