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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 07:56
Monuments Men

 

George Clooney, l'homme le plus cool du monde.

Le genre de bonhomme décontracté dans toutes les situations, qui transforme ses campagnes de pub mercantiles en running gag, quand ce n'est pas carrément en projet humanitaire. Mais aussi un artiste qui, comme son pote Brad Pitt, cherche à élargir depuis un bout de temps ses horizons, que ce soit en tant qu'acteur, producteur, et donc metteur en scène.

 

Problème : si George s'est révélé récemment avoir du nez en tant qu'interprète ("Gravity" ou "The American") ou producteur ("Argo"), il n'a jamais montré la même aisance derrière la caméra, enchaînant les films au mieux honnêtes, au pire franchement naïfs, même si son carnet de bal lui permet d'attirer à tous les coups un casting long comme le bras.

Et ce ne sont pas ces "Monuments Men" qui vont inverser la tendance, le film exposant au grand jour les faiblesses flagrantes de Clooney réalisateur, souvent à l'aise dans la blague de comptoir, incapable de donner du souffle et de la profondeur à un ensemble qui traite pourtant d'un sujet passionnant.

 

Celui de l'art pendant la seconde guerre mondiale, à travers la fascination des nazis et la course effrénée des Alliés pour récupérer ce qui pouvait l'être. Avec cette question philosophique au centre de la quête : l'art mérite-t-il que l'on sacrifie des vies humaines ?

Le bon capitaine George obtient de Roosevelt l'autorisation de recruter pour sa noble quête, et s'entoure d'une bande d'artistes pour aller parcourir une Europe dévastée, à la recherche de tableaux ou de sculptures volées.

 

 

 

Mais rapidement, ça coince. Dès la énième séance de constitution d'équipe (un par un, sur de la musique...), Clooney montre que si le sujet le passionne, il ne l'inspire vraiment pas. La seule chose qu'il arrive à poser sur son film est une forme étonnante de décontraction, comme si il organisait un remake d'"Ocean's Eleven" avec une vraie Tour Eiffel à la place de celle de Vegas. Tout sourire pendant une grande partie du film, George et Matt s'entourent d'une bande de gars très cools, avec qui on irait bien boire un verre à la buvette du musée.

 

Mais la nonchalance fonctionne bien quand on filme Brad Pitt en train de bouffer des chips. Pas quand on cherche à sauver la civilisation et qu'on déambule dans des hangars de biens volés aux victimes de l'Holocauste. Le passage constant entre l'Histoire avec un grand H et les petites blagues de Dujardin et compagnie rendent le film totalement artificiel.

 

Et ce n'est pas ce scénario bricolé qui envoie ses personnages aux quatre coins de l'Europe qui aide à donner de la cohérence. Le film s'éparpille donc en morceaux, et chacun cherche à surnager avec plus ou moins de réussite.

Matt Damon ne semble pas vraiment savoir à quoi sert son personnage (nous non plus), Dujardin surjoue le frenchy de service comme si il venait de re-voler l'oscar à Clooney, Goodman et Murray font les vieux routiers blagueurs sans conviction. Seule Cate Blanchet apporte un peu de profondeur au seul personnage ambivalent de la troupe, malgré un français très limite et des motivations pour le moins fumeuses.

 

Et quand la comédie fait place au drame, c'est presque gênant, Clooney sortant systématiquement la voix-off et la musique lyrique pour passer au stabilo l'horreur de la guerre...

Tout cela se termine péniblement dans un didactisme moralisateur assez pénible ("vous êtes vraiment sûr, Capitaine, que cela méritait qu'ils sacrifient leurs vies ?" "Oui monsieur le président"), sans avoir donné au spectateur une bonne raison de s'être déplacé.

 

Ni très drôle, ni très intéressant, ni fin ou profond, ces "Monuments Men" ratent leur cible, et l'on comprends mieux après coup pourquoi ce film si attendu ne s'est pas mêlé à la course aux oscars, tant il fait peine à voir en comparaison avec les vraies réussites du genre.

 

Dans la catégorie gros délire yankee en Normandie, mieux vaut (re)voir le merveilleux "De l'or pour les braves". Et bien sûr, pour une relecture moderne, baroque et polyglotte, il y a Tarantino et ses "Inglorious Basterds"

Le genre d'art qu'on aimerait sauver, pas enterrer sous une tonne de gravats...

 

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Leo M 20/11/2014 15:45

J’aime bien le scénario de ce long métrage, mais le film est un peu trop lent à mon goût.