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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:18
Samba

 

Comment rebondir après un succès aussi hors-normes qu’Intouchables ? Les co-réalisateurs Nakache et Tolédano n’ont pas eu la bêtise de tenter la photocopie, et s’éloignent même du genre de la comédie pure, pour aller chatouiller le genre doux-amer et social. Toujours des blagues, toujours un fond « sérieux », toujours un drame humain, mais beaucoup moins de burlesque. Et toujours Omar Sy au centre.

 

Le fond ne prêt pourtant pas spécialement à rire. L’histoire de Samba, immigré clandestin arrivé en France il y a 10 ans, n’est pas un fleuve tranquille. Malmené, trainé de tribunal en centre de rétention, il trouve un peu de soutien dans une association de protection des sans-papiers. Et en particulier dans le regard d’une nouvelle bénévole qui vient finir ici son congé maladie après un burn-out professionnel. Ils sont différents, mais tous les deux très très gentils et très très humains. Et ils ont tous les deux plein de problèmes. Elle est triste, il est joyeux.

 

Vous voyez ou on veut-en venir ?  Ce serai bien, car les efforts déployés par le film ne laissent pas beaucoup de place à la nuance. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, dans un monde de merde. Voilà comment on pourrait résumer un film « social » beaucoup trop inoffensif pour être percutant.

Faire rire sur de situations graves est un équilibre délicat. Le film y parvient par intermittences, comme dans ces très belles scènes polyglottes à l’association d’accueil, mais se troue régulièrement quand même (le strip tease à la Défense, embarrassant). Il y a pourtant une très belle description de ce monde parallèle, sous-terrain, de travailleurs acharnés, qui mangent des restes de banquets et vivent dans la peu que les gens qu’ils servent les renvoient chez eux.

 

Mais si l’univers est passionnant, dans la narration et les personnages, rien ne marche. Pourquoi avoir affublé Omar (sensé être en France depuis 10 ans) de cet embarrassant accent ? Pourquoi avoir tant chargé le personnage très stressant de Charlotte Gainsbourg ? Qui pourrait croire qu’on se remet d’un burn-out en allant travailler dans un lieu de tristesse, de dépression et de violence ? Qui pourrait prendre Tahar Rahim pour un brésilien ? (alors que tous les personnages y croient dur comme fer). Ce dernier, purement décoratif, devient d’ailleurs vite pénible avec ses mimiques de dragueur et sa lourdeur juvénile.

 

C’est long, très long, et assez vide en fait. Passé l’intérêt pour la jolie description de ce monde parallèle, le film s’étiole, et on baille fort pendant les tentatives maladroites d’Omar pour trouver l’amour au milieu de ses galères. Ce qui devient franchement désagréable quand le film verse dans le twist pathos, avec un dernier rebond qu’on est en droit de trouver relativement dégueulasse dans son traitement.

Bref, un cinéma pavé de bonnes intentions, mais qui se prend les pieds dans le tapis par excès de générosité. Et qui est incapable de traiter la tragédie autrement qu’en tournant la tête.

Ce qui est quand même un vrai problème…

 

 

 

 

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Jusqu’à la fin, puisqu’il faut bien finir. S’aimer très fort ne fait donc pas tout. Le bonheur n’est qu’intermittent.

Il est pourtant capté dans une scène extraordinaire, où l’image s’agrandit sous nos yeux. Sorti de son étroit espace carré, ce fils explore enfin la totalité du scope, dans un des plus beaux moments de liberté que l’on ait vu sur les écrans depuis longtemps.

 

Mais la plus belle scène nous est offerte quelques minutes avant le fin du film. Une mère regarde son fils au bord de l’eau, elle s’imagine ce qu’elle aurait voulu pour lui, ce qu’aurait pu être sa vie. L’image s’agrandit une fois encore, la musique se fait plus présente, Xavier Dolan réussit dans cette séquence magique à capturer une émotion pure et nous la servir dans un moment déchirant.

 

Et même si le retour sur terre est douloureux,  l’épilogue rebondit une fois de plus. La liberté, à tout prix. 

 

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Published by DH84
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