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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 09:07
Hacker

 

Au XXIème siècle, comme chacun le sait, plus rien n’est sécurisé. Un hacker performant peut s’introduire dans n’importe quel système informatique, et causer des catastrophes en série. Plus propre et moins exposé que de se risquer sur le terrain. Quand une centrale atomique chinoise est au bord de l’explosion à cause d’un virus informatique, les américains sortent de mauvaise grâce un redoutable hacker de sa prison pour partir en chasse.

 

La trame de départ est d’une banalité confondante. Sortir un criminel de prison pour en chasser un autre, dans un combat entre le cool (le « gentil » criminel) et le sombre. Et les premières scènes ne rassurent pas beaucoup : le hacker pirate … la cantine de la prison, les premières images numériques pour nous guider dans les réseaux sont appuyés et pas très agréables, la guerre entre services commence, bref, on est dans un film d’espionnage un peu trop évident.

 

Mais après ce début poussif, la traque commence. Et Michael Mann reste probablement le meilleur réalisateur au monde pour mettre en image une traque, du mouvement, une recherche, des fuites. Loin des sujets plus classiques dont il a l’habitude, il se fond ici dans son époque avec une habileté réjouissante, sans oublier de complètement détourner les codes du genre. s

 

L’ennemi est invisible, la menace permanente. On ne s’expose plus sur le terrain, on loue les services de barbouzes violents et expéditifs. Le centre du monde n’est plus aux USA, mais bien entre Hong Kong, Pékin et l’Indonésie, où les officiels américains semblent de plus en plus débordés. On ne fait plus sauter une banque, mais on spécule sur les catastrophes et les matières premières en réalisant des montages off-shore.

 

Derrière ses airs de petit polar nerveux, Hacker est donc un film furieusement d’actualité, servi par l’habituelle maestria de Michael Mann.  Images, couleurs, mouvements de caméra, tout est d’une fluidité imparable, d’une grande beauté, et implacable dans son déroulement. Et mêmes les personnages secondaires que l’on imaginait écrits à gros traits s’avèrent plus profonds que prévu

 

Et quand la violence rattrape, les fusillades sont d’une sècheresse et d’une force impressionnante. La mort frappe à l’aveugle, mais il faut encore fuir. Jusqu’à cette scène finale virtuose de couleurs dans une fabuleuse cérémonie balinaise. Fini les claviers, les virus et les Firewall. Retour à la bestialité, au contact, et à l’humain.

 

L’effet est dingue, le film parfaitement maitrisé, et génialement décalé.  

 

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Published by DH84
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commentaires

alexis 24/03/2015 09:34

Que c'est triste, de voir ce film ignoré, boudé, sinon moqué par des gamins dont la cinéphilie est de calibre à comparer Blackhat avec Kingsman en clamant que Michael Mann c'est "trop mou". Puis l'on suit le lien d'une critique positive (très bien ta critique, d'ailleurs !) jusqu'à un blog où l'on trouve en en-tête des images de Coppola, de Scorcese, de Malick, de Paul Anderson, de Cronenberg (l'homme sur la pelouse c'est History of violence, je me trompe pas ?), de Tarantino ou de Fincher. Y a pas de mystère.

C'est cruel de voir ce cinéma-là devenir "ringard" aux yeux d'un public de plus en plus nourri au film d'action putassier. En même temps ça fait plaisir de lire des lignes qui le reconnaissent à sa juste valeur !