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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 13:05
The Grand Budapest Hotel

 

Attendu comme le loup blanc par un troupe de fanatiques qui grandit d'années en années, le retour de Wes Anderson se fait avec tambour, trompettes, et un casting complètement dément. Le genre de film qui peut créer un petit événement, et un vrai buzz, malgré un sujet obscur et un traitement pas hyper accessible. Car le réalisateur américain est un auteur, un vrai.

 

Le genre de réalisateur capable de changer complètement de lieu et de temporalité entre ses films, tout en conservant intact un univers original et des marques fortes de mise en scène (les fameux travellings, la musique décalée, ...). Et surtout (LA marque des auteurs) avec une continuité de casting, puisque des fidèles se bousculent devant la caméra, même si c'est pour venir faire une apparition.

 

Et pourtant, il est incroyable de constater à quel point le barnum est léger, aérien, poétique. Ca commencerait presque comme un conte de fées à rebrousse poil. Une histoire sur plusieurs époques, dans un pays d'Europe de l'Est fictif , et plus précisément un grand hotel qui se remplit au fur et à mesure que l'on remonte le temps, avec un passage de flambeau mémoriel magnifique entre une petite fille, un auteur à succès, un mystérieux propriétaire, et enfin ce fameux maître d'hotel dandy.

 

Et dans cette course à remonter le temps, Wes Anderson contourne tous les pièges avec une facilité déconcertante. Un embouteillage de stars ? Le film repose avant tout sur un grand acteur (Ralph Fiennes, génial) et sur un parfait inconnu (le jeune "lobby-boy"). Un film américain ? Il respire l'Europe, ses écrivains, son histoire, sa philosophie. Un ton ancien et coincé ? Ralph Fiennes donne dans le "fuck" à outrance et se fait prodiguer de gâteries bucco-génitales par des conquêtes ayant légèrement dépassé la date de péremption.

 

Et derrière cette apparente légèreté, un ton grave et triste. Le début de la montée d'un totalitarisme qui engloutira l'Europe entière. Le règne des parvenus, des médiocres, et de leurs hommes de main. Même les cabrioles en ski et les évasions farfelues ne parviennent pas à gommer cette tragique mélancolie, qui trouve son paroxysme dans un épilogue parfaitement triste.

 

On repense alors aux premières minutes du film, façon poupées russes, magnifiques de délicatesse, d'émotion, de loufoquerie.

 

La facilité aérienne avec laquelle le film vole d'époque en époque, de personnages en personnages en personnages, est absolument unique. On pourra juste regretter que les deux derniers tiers du film, bien que très plaisants, ne soient pas à la hauteur de cette entame absolument merveilleuse.

C'est aussi ça, être un auteur accompli. On rend son public gourmand. 

 

 

 

 

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C'est frustrant parce que malgré cette médiocrité ressentie, on sent qu'ils ont des choses à dire, qu'il y a un vrai, talent comique. Et puis une comédie française avec un thème nouveau, ça cour pas les rues. 

 

Il ne manque pas grand chose. Un vrai réalisateur ? Ce serait probablement pas du luxe...

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Leo M 20/11/2014 15:45

À mon avis, ce film est un vrai chef d’œuvre par la qualité de sa réalisation, et aussi son scénario.