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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 09:22
Noé

 

Quand on a proposé quelques uns des films indépendants les plus importants des 10 dernières années (The Wrestler, Black Swan), arrive un moment où un gros studio vous signe un chèque en espérant que vous allez lui pondre un blockbuster à succès, tout en connaissant le risque de voir un "artiste" plomber son résultat d'exploitation.

Ca n'a pas raté ici : casting bizarre, retards, conflits de versions entre le réalisateur et le studio, échos apocalyptiques de tournage... un vrai cas d'école (sachant que le succès relatif du film va rapidement effacer ses mauvais souvenirs)

 

Le récit de Noé, donc, dans ses pans méconnus avec des géants de pierre et les fils de Caïn, mais aussi avec tout ce que l'on connait de l'histoire : l'appel divin, la pluie, l'arche, les animaux. Mais surtout une histoire de famille, d'héritage, de filiation, entre un père nihiliste bien décidé à en finir avec l'espèce humaine, et des enfants qui découvrent petit à petit qu'ils peuvent être sauvés pour une bonne raison.

 

Aronofsky prend, comme à son habitude, tout très au sérieux, avec force effets visuels, musique, et acteurs intenses. Jamais il ne cherche à intégrer de la légèreté ou de la malice dans un récit qui pèse des tonnes, et dans des personnages très chargés. Et malgré son savoir faire, c'est quand même le problème ici : on ne sait pas vraiment ce qui a l'intéresser dans cette relecture biblique.

Les références au gâchis environnemental humain ?

Le rapport ambigu à la foi et à la folie ?

Le souffle historique et religieux d'une histoire connue, pourtant pleine de sang et de violence ?        

Mystère.

Si son héros semble parfaitement savoir comment mener sa barque, le réalisateur reste dans un livre d'images (bien) illustrées, avec les scènes attendues (la construction, l'arrivée des animaux, le déluge), et une tragédie familiale qui est le vrai centre de gravité du récit. Un ensemble qui n'est pas repoussant, mais qui manque très souvent d'intérêt, tout simplement.

 

Ni un Russel Crowe survolté, ni les drames personnels, ni même ces belles images ne parviennent à donner à ce blockbuster la peine de s'y intéresser pendant plus de deux heures. Et même le métier d'Aronofsky ne sauve pas l'embarcation d'une demi noyade, dans une fin de film qui le rapproche dangereusement d'un sous Terence Malick (dans sa version pas inspirée)

 

En bref, même si le thème biblique porteur lui a donné un succès convenable, on est pas spécialement pressés de revoir ce grand réalisateur aux commandes d'un paquebot de cette taille. Ou alors sur un thème qui lui permette davantage d'exprimer tout son talent...

 

 

 

 

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Published by DH84
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