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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:19
La cour de Babel

 

Plongée dans le monde des migrants et demandeurs d'asile, par ceux qui cherchent à se (re)contruire une identité et une vie : les adolescents.

La réalisatrice Julie Bertuccelli a donc posé sa caméra dans une classe d'insertion multi-nationalités, où cohabitent des enfants de demandeurs d'asile à différents niveaux de maitrise de la langue, avant de pouvoir intégrer une classe plus standard.

 

"Posé" est le bon mot, tant le documentaire est d'une neutralité artistique presque ascétique. Pas de voix off ni de commentaires, un montage équilibré, et seuls quelques plans sur la cour d'école viennent apporter des respirations à un ensemble qui se concentre sur la vie de classe. Le film ne brille donc pas par sa qualité artistique, mais bien par son sujet polyglotte, qui mêle judicieusement l'apprentissage et l'identité, à l'heure où (plus que jamais), ces thèmes semblent être au centre de beaucoup de choses.

 

On pourra reprocher au film d'être un peu simpliste, tant il semble parfois éviter les problèmes. Mais on doit reconnaitre à l'artiste le droit de choisir ce qu'il montre, ce qu'il ne montre pas, jusqu'où il se permet de rentrer dans l'intimité d'une vie de groupe et des trajectoires individuelles. Même si cela est imperceptible, il faut probablement beaucoup de sensibilité pour aussi bien capter une ambiance et des humeurs.  Pour s'intégrer de façon si légère dans la vie d'une bande de gamins au destin plutot chargé jusqu'ici. On pense beaucoup à "Entre les Murs", où Laurent Cantet avait (en mode fiction) aussi parfaitement su observer un âge où l'on se construit dans son rapport à l'adulte, et dans son rapport au monde.

 

Sans être fondamentalement passionnant (on y apprend pas grand chose), le film brille par les séquences émotionnellement très fortes. Des adieux déchirants à une camarde de classe, qui rappellent la vie chaotique et nomade des demandeurs d'asile. Tout le bonheur du monde dans le regard d'un père tellement fier de sa fille. Toute la détresse dans celui d'une adolescente qui comprend qu'elle redouble...

 

Et surtout, le film montre des migrants qui sont avant tout des humains. Un rappel salutaire, quelque soit sa couleur politique où son avis sur la question des responsabilités.

On ne parle pas de chiffres, on parle de personnes

 

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Leo M 20/11/2014 15:44

C’est un film très intéressant qui m’a appris pas mal de choses.