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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 09:12
Deux jours, une nuit

 

Caméra à l'épaule, grisaille, intérieurs tristes, bienvenue chez les Dardenne. Inlassablement, les deux frangins continuent de labourer la misère humaine et la détresse des petits dans leur Belgique natale.

Après avoir révélé de grands comédiens (Jérémie Renier, Olivier Gourmet, Emilie Dequenne), les réalisateurs se laissent convaincre par l'intégration d'une star galamour à leur univers dépouillé. Après Cécile de France, c'est donc THE star Marion Cotillard qui relève le défi. Avec brio.

 

Elle est Sandra, qui semble seule dans sa petite maison. Elle est agitée, inquiète. On comprend bientôt qu'elle se remet de quelque chose, qu'elle est encore fragile. Et pourtant il lui faut repartir au combat, pour convaincre un par un ses collègues de travail de l'aider. Car la Direction leur a laissé le choix : une prime ou la réintégration de Sarah, mais pas les deux. Il reste un week-end, soit deux jours et une nuit, pour convaincre la moitié des 14 personnes.

 

Le début du film peut rebuter. Que ce soit cette habituelle caméra à l'épaule, ou l'invraisemblance poussée de la situation de l'entreprise (pas très crédible), on pourrait craindre un film social qui va donner dans le pathos facile avec le grosses larmes de Marion Cottilard. Mais cela monte en puissance, doucement et surement. Si l'on oublie que la faiblesse du postulat de départ, le reste est passionnant.

Car chaque scène de confrontation va être différente et profonde. Chaque collègue va réagir à sa manière : la pitié, l'incompréhension, la colère, la tendresse, ...

 

Le film trouve dans la répétition des scènes et des situations une sorte de puissance, voir même de grâce, comme si il était possible de sonder tous les contours de l'âme humaine sur cette simple situation : se sacrifier ou non pour l'autre, chercher la justice pour soi ou pour tous, la solidarité ou la sécurité. On doit reconnaître aux Dardenne ce grand talent de ne jamais faire dans le manichéisme ou dans la caricature. Même si la sympathie va forcément vers Sandra, le scénario saupoudre régulièrement d'ambigüité les situations, et reconnait que tout n'est pas si facile.

Et puis il y a Marion Cotillard. Comme chez Audiard ou chez Gray, elle trouve ici une nouvelle occasion de briller dans un rôle très complexe. Lumineuse, désespérée, jamais dans l'excès ou dans le surjeu, elle mérite tous les éloges.

 

En particulier dans cette fin pleine de souffle, magnifique moment de communion et d'espoir. Qui met en relief cette empathie, cette façon unique de filmer des êtres humains sans les juger, avec affection et profondeur.

 

Un très beau film. 

 

 

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Avec un charme certain, et un cynisme absolu qui emporte tout sur son passage, le film devient alors un cirque grotesque et violent. Avec ce mélange unique de répulsion, de fascination et de liberté artistique. 

Welcome back David !

 

 

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Published by DH84
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