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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:09
CitizenFour

 

 

L’oscar du meilleur documentaire a donné à CitizenFour une belle publicité au moment de sa sortie en salles en France. Et remet sur le devant de la scène cette incroyable histoire, furieusement actuelle. C’est un petit gars qui ne paye pas de mine, un analyste brillant engagé par un contractant de l’armée américaine. Il fait partie d’un immense système de surveillance mis en place par la NSA après le 11 septembre, qui peut capter n’importe quelle communication dans le monde. Dans le plus grand secret, les Etats-Unis espionnent donc tout le monde et chacun. Leurs propres citoyens, des dirigeants étrangers, des entreprises. C’est tout ce système qu’Edward Snowden va révéler, se mettant sur le devant de la scène pour donner une figure et une consistance à son histoire.

 

Pour l’aider dans la diffusion des informations, une équipe de journalistes avait été soigneusement choisie par ses soins. Une documentariste a fait partie de l’équipe, ce qui nous permet de découvrir les coulisses de l’opération avant son lancement. Il ‘agit donc bien d’un document historique, puisque l’on suit Snowden et toue l’équipe dans la préparation puis l’exécution d’un des plus grands coups médiatiques de l’histoire moderne.

 

Passionnant, de voir avec quelle lucidité l’analyste démonte avec le plus grand calme un système fondamentalement mauvais, mais pourtant mis en place avec une hypocrisie totale. (les mensonges de la NSA au Congrès sont particulièrement frappants)

Fascinant, de comprendre avec quelle intelligence et avec quelle précision il a préparé son opération, qui n’a pu réussir que grâce aux mois de prudence et d’anonymat qu’il a conservés avant de se montrer aux journalistes avec qui il avait pris contact.

Emouvant, enfin, d’entendre ce jeune homme accepter qu’il ne pourra plus voir si sa compagne, ni sa famille, sachant qu’il sera pourchassé par les Etats-Unis dès qu’il aura assumé ses fuites.

 

Au-delà de son sujet passionnant et historique, le documentaire est une petite merveille de précision et de rigueur. Une construction en trois temps, dont les scènes dans la chambre de l’hôtel de Hong Kong sont le centre. Avant, des mails cryptés, des rumeurs, des murmures. Après, une traque, le monde du renseignement qui vacille sur ses bases, la rocambolesque évasion et le transit dans l’aéroport de Moscou.  

 

Bienvenue dans le monde de la paranoïa et de la surveillance. Le genre de monde où l’on ferme les rideaux pour taper son mot de passe. Le genre de monde où plus rien n’est privé. Le genre de monde où les lanceurs d’alerte sont pourchassés par l’administration du « pays des libertés »

 

Autant de raison qui rendent ce document indispensable. 

 

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Alors que sa caméra ne cesse de bouger en suivant Michael Keaton, le film est curieusement statique. Et finit par chercher à faire monter la pression avec pas grand-chose. Innaritu a délaissé la profonde émotion de ses films précédents pour quelque chose de plus mécanique. Et même si on est plus que contents de revoir Michael Keaton en si bonne forme, le film ne tient pas toutes ses promesses. Mais reste un bel objet. 

 

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Published by DH84
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commentaires

de vergnies 09/03/2015 22:06

Merci pour cet article .