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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 11:44
The Raid 2

 

 

Petite bombe venue d'Indonésie, The Raid avait fait sensation par sa radicalité et sa brutalité, qui lui avaient valu un solide succès d'estime... et au box office. Mais après un film aussi original et décalé, pas évident pour le réalisateur Gareth Evans de remettre le couvert, au risque de faire tourner la photocopieuse. Exit donc le film d'action en huis clos, centré sur un lieu unique et une progression dans l'espace. Et bienvenue dans un polar asiatique de facture apparemment plus classique, qui n'est pas sans rappeler le John Woo de sa période Hong-Kongaise.

 

Car une fois sorti de l'immeuble infernal duquel il a réussi à s'extirper avec le parrain  local, le jeune flic Rama doit repartir en croisade pour infiltrer un des clans mafieux de la ville. De la prison où il se fait enfermer jusqu'aux salons polissés des chefs de clan en passant par tous les bouges de Djakarta, il va casser en morceaux tous les brigands qui vont avoir le malheur de croiser sa route. Et y a du boulot...

 

L'influence de John Woo est rapidement éclatante : la famille, l'honneur, un homme infiltré, des combats chorégraphiés et lyriques, on pense évidemment à "Hard Boiled" ou encore au "Syndicat du crime", et il y a des pires références... Quelques écarts quand même puisque Gareth Evans ne met pas beaucoup en avant les armes à feu (au centre chez John Woo), en préférant nettement les armes blanches ou le combat à mains nues.

 

A l'écran, les combattants semblent ne jamais s'arrêter, quelque soit leur état, ce qui peut parfois rapprocher l'action du gag. Les tibias explosent, les portes claquent, les vitres tombent, les nuques craquent, le sang coule à flot, dans un esthétique de la violence plutôt convaincante, comme dans le premier épisode. Avec un certain lyrisme et parfois même un peu de poésie  (la neige à Djakarta...).

 

Mais le film n'est plus un concentré d'action pur, mais plutôt un polar.

Où existent des personnages, quelques enjeux, quelques coups tordus, et même quelques rebondissements. Même si l'intrigue se développe dans des cadres bien connus (trahison, filiation, guerre des gangs), elle est assez convaincante, en particulier grâce à des acteurs tout à fait au niveau (ce qui n'est pas franchement toujours le cas dans les films d'action, notamment asiatiques). Les quelques personnages à peine dessinés, esthétisés, sont également réussis, en particuliers la triplette de tueurs psychopathes déployés avec gourmandise par le parrain boiteux aux lunettes de soleil.

 

 

Il manque juste à ce polar de très bonne facture un peu de suspens, un peu de densité. L'accumulation de combats où les assaillants semblent parfois venir s'empaler volontairement sur le sabre ou sur le poing du flic peut avoir quelque chose d'un peu lassant.

La psychologie basique et le manichéisme poussé vont aussi partie de l'exercice, mais n'allègent pas ce long film d'action estival, qui reste néanmoins très au dessus de la moyenne. 

 

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La pirouette finale au générique est comme un aveu d'impuissance d'un auteur qui n'a pas réussi à intégrer à son film un dixième du second degré qu'il voulait y mettre, et qui le pousse à la seringue dans un générique écrit. On laissera à ce Fastlife les points de la sympathie et de l'originalité. Un peu maigre quand même..

 

 

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Published by DH84
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