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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 09:24
La famille bélier

 

Du chant, de la bouse, de bonnes valeurs familiales : à mi chemin entre The Voice et le bonheur et dans le pré, le tracteur de la famille Bélier débarque pour les fêtes avec la ferme volonté de tout péter. Un futur hit, calibré pour un énaurme succès en salles et des dizaines d’articles ; en faisant bras d'honneur aux Inrocks et au reste du monde bien-pensant qui cherche du cinéma dans chaque long métrage.

 

Car de cinéma, il n’y en pas beaucoup dans l’histoire de cette ado qui vit à la ferme avec ses parents et son frères, tous trois malentendants (mais aussi drôles, engagés, volontaires, sympas et épanouis sexuellement). La fille en question se révèle être une véritable diva du chant (en 10 secondes chrono, le prof a une sacrée oreille), à qui on propose d'aller jusqu’à un grand concours à Paris. On vous laisse deviner la suite…

 

On en vient à chercher la signature de Luc Besson devant une telle prouesse de marketing gaulois, qui combine à peu près toutes les composantes d’un film populaire à succès. Le problème, c'est  que le réalisateur Eric Lartigeau confond parfois populaire et crétin.

On peut assez bien supporter la France de carte postale, les pieds dans le purin et les villages fleuris, le tout enrobé par les chansons de Sardou, ça fait partie du sujet.

 

Ça devient plus dur avec un rapport pénible à la politique (l’immonde maire véreux et les citoyens débiles), et au handicap, notamment quand Damiens philosophe depuis son tracteur en se comparant à Obama (« je vois pas le problème, il a réussi, il est noir, je suis sourd »). Aïe aïe aïe. A l’image d’un film qui ne fera jamais dans la nuance, ni dans le détail.

 

Et c'est franchement dramatique quand le réalisateur lâche en totale liberté les deux stars maison pour faire leur numéro : François Damiens en pré-néanderthalien lubrique, et la malheureuse Karin Viard branchée sur du 20.000 volt. Sommés de mettre l'ambiance, ils en font des surcaisses tous les deux dans une composition de clown qui met parfois assez mal a l'aise, voir plus (la scène des règles est franchement honteuse) Il faut dire que les roles sont sur mesure : Monsieur lit des bouquins politiques et se présente aux élections.  Madame lit Pancol, fait le petit déjeuner et va chez le coiffeur. Au secours.

 

Contre toute attente, c'est  donc le côté  nouvelle star qui est le moins raté.  Surtout grâce a la belle présence de Louane Emera, qui habite le role avec une surprenante maturité et une vraie fraîcheur. On en viendrait presque a être emu pour l'audition, et à suivre avec un semblant  d'intérêt  une romance adolescente pourtant sans aucune surprise.

 

Un probable futur gros succès, mais dont la lourdeur est difficilement excusable. Et qui risque de cliver une nouvelle fois les gentils français populaires et les affreux bien-pensants et les gentils

 

Choisissez votre camp ! 

 

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Published by DH84
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