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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 11:24
Wrongs Cops

 

  

On appelle ça un OFNI. Un Objet Filmographique Non Identifié.

 

Hors de toute norme, de tout circuit classique, Quentin Dupieux balance dans les salles son étrange comédie américaine comme un sale gosse tout content de son mauvais tour. Ca ressemble à peu près à rien de connu, c'est totalement inattendu et souvent complètement débile.

 

Et franchement, ça fait un bien fou.

 

On est à Los Angeles, la partie la moins brillante de la ville, un environnement urbain digne d'un vrai film indé américain. Une lumière écrasante, des flics ripoux, quelques cas sociaux, et une population de banlieue toujours partagée entre conserver les apparences et prendre un aller sans retour pour l'hôpital psychiatrique.

 

Mais dans ce joyeux cirque, pas de doute, les flics sont (de loin)les plus atteints. Des deals de drogue foireux, des enregistrements musicaux, de la diffusion de catalogue porno aux enfants... heureusement que la devise locale est "Protéger et Servir", sinon on se ferait vraiment du souci.

 

En suivant tous ces dangereux énergumènes, on  rigole beaucoup, on a peut de temps en temps, mais pas si souvent, l'ensemble étant traité avec un second degré cynique d'une redoutable efficacité.

Et puis le film est d'une grande cohérence derrière ses aspects amateurs et bordéliques. Comme tous les (bons) indépendants qui font tout dans leur film, Dupieux maitrise parfaitement la manière dont les personnages apparaissent, dont ils se croisent, et souvent, dont ils se rentrent dedans.

 

Il y a ici un côté "cauchemar américain" très dur derrière l'apparente frivolité du sujet. Mais surtout, Il y a un vrai sens du loufoque dans tout ça. Dans la façon peu orthodoxe dont le flic dealer distribue sa came, dans cette mémorable audition chez un producteur dépité, et bien sûr, lors de cet enterrement totalement dingue.

Et quand c'est le très reconnaissable Marylin Manson qui apparaît dans un génial contre-emploi, on se dit quand même qu'on est franchement content d'être venus.

 

Une vraie curiosité, à découvrir et à savourer, pendant que la grosse comédie française tourne sur elle même et sur ses problèmes de financement.

C'est d'autant plus agréable de voir un doux dingue fauché sortir de son chapeau la plus enthousiasmante et les plus américaine des comédies.

 

 

 

 

 

 

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ge, et donne lieu aux scènes d'adieu digitales aussi déchirantes qu'inattendues.

Spike Jonze a réussi, on croit  cette impossible romance, sans juger, sans y mettre la distance méprisante qu'un tel sujet pouvait appeler.

 

Car le réalisateur a l'intelligence de ne pas chercher à répondre à la question : est-ce fascinant ou déprimant ? Et est-ce notre futur ? 

 

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

targets 25/06/2014 14:21

Mr Oizo, il ne sait pas faire que de la bonne musique, il sait faire des bons films aussi ;)