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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 08:25
A most violent year

 

 

New York, 1981. Un nouveau riche immigré tente de faire grandir son business de distribution de carburants. Mais ses chauffeurs se font agresser, le procureur lui tombe dessus pur une histoire d’évasion fiscale. Et le terrain qu’il veut acheter semble lui glisser entre les doigts.

 

Cinéaste pour le moins déroutant, JC Chandor change donc une nouvelle fois de registre, avec un culot qui force le respect. Après le huis clos boursier shakespearien (« Margin Call ») et le film concept de naufragé (« All is lost »), il se lance dans le grand bain du film classique américain, et à New-York s’il vous plait.

Car le bonhomme est furieusement doué. Pour écrire d’abord, car cette histoire de guerre économique locale ne cède à aucune facilité. Pas de grand méchant italien, pas de plats de spaghetti, pas de règlements de compte mafieux dans Little Italy, Chandor connaît trop ses classiques pour tenter l’imitation. Plus qu’une relecture, un détournement. La limite devient fine entre le gangster et le businessman, comme un écho à son premier film où les financiers apparaissaient comme des parrains.

 

Le polar devient donc avant tout une guerre économique, une guerre d’usure, une bataille pour que chacun puisse trouver sa place. Et dans cette nasse, plusieurs personnages fascinants.

Le héros, évidemment, l’homo sapiens américain qui se bat contre l’adversité, croit en sa bonne étoile et ferait passer Job pour un modeste plaisantin. Il court après sa réussite, parfois littéralement, pendant que l’enfer s’ouvre sous ses pieds, et qu’il doit régler lui-même un par un tous ses problèmes. La femme ensuite, brillante, intelligente, un peu perverse. Essentielle dans ce jeu d’échec, même si elle n’est pas au centre. Inutile de préciser que Jessica Chastain est merveilleuse, une fois de plus.  Mais il y a aussi ce jeune chauffeur immigré, cet avocat rassurant, ce concurrent cynique, autant d’ombres que l’on croise des luxueuses demeures de New York jusqu’au zones industrielles du fleuve.

 

Car JC Chandor, en plus d’être un scénariste doué, est également un réalisateur passionnant. Par son utilisation des décors naturels d’un New-York qui semble maintenant préhistorique, par la précision chirurgicale de sa mise en scène, par ses incroyables scènes d’intérieur (avec une lumière sublime), le réalisateur réussit un film d’une élégance rare. 

 

Un réalisateur ambitieux, une intrigue tordue, une lumière fascinante, de très grands acteurs. Une certaine vision du classicisme américain qui fait plaisir à voir. 

 

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Contre toute attente, c'est  donc le côté  nouvelle star qui est le moins raté.  Surtout grâce a la belle présence de Louane Emera, qui habite le role avec une surprenante maturité et une vraie fraîcheur. On en viendrait presque a être emu pour l'audition, et à suivre avec un semblant  d'intérêt  une romance adolescente pourtant sans aucune surprise.

 

Un probable futur gros succès, mais dont la lourdeur est difficilement excusable. Et qui risque de cliver une nouvelle fois les gentils français populaires et les affreux bien-pensants et les gentils

 

Choisissez votre camp ! 

 

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Published by DH84
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