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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:52
Elle l'adore

 

Avec un joli buzz (et un désormais peu crédible "label UGC"), "Elle l'adore" voulait passer pour le film français populaire un peu branché de cette rentrée. Avec l'excellente Sandrine Kiberlain et le génial Laurent Laffitte, l'affiche avait effectivement une certaine gueule. Malheureusement, c'est (encore) raté.

 

C'est une fan, une vraie. Le genre de fan à se rendre à des centaines de concerts pour voir son idole, à connaître sa vie par cœur et à collectionner des centaines d'objets inutiles. Le jour où un terrible accident domestique tourne au tragique, la chanteur choisit de se tourner vers elle pour le couvrir et pour effacer ses traces. Car qui pourrait faire le lien entre star millionnaire et ce petit bout de femme un peu lunaire ? Comment mieux perdre la police, qu'en demandant à une inconnue de l'aider ?

 

Le pitch a un peu de charme, les interprètes sont crédibles, on aurait pu avoir ici une très bonne comédie grinçante et très noire, originale qui plus est.

Mais patatras, la belle machine s'enraille très rapidement, laissant place à une perplexité assez totale au fur et à mesure que le film déroule son intrigue. Car la réalisatrice Jeanne Herry n'est pas dans son élément. Ni pour filmer une dispute conjugale, ni pour filmer la fascination d'une femme, et encore moins pour filmer l'emballement du thriller. Il aurait fallu du mystère, une ambiance fantastique, pour croire à une histoire aussi étrange, et il n'y en a pas une seule seconde à l'écran.

 

Résultat : on y croit pas beaucoup. Et le petit twist de milieu de film vient à peine relever la sauce que les flics débarquent avec armes et bagages (et clichés) pour mener l'enquête. Et là, le film s'enlise complètement, puisque lesdits flics tournent sérieusement en rond quand ils ne s'engueulent pas pour des histoires de cœur, ou qu'ils ne plaignent pas de leur métier difficile.

 

Si Sandrine Kiberlain a une très belle scène (la seule du film) au commissariat , Laurent Laffite erre alors comme une âme en peine en attendant la fin. On croit au twist final, à la scène ou à l'astuce qui va débloquer ce long couloir. Mais c'est un rebondissement téléphoné et totalement honteux qui vient débloquer tout le monde et conclure le film par une pirouette. Une facilité d'écriture indigne, qu'on ne passerait pas à un projet scolaire de lycéens, mais qui fait l'affaire de tout le monde, et permet de trouver une sortie de secours vers la fin.

Assez malhonnête, franchement paresseuse, cet épilogue de mauvais sitcom finit de déclasser un film qui a surnagé grâce à ses interprètes, mais qui n'a ni style, ni fond.

 

Jeanne Herry pourrait passer un coup de fil à Dupontel, il pourrait lui expliquer certaines choses.

Comme par exemple, comment créer une atmosphère dans un film.

Ou encore, ne pas prendre ses spectateurs pour des poires.

Ca pourrait aider.

 

 

 

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Nous avons donc ici un film indépendant américain qui ne brille pas par son originalité, mais clairement pas sa fraicheur et son émotion. Ce qui n'est déjà pas mal.

A dans 10 ans pour une bonne crise de la cinquantaine ?

Je suis assez preneur. 

 

 

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Published by DH84
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commentaires

Leo M 20/11/2014 15:44

Je trouve que ce long métrage aurait pu être mieux, même si l’histoire est intéressante.