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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 08:32
Inherent vice

 

 

 

Comment déconseiller un film que l’on a aimé ? Voilà la curieuse question à laquelle on risque de se trouver confrontés à la sortie de ce nouvel OVNI de Paul Thomas Anderson.

L’enfant terrible du cinéma américain continue à n’en faire qu’à sa tête, et tant pis si il perd beaucoup de monde en route, il assume son statut d’artiste têtu, à qui personne ne tord le bras quand il s’agit de son film.

 

Et ce n’est pas franchement un film à proprement parler, plutôt un labyrinthe vaporeux dans lequel on évolue entre deux inspirations de cannabis. Une expééreince fascinante, dans laquelle le spectateur est amené à ne faire qu’un avec son narrateur, c’est à dire être aussi paumé et décalqué que lui. Mais aussi heureux.

 

Ce narrateur, c’est Doc (Joaquin Phoenix),un privé sous acide qui voit débarquer chz ui un soir son Ex et ses sales histoires. Un mariage en train de se briser, un magnat de l’immobilier, une disparition, et voilà Doc en train de faire le tour de la ville pour tenter de démêler un sac de neuds de moins en moins clair au fil de minutes. Il y croisera un flixx rigide, un saxophoniste, un mafieux black, la congrégation aryenne, et un densiste timbré. Soit toute la faune d’un Los Angeles des Hippies en train d’entonner son chant du cygne.

 

On ne comprends pas toujours tout. Parfois, on ne comprend plus même plus rien. Les personnages se défoncent allègrement, et nous avec. Et pourtant, l’ensemble est d’une grande cohérence.

C’est la performance ultime, de parvenir à captiver avec des situations, des personnages, des ambiances, des gags et des ellipses. Sans que tout n’ait du sens à tous les étages. La mise en scène incroyablement précise et lumineuse de PTA parvient à cet exploit, nous sortir de la quête du sens pour nous déplacer petit à petit vers celle du ressenti, du moment présent. Comme un bon vieux fumeur de joints. C’est très drôle, incisif, grâce à quelques séquences fabuleuses, et de grands acteurs à tous les niveau, dont Josh Brolin, impayable en flic Nixonien.

 

Tout cela donne un long métrage de 2 heures et demie, croisement incroyable entre David Lynch et les frères Coen, sorte de Big Lebowski vue par la focale de Muholland Drive.Une ballade un peu dingue contée en voix off par une jeune fille que l’on croise parfois à l’écran, peut-être le film le moins accessible de son auteur, mais aussi un des plus lumineux et des plus drôles.

Depuis deux films, PTA chasse toute facilité, comme si son grand œuvre There will be blood lui suffisait dans le registre du film monstre classique. Mais en attendant, quel bonheur que cette évasion complète et totale. 

 

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Bienvenue dans le monde de la paranoïa et de la surveillance. Le genre de monde où l’on ferme les rideaux pour taper son mot de passe. Le genre de monde où plus rien n’est privé. Le genre de monde où les lanceurs d’alerte sont pourchassés par l’administration du « pays des libertés »

 

Autant de raison qui rendent ce document indispensable. 

 

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Published by DH84
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