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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 09:03
Jupiter : le destin de l'univers

 

 

Les Wachowski restent une forme d’énigme à Hollywood. Auréolés d’un succès monstre avec le premier Matrix, ils n’ont eu de cesse de tester, chercher, défricher, repousser les limites du film de divertissement, avec quelques catastrophes en route, mais aussi de très belles réussites injustement boudées (dont le formidable Cloud Atlas). On ne peut pas reprocher au duo son manque d’ambition, chaque film

 

Et Jupiter ne déroge pas à la règle, même si le pitch semble relativement classique : une Cendrillon des temps modernes, qui fait le ménage dans des baraques friquées de New-York, voir débarquer des mercenaires intergalactiques qui lui apprennent qu’elle est de sang royal, mais au niveau de l’univers, la Terre n’étant qu’une toute petite partie de l’Empire.

Et le reste de sa royale famille n’a pas l’intention de la laisser venir réclamer l’héritage chez le notaire du coin. D’où quelques sévères bastons entre les différentes équipes venues pour intercepter son Altesse.

 

Ça parait complètement idiot dit comme ça, mais ça marche.

Ça marche même très bien, grâce au savoir-faire des réalisateurs qui déroulent avec un plaisir communicatif leur relecture de conte de fées intergalactique. On sent l’influence du « Dune » de Lynch dans l’ostentation complète de décors et des costumes, dans le kitch ambiant et dans le numéro très exagéré (mais très efficace) des méchants de service. Tout est dans l’excès, tout déborde, tout menace de craquer, mais ce genre de film pachyderme un peu dingue provoque à l’arrivée beaucoup plus de plaisir que nombre de blockbusters formatés et tristement prévisibles.

Car ici, il y a des bottes supersoniques, des loups garous repentis, une maison des fous, des sorties dans l’espace avec 37 secondes d’oxygène, et beaucoup d’autres choses encore. Et puis il y a Channing Tatum, très à l’aise dans ses baskets de vagabond interstellaire.

 

 

Mais il y a quand même une déception, et elle se situe davantage dans les accélérations du manège. Si les grandes scènes d’action sont parfois fascinantes, elles sont rarement virtuoses, et parfois totalement abstraites.

Cette virée dans le ciel de Chicago aurait pu être grandiose, dingue, mémorable, elle est juste curieuse, tant les Wachos se semblent pas savoir ce qu’ils filment, leurs personnages toujours en mouvement, où les buildings qui s’effondrent autour d’eux. Un pêché d’excès que l’on est prêt à pardonner vu le bonheur que le film procure, mais qui laisse quand même un léger goût amer dans la bouche.

 

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Et comme les grosses ficelles de Weinstein commencent à se voir, pas d’oscar en vue pour la belle machine. Même Benedict Cumberbatch devrait se voir siffler la statuette par … un autre biopic sucré, celui de Stephen Hawkings. Comme quoi, on peut être battu à son propre jeu

 

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Published by DH84
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