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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 08:43
X-Men : days of the future past

 

Deuxième grande franchise de super héros, les mutants de la 20th Century Fox débarquent en force pour tenter de refaire le coup de leurs cousins Avengers, de la même famille originale (Marvel Comics), mais développée par un studio différent (Disney). Le business-model est clair : des spin-off où les personnages sont en solo (le comique "Wolverine" et le dramatique numéro 2) ou des prequels (l'excellent "X-Men First Class") qui se croisent et se rejoignent dans des grandes réunions de famille (les cross-over) à fort potentiel de destruction massive, où il faut faire de la place dans le cadre pour une bonne quinzaine de personnages avant qu'ils ne retournent à leur film dédié.

 

Osé, original (à l'époque), compliqué à développer, le modèle a fonctionné au delà de toute espérance chez les" Avengers", puisqu'il permet non seulement de faire des cartons monstres avec les crosss-over, mais aussi de booster considérablement les films solos pourtant beaucoup moins intéressants. Les résultats au box office du pénible "Iron Man 3", du triste "Thor 2" ou du limité "Captain America 2" sont là pour en témoigner.

 

Il n'a donc pas fallu longtemps aux mutants pour emboiter le pas, avec une couche supplémentaire de complexité puisque le récit est à cheval sur plusieurs époques. 

Tout part du futur, où le monde a été décimé par une guerre entre mutants et humains. Se sentant menacés, ces derniers se sont dotés de sentinelles, des robots capables de traquer les mutants et de les anéantir. Magneto et Charles Xavier envoient donc Wolverine dans le temps pour qu'il puisse arrêter cette guerre avant même qu'elle commence. Dans les années 70 où une certaine Mystique tente de contrarier les projets du complexe militaro-industriel, qui cherche à construire les fameuses sentinelles.

 

Avec son ton sérieux et apocalyptique,  cet avant-dernier volet de la saga revient aux bases d'une franchise délibérément sérieuse et violente. Même si le film réserve (évidemment) quelques sourires dans des moments de petite déconne, l'ensemble pose dès les premières images un monde de désespoir : des prisonniers dans des camps, des corps charriés par des pelleteuses, des villes abandonnées et une nuit permanente.

Le temps d'une exposition et du premier numéro des sentinelles, Wolverine se retrouve donc projeté dans les années 70 à courir derrière Mystique, en tentant de créer une unité entre des mutants divisés, avec des talents de diplomate pour une fois un peu plus marqués. Avec un tel fil rouge, le film trouve vite son rythme de croisière, bien aidé par une reconstitution sympa et le défilé efficace de mutants toujours plaisants, dont le très agréable petit nouveau QuickSilver.

Cela donne quelques très belles scènes de blockbuster, donc une sortie de Pentagone très amusante...On sait depuis longtemps que le réalisateur Bryan Singer est un excellent faiseur, capable de s'adapter à tout matériau, que ce soit le blockbuster (X-Men 2), le film historique (Walkyrie) et bien sur le film noir (Usual Suspects)

 

Alors pourquoi ce petit gout d'inachevé ? Probablement parce que la franchise dispose d'un potentiel énorme mais qui ne fonctionne que par intermittences.

Avec son casting royal, ses personnages multiples et malgré un scénario plus qu'honorable, le réalisateur ne parvient pas toujours à faire de la place pour tout le monde, et semble parfois enchaîner de manière stakhanoviste tous les passages obligés de l'exercice (anachronisme, clin d'oeil aux films précédents, méga scène d'action, engueulade, doute, etc...), en serrant très fort pour que ceux-ci tiennent dans une durée raisonnable qui permettra de gagner une séance par jour. Ce qui ne permet pas non plus d'exploiter parfaitement tous les thèmes de la franchise, de l'uchronie à la peur de différence..

 

Le montage sur deux arcs temporels différents n'est pas toujours bien exploité (surtout après avoir vu "Inception"), il y a ici peu de vertige et d'angoisse, même dans l'énaurme scène finale dont la gigantisme amuse, mais sans jamais donner le frisson qui devrait aller de pair avec un tel projet.

 

Reste que l'on est en présence d'une honorable réussite, qui fait plutôt honneur à une franchise globalement de haute tenue. En attendant X-Men Apocalypse, le dernier épisode de la saga, dans la continuité d'une scène post-générique pour le moins mystérieuse... et frustrante.

 

 

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Published by DH84
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