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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:27
Maps to the stars

 

 

Après s'être un peu perdu dans ses propres méandres, le toujours féroce David Cronenberg remet une nouvelle fois le couvert avec son meilleur ennemi : Hollywood.

Cela fait un certain temps que le réalisateur canadien se tient à distance des studios, sans jamais cacher son aversion pour un système pas assez créatif pour lui. Aujourd'hui, la charge est directe, violente. Un vrai direct à l'estomac d'un système passé au vitriol avec cruauté, ,et parfois sauvagerie...

 

Dans Mulholland Drive, l'héroïne arrivait à Hollywood dans une aveuglante lumière, avant que le rêve ne se transforme en cauchemar. Ici, c'est dans un sinistre bus de nuit qu'une curieuse jeune fille débarque, avant de curieusement solliciter les services d'un chauffeur-acteur-scénariste. Ils sont paumés, elle est brûlée, le cauchemar est déjà la....Les similitudes entre les deux films sont évidentes : rêves ou cauchemars éveillés, on se ballade dans le zoo à ciel ouvert qu'est devenu un endroit qui n'a plus grand chose d'humain.

 

Sur les traces de David Lynch, Cronenberg donne sa propre version, plus dense, plus facile à suivre, mais aussi beaucoup plus ostentatoire et cynique. Peu de poésie et de mystère ici, mais beaucoup de cris, d'injures, de décompressions brutales et de cauchemars. Et surtout plus du tout d'humain, chacun étant défini par sa place dans la chaîne alimentaire.

Une sorte d'épisode d'Entourage sous acide, plein de références et de mépris pour ce microcosme vaniteux et superficiel, tellement odieux qu'on voudrait presque qu'il soit vrai.

 

Il y a une actrice qui n'est plus toute jeune et qui s'effondre petit à petit (Juliane Moore, exceptionnelle).Il y a cet enfant-star qui perd les pédales, il y a ce chauffeur qui ne répugne pas devenir un objet de convoitise. Il y a cette curieuse jeune fille à moitié brûlée. Mais peut-être le personnages le plus violent est-il ce père de famille, pseudo-psy et gourou, auquel John Cusak prête sa bonhommie et sa dégaine de mec quelconque. Par son cynisme, son calme et son ambition, il semble résumer froidement un cauchemar qui se développe pourtant dans un écrin de rêve.

 

On les a pourtant vues 100 fois, ces grandes maisons lumineuses désincarnées, ses couloirs de bureaux brillants, ces plateaux de cinéma colorés. Avec son élégance et sa puissance habituelle, Cronenberg pose le malaise au paradis, ramène froidement la peur et l'horreur en pleine lumière, jusqu'à ce feu qui dévore tout sur l'affiche.

 

 

Avec un charme certain, et un cynisme absolu qui emporte tout sur son passage, le film devient alors un cirque grotesque et violent. Avec ce mélange unique de répulsion, de fascination et de liberté artistique. 

Welcome back David !

 

 

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Reste que l'on est en présence d'une honorable réussite, qui fait plutôt honneur à une franchise globalement de haute tenue. En attendant X-Men Apocalypse, le dernier épisode de la saga, dans la continuité d'une scène post-générique pour le moins mystérieuse... et frustrante.

 

 

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Published by DH84
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