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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 22:33
Birdman

 

Riggan Thomson, ancien super héros, tente de se décoller du monde des blockbusters en montant une pièce à Broadway. Mais dans une journée de dingue, tout va de travers. Un second rôle est nul, puis viré, son ex-femme débarque, pis sa fille, un nouvel acteur est embauché mais il est odieux, la plus grande critique de New-York menace de lui faire la peau.. bref, la catastrophe.

 

Délire intérieur et théâtral, ce Birdman se distingue d’abord et avant tout par sa virtuosité technique. Filmé commun grand et unique plan séquence, le film tire parfaitement parti de son décor de théâtre et des extérieurs de New York pour nous balader dans tous les sens du terme.

Avec une agilité déconcertante, la caméra se faufile dans les couloirs, dans les loges, derrière les décors, puis sur la scène, pour que l’on ne perde pas une miette de cette incroyable mise en abîme de l’esprit d’un homme qui tente de s’envoler avec le théâtre, comme pour se décoller d’une image et d’une identité dans laquelle il ne se reconnait plus. 

 

Et tout ca se passe dans de grands cris, dans une succession mémorable d’engueulades à tous les étages, à mesure que la pièce semble foncer droit dans le mur. De cette succession de hurlements, on retiendra surtout la performance dingue d’un Edward Norton survolté, complètement hallucinant dans ce rôle d’acteur qui retrouve sa libido sur scène.

 

De l’âme, des idées, beaucoup d’intelligence et un vrai parti pris artistique, Une manière assez culoté de faire se rencontrer le monde des blockbusters ringards avec celui de Broadway, de croiser les artifices des effets spéciaux avec un voyage intérieur et profond.

Ce Birdman mérite-t-il alors tous ces oscars ? Pas forcément,

 

Car le film ne dépasse jamais son concept. Innaritu s’y accroche, s’y cramponne, mais ne fait évoluer ni les personnages, ni les situations. Tous autant qu’ils soient, on les retrouve dans les dernières images comme ils étaient dans les premières.

 

Alors que sa caméra ne cesse de bouger en suivant Michael Keaton, le film est curieusement statique. Et finit par chercher à faire monter la pression avec pas grand-chose. Innaritu a délaissé la profonde émotion de ses films précédents pour quelque chose de plus mécanique. Et même si on est plus que contents de revoir Michael Keaton en si bonne forme, le film ne tient pas toutes ses promesses. Mais reste un bel objet. 

 

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Published by DH84
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