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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 09:20
Nebraska

 

 

Un vieil homme qui marche comme un zombie sur le bord d'une route urbaine du Montana. Un vieux schnock comme on en fait plus : aigri, têtu comme une mule, alcoolique, profondément acariâtre.

 

Il veut se rendre au Nebraska, à des centaines de kilomètres de là, pour retirer le million de dollars promis par un tract publicitaire qu'il ne quitte plus. C'est évidemment une arnaque de bas étage, mais rien ne semble pouvoir ramener le papy-rayon-de-soleil à la raison. Son fils se décide  l'emmener en voyage, jusqu'à ce Nebraska lointain.

 

On doit reconnaître à Alexander Payne qu'il choisit régulièrement des lieux insolites pour raconter ses petites histoires. Le Wine Country, les plages d'Hawaï, et maintenant ce Midwest profonde et bourru, presque la caricature d'une certaine  Amérique passée et complètement décérébrée. 

 

On reconnait avec plaisir la petite musique d'un réalisateur dont la principale marque de fabrique est de ne jamais se presser. Sur ce rythme aussi lent que la foulée de ce charmant aïeul, on parcourt donc les coins les moins sexys d'un pays, à la recherche du temps passé, des erreurs  des regrets. Avec une forte dose de mélancolie, parfaitement intégrée à ce splendide noir et blanc intense et lumineux.

 

Mais, alors que la majorité du film est en duo (entre père et fils), il s'avère beaucoup plus intéressant et convaincant en famille. Avec ces impayables cousins mono-neurones, ses oncles apathiques et ses tantes vénales. Avec cette mémorable virée dans une ferme grande ouverte. Et surtout avec ce petit bout de femme, probablement la mamie la plus décapante de l'année.

 

Car pour le reste, et malgré une interprétation haut de gamme, il ne s'agit "que" d'un énième variation autour d'un fils prêt à tout pour retrouver un père qui ne l'a jamais assez aimé. Symbole de cette impuissance, cette guitare langoureuse qui démarre invariablement chaque fois que le cinéaste n'a plus grand chose à dire, et filme en travelling les boutiques locales désœuvrées...

 

Et puis, la fin beaucoup trop facile vient ranger ce Nebraska dans les réussites mineures d'un Alexander Payne qui reste un cinéaste singulier et intéressant, avec de vrais moments de grâce

Mais pas toujours inspiré.

 

 

 

 

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Published by DH84
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