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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 08:30
La crème de la crème

 

 

Le film est vendu comme un Social Network à la française, version trash. Grandes écoles, élites, jeunesse, insouciance...

 

Mais, au vu du comportement exemplaire et moral du monde des affaires hexagonal, qui aurait-pu donc se douter que HEC renferme en fait une tribu de jeunes richards dévergondés qui viennent soulager leur stress de 2 ans de prépa en régressant spontanément au niveau Cro-Magnon dès la tombée de la nuit ?

 

Pas choqué d'enfoncer une porte grande ouverte à coups de futs de bière, Kim Chapiron nous déroule donc (sans grand éclat d'ailleurs) le tapis rouge pour entrer dans la vénérable institution. Après un discours d'accueil lénifiant sur l'élite (ça c'est fait), place aux choses sérieuses avec les bitures de compétition et partouses en vase clos.

 

Un voyage ethnologique peut-être surprenant pour ceux qui n'ont pas eu l'immense bonheur de connaître cette ambiance de franche camaraderie typique des grandes écoles, où l'effet troupeau permet de passer quelques années agréables de régression organisée avant d'aller bosser à la Défense.

Et pour rendre l'expérience encore plus plaisante, trois commerciaux dans l'âme montent un club de proxénétisme en attirant des jeunes filles belles mais pauvres dans les bras (et pas que les bras d'ailleurs) de jeunes fortunés qui ne sont pas à quelques centaines d'euros près...

 

Mais Kim Chapiron n'a (comme d'habitude) pas grand chose à dire une fois posé son concept, qui n'est même pas d'une grande crédibilité. Il aurait fallu une mise en scène précise et de dialogues ciselés pour nous faire avaler un morceau de cette taille. Alors qu'on navigue ici entre d'étranges confusions sur l'identité sexuelle, une misogynie un peu limite et des personnages très très chargés (le boutonneux ado hyper intelligent mais pas fini émotionnellement...)

Quand Chapiron tente la métaphore filée sur le sexe et la marché, c'est tellement mal écrit que ça ne est gênant. Quand il va opposer les Versaillais avec les prolos dans des visites de famille, c'est navrant.

 

Pas grand chose à montrer donc, et ses références au Social Network ne font qu'appuyer là où ça fait mal, pour un cinéaste dont la vacuité de mise en scène et de point de vue va finir par se voir...

Reste quand même de jeunes acteurs intéressants, un personnage féminin parfois troublant, quelques gags qui fonctionnent, dont une agréable vacherie sur les écoles d'ingénieurs.

 

C'est un peu court, jeune homme.

 

 

 

 

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Published by DH84
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