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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 12:43
Under the skin

 

Ca commence dans un grand moment d'abstraction artistique. Une musique sourde, des formes, de la lumière. Puis les formes prennent vie mais l'une est déjà amorphe. Un mystérieux motard, une jeune femme pulpeuse qui récupère des vêtements. Elle cherche quelque chose, dans une errance qui a l'air pourtant bien calculée. Le réalisateur Jonathan Glazer fait partie de ceux qui n'aiment pas tout expliquer, surligner pointer. Il laisse l'ambiance de son film parler pour lui.

 

Cette femme mystérieuse continue sa quête, patiemment. Ses questions nous aident à comprendre : elle cherche une homme seul, elle cherche à séduire, elle cherche à l'engloutir.

Envoûtant, étonnant, le film questionne notre rapport à la solitude, à la séduction, à la beauté, à l'image, dans ses paysages si particuliers d'Ecosse. Il est esthétiquement bluffant, souvent magnifique, régulièrement déstabilisant. Un vrai film d'auteur racé qui cherche surtout à ne pas être facile ou accessible.

 

Belle idée que d'avoir proposé à Scarlett Johansson, un des visages les plus familiers de la planète, de jouer cette étrangère anonyme et discrète. Cela termine la création d'un univers parfaitement cohérent, et très original. Jonathan Glazer semble vouloir nous emporter dans un vertige sans fin, dans des abysses de noirceur où l'on se dévore pour exister.

 

Mais son film manque cruellement de densité. Volontairement exsangue, Under my skin n'est pas très aimable malgré ses indéniables qualités artistiques. Sur la durée, sa sécheresse volontaire le dessert en rendant la projection parfois difficile (attention aux séances nocturnes, le film a une puissance soporifique assez rare)

Peut-être aurait-il fallu trouver une piste narrative plus intéressante que celle du prédateur s'ouvrant à la pitié et à l'empathie ? Peut-être aurait-il fallu à un moment donner plus de rythme à cet ensemble hypnotique qui devient de moins en moins surprenant au fur et à mesure que le film avance ? 

 

On ne peut pas déconseiller un tel objet, aussi beau qu'original. Mais on peut quand même prévenir que les meilleurs délires arty ne font pas forcément de grands films sur la longueur...

 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Julien Lahmi 08/07/2014 17:39

oui le film compte sans doute trop sur sa maestria formelle et oublie au passage que le cinéma est un art de la durée et du rythme.