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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 09:20
The Edge of Tomorow

 

Il faut reconnaître quelque chose à Tom Cruise, c'est son opiniâtreté.

La cinquantaine vaillante, sa majesté n'en a pas fini avec l'action, les cascades et les blockbusters héroïques où il va sauver le monde avec ses petits bras musclés. Là où un George Clooney joue les producteurs classe, où Russel Crowe s'empâte dans des péplums bibliques ou des thrillers bas de plafond, où Johnny Depp prend n'importe quel chèque tant que ça paye, Tom Cruise ne lâche pas le morceau, et continue de donner de sa personne dans des gros films estivaux gonflés aux effets spéciaux.(avec plus ou moins de réussite il faut avouer, en allant de "Mission Impossible" à... "Oblivion") 

 

Et le film ? Sans trop de surprises, mais plutôt efficace.

D'abord parce que Tommy s'amuse (un peu) avec son image dans les premières minutes. Lâche, apeuré, déserteur, il se retrouve forcé de participer à une opération militaire de grande ampleur qui consiste à débarquer depuis l'Angleterre en Normandie (!) pour aller reprendre l'Europe envahie par de vilains aliens visqueux, ces derniers ayant essuyé leur première défaite à ... Verdun. (oui, quand les scénaristes s'amusent avec les références historiques européennes, c'est à géométrie variable). Bon, que tout le monde se rassure dans la salle, le couard en chef deviendra par la force des choses une foudre de guerre qui ira botter l'arrière trains des aliens avec une application toute américaine.

 

Mais on s'avance...car pour le moment, le brave soldat se rend compte qu'à chaque fois qu'il se fait tuer sur la plage du débarquement (et ça va vite, le Soldat Ryan à côté, c'est un pique-nique en famille), il revit la même journée en ressuscitant sur la base quelques heures avant le décollage...

 

Une fois lancé, le procédé scénaristique "Un jour sans fin" permet évidemment de tenir un peu la distance et de bien s'amuser. A la manière d'un jeu vidéo, Tom Cruise avance au fur et à mesure dans cette journée, en devant repartir du départ chaque fois qu'il a le malheur de succomber à ses blessures. Rien de bien nouveau depuis SuperMario sur GameBoy, en somme...

 

Et comme le réalisateur Doug Liman est (comme d'habitude) plutôt efficace, avec dans sa musette pas mal de moyens et des vannes bien calibrées, ça tient plutôt la route, d'autant qu'ils ont la gentillesse de bien gérer le timing et ne pas nous faire revivre la totalité de la journée à chaque fois. Quand il refont l'opération Overlord, c'est assez clair et propre même si ça reste du blockbuster basique, avec suffisamment de chaos pour monter la température.

Moins réussi, ces aliens humides et tentaculaires, sorte de croisement entre un poulpe, une éponge, et un rat d'égout. Et quand on monte dans la hiérarchie extra-terreste, ça ne s'arrange pas franchement avec de très moches créatures digitales, dont un anus bleu géant phosphorescent du meilleur goût.

 

Mais l'ensemble se tient grâce à un rythme adapté et une direction artistique plutôt convaincante. Et puis il y a toujours quelque chose de profondément amusant de voir Tom Cruise combattre les affres de l'âge en s'infligeant les pires services tout le long du film avec une application tout masochiste. (Non je suis pas vieux, je fais des chutes de 500 mètres de haut, des saltos dans le sable et je me fais rouler dessus par une divison de panzers... je suis pas vieux je vous dis)

 

Mais bon, passé les deux tiers du film, il faut emballer tout ça, donc on ressort les stupidités habituelles du placard des studios. Comme si le film mourrait lorsqu'il arrête de fonctionner en cercles temporels fermés.

Comme si après 1h15 de second degré, voire même de cynisme , il fallait absolument passer à autre chose et ressortir la grosse bertha patriotique pour aller sauver le monde avec une bande de marines burnés qui vont aller se sacrifier au front.

 

 

Dommage. En 2014, le sérieux ne sied pas bien à de grosses machines calibrées comme celle-ci. Et ça, même Tom Cruise devrait l'avoir compris au bout d'un moment, 

 

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En particulier dans cette fin pleine de souffle, magnifique moment de communion et d'espoir. Qui met en relief cette empathie, cette façon unique de filmer des êtres humains sans les juger, avec affection et profondeur.

 

Un très beau film. 

 

 

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Published by DH84
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