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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:43
Mad Max Fury Road

 

Depuis plusieurs mois, le buzz était ascendant : ce nouveau Mad Max allait être une tuerie. Dans tous les sens du terme. Sa présence à Cannes semblait renforcer cette impression, même si ce n’est pas nécessairement un gage de qualité pour les blockbusters (remember Indiana Jones, 5ème du nom). 

 

Curieux projet, que cette résurrection d’un vieux film culte, monté à l’époque avec un petit budget et quelques bricoles. Mel Gibson n’étant plus apte pour le service, on le remplace par une version plus jeune, en gardant cet univers désertique de désolation où la race humaine se déchire autour des dernières ressources disponibles, pétrole et eau en priorité. Mais l’époque du bricolage est bien terminée, le réalisateur George Miller (rappelé à  70 ans aux commandes de son bébé) dispose de gros moyens pour mettre en image cet univers. Seulement, cette profusion ne nuit jamais au film, car Miller est beaucoup trop malin pour se laisser enfermer dans un quelconque formatage. Il y a qu’à voir comme il expédie le prologue pour nous plonger directement dans la citadelle, se désintéressant presque de son héros dans le premier tiers du film.

 

Le film est malin, agile, ne s’appesantit jamais, y compris sur les histoires personnels et les fantômes, poncifs de ö combien de blockbusters lourdauds. Et puis surtout, il y a la vitesse.  Le film semble être pris dans un mouvement perpétuel. Les rares fois où l’on s’arrête, c’est pour préparer le départ suivant, l’itinéraire qui va suivre, et donc la prochaine bataille routière, qui va laisser sur le bord de la piste son lot de métal calciné et de cadavres démembrés.

 

Mais cet amoncellement de bruit, de morts et de fureurs passe comme une lettre à la poste. D’abord parce que Georges Miller n’a pas peur du too much et ne cherche pas forcément le bon gout. Voyez plutôt : Charlize Theron se balade avec un moignon, le méchant est un croisement entre Amanda Lear et Pinochet atteint de la lèpre, ses confrères sont à peine moins ridicules, et l’armée traverse le désert avec un char façon Cléopâtre ou s’exténuent des joueurs de tambour et un guitariste survolté. La classe mondiale.

 

Dans un écrin pareil et sur un rythme effréné, l’action se développe naturellement : les carcasses volent, les véhicules brûlent, les corps sont déchiquetés par les roues, chaque scène semble vouloir surpasser la précédente dans la démesure et la dinguerie. Un vrai bonheur de montage et de savoir-faire, et mais aussi un film qui gère remarquablement son économie de mots. Le héros ne décoche sa première phrase au bout de la moitié du film, et pas grand-chose n’est expliqué. Reste alors le sable, l’action, la vitesse et la sauvagerie. Reste alors un monde de cinglés, un peu de douceur, et un chemin semé d’embûches pendant lequel chacun va (évidemment) se révéler.

 

Et au final, ce curieux équipage va prendre la roue pour une dernière virée héroïque dans le désert et les montagnes, après s’être toisé pendant des jours. Comme dans n’importe quel bon western. Avec ses femmes amazones, son refus du compromis et son coté grand guignol, ce Mad Max 2.0 fait un bien fou à tout le monde, en célébrant dans la fureur et les pneus brûlés un cinéma commercial qui n’a pas perdu son âme.

 

 

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Published by DH84
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