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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 08:23
Godzilla

 

Mettre en chantier un énième blockbuster catastrophiste à grosses bebêtes ?

On pouvait se préparer à sortir les pancartes sur le manque d'imagination d'un Hollywood en panne de créativité, qui enchaîne suites et reboots dans un mouvement pavlovien assez consternant. Mais voilà, dans le troupeau des photocopies, il y a parfois des perles. Et comme sa réputation flatteuse le laissait entendre, ce Godzilla nouvelle version vaut vraiment le déplacement.

 

D'abord parce qu'il y a un scénario digne de ce nom.

Loin, très loin, à des années lumières même du triste film de Roland "Panzer" Emmerich (en 98, avec Jean Reno), cette version 2014 ne se contente pas du minimum, à savoir un gros lézard qui vient relancer l'industrie de la déconstruction urbaine sur la cote Ouest américaine. C'est ici plus tordu, un peu plus complexe, et il vaut mieux ne pas trop en savoir en rentrant dans la salle, ce qui laisse un effet de surprise bienvenu dans une histoire que l'on croyait cousue de fil blanc. La destruction massive sera bien entendu au rendez-vous, mais le film ne tire pas sur la corde sans fin comme le ferait un Michael Bay en grande forme. A peine un gamin en danger, à peine une femme de militaire éplorée, et beaucoup de buildings qui s'effondrent, mais dans des grands angles qui rendent le spectacle parfois grandiose.

 

Sur ce canevas solide, le film s'avère être à la fois efficace, et même parfois brillant.

Efficace dans l'action, le suspens, dans un ensemble visuel à la fois élégant, cohérent et... crédible. Ce Godzilla ne lorgne pas du côté des pop-corn movies décomplexées. Peu ou pas d'humour, un sérieux papal à tous les étages, ce qui peut être réussi quand on a les moyens de ses ambitions. Et le réalisateur Gareth Edward les a.

Déjà très convaincant dans son (petit) film "Monsters", le metteur en scène prend les commandes du paquebot avec une aisance qui force le respect. Parfaitement cadré, rythmé, monté, son blockbuster de 50 tonnes semble parfois d'une légèreté assez confondante, et empile des scènes époustouflantes comme cette magnifique descente en chute libre sur San Francisco dévasté. Et parvient même à être franchement déchirant dans une scène d'ouverture incroyablement grave, dans laquelle Juliette Binoche est magnifique le temps d'un instant.

 

Mieux encore, le film se raccroche à l'origine du monstre : un Japon d'après guerre traumatisé par l'irradiation nucléaire. Et sort parfois du pur action movie pour filer la métaphore et nous projeter de plein fouet dans une réalité visuelle douloureuse, que ce soit Fukushima ou encore évidemment le tsunami asiatique. L'homme devenu fourmi face au déchaînement naturel ou artificiel. L'homme devenu une espèce menacée par ce qu'il a semé ou ce qu'il a réveillé... Avec au milieu de tout cela, des complotistes lunaires et des militaires dépassés.

 

Bien sur, mieux vaut ne pas être allergique aux explosions et aux effondrements, car le film remplir avant tout son cahier des charges de divertissement estival. Mais avec un savoir faire et une finesse qui devrait rendre vert de jalousie tous les Marvels du monde.

 

Le meilleur blockbuster de l'année, en attendant X-Men.... et Transformers 4 (non, je déconne)  

 

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Published by DH84
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