Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 09:30
La french

 

On l’a un peu oublié, mais dans les années 60 et 70, la plate-forme mondiale de distribution de drogue était Marseille. La fringante cité phocéenne avait su tirer parti de son implantation méditerranéenne pour faire le lien entre les centres de production de morphine en Asie, et le marché américain en plein boom. Jusqu’au démantèlement de la filière par des équipes franco-américaines, sous l’impulsion de plusieurs chefs de guerre, dont le juge Pierre Michel.

 

Et c’est donc Jean Dujardin qui s’y colle, dans un polar qui se voudrait classieux, ample, historique. Que ce soit la voix-off, le rock ou les plans à rallonge qui suivent un personnage, le réalisateur Cedric JImenez (auteur de.... "Bangkok Fighter") met clairement ses pas dans ceux de Scorsese, pour nous offrir les Affranchis sur la Canebière.

 

Malheureusement, l’auto-référencement n'est pas forcément un gage de réussite. Dès la première scène tendue, une explication entre un caïd et un petit malfrat, la comparaison fait mal. Pas de tension, pas de crédibilité, un champ/contre-champ basique : rien ne marche. Pas de montée d’adrénaline, pas de dialogues qui claquent, rien. Et l’ensemble du film sera de cet acabit : de beaux atours mais peu de personnalité et de talent. Malgré les règlements de compte, les planques, les poursuites, les intrigues politiques, on regarde avec un intérêt poli cette fresque historique, sans jamais en sentir le souffle.

 

Témoin du malentendu : le pauvre Gilles Lelouche, qui fait tous les efforts du monde pour passer pour le Don Corleone des Bouches du Rhône. Mais avec son expressivité réduite et ses manières de nounours, on ne marche pas (et ça n’aide pas de parler italien avec un accent français à couper au couteau quand onincarne un truand sicillien…). Le pauvre Magimel n’est pas franchement à la fête non plus dans son rôle de psychopathe (mais lui, c’est pas nouveau)

 

La french est donc un polar sudiste de facture les plus classiques, sur catalogue : la femme de flic au bout du rouleau, l’indic corse véreux, le brave flic moustachu, la potiche du mafieux, les coups de fusil dans la garrigue, le pastis,   …

 

Reste donc Jean Dujardin, vraiment bon, avec son personnage pas très complexe, mais qui donne à lui seul le souffle qui semble manquer à cette grosse production un peu timide et un peu poussiéreuse. Qui donne surtout envie de se repasser « Heat » ou « Les Affranchis ».

C’est déjà ça…

 

 

 

 

Page Facebook

Compte twitter

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires