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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 12:36
Good Kill

 

La guerre a changé.

 

Malgré les dernières tentatives un peu pathétiques d’Hollywood pour nous faire croire au mythe du héros invincible (Oui, American Sniper, on parle de toi), la plus grande partie de la (ouvrez les guillemets) « guerre contre le terrorisme » passe par l’utilisation massive de drones. Des avions dirigés depuis les Etats-Unis, par des pilotes qui disposent alors d’outils incroyablement précis pour traquer l’ennemi. Si on les voit régulièrement apparaître dans les films ou les séries, pas grand monde ne s’était encore intéressé au pilote lui-même.

Le genre de type a la vie bizarre : bombarder des cibles urbaines et causer des dizaines de morts, puis aller chercher les enfants à l’école et rentrer chez soi pour le barbecue.

 

Un sujet en or, dont s’est saisi le très irrégulier Andrew Niccol.

Un sujet en or qui a le mérite d’être mis en images, mais dont il ne tire pas toujours parfaitement le potentiel. A l’intérieur des cabines, le film est souvent passionnant. En refusant délibérément de donner d’autres images du terrain que celles que voit le pilote, l’effet est saisissant. Les explosions se font sans bruit, les « ennemis » sont toujours vus de haut, on aurait presque la sensation d’une guerre propre et chirurgicale.

 

Mais des civils se retrouvent inévitablement pris dans les feux. Et avec les doutes des pilotes apparaissent les missions « top secret » de moins en moins encadrés. Formidables séquences, où un anonyme chef de programme de la CIA donne des ordres par téléphone, justifiant la plus grande sauvagerie dans une novlangue de technocrate parfaitement maitrisée et totalement culpabilisante. Terrifiant.

 

Mais quand on sort de la cabine, c’est pour se rouler dans un pénible mélo de retour de guerrier rarement passionnant. C’est cette partie qu’Andrew rate, incapable de créer des enjeux et des personnages complexes (le militaire fatiguée, la femme fatiguée, les copains fatigués, l’officier supérieur fatigué, …). On en vient à avoir envie de retourner dans la cabine, ce qui est quand même un comble au vu des objectifs du film.

Cela n’enlève pas l’intérêt d’un film utile et important, mais qui n’est pas le coup de poing salvateur qu’il pourrait être…

 

 

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Published by DH84
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