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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 08:06
Alabama Monroe

 

 

Ils se rencontrent, ils se plaisent, ils s'aiment, chabadabada. Elle est tatoueuse, il est chanteur de folk.

Le paradis ? Pas tout à fait, puisque le film se projette rapidement dans un futur hospitalier, dans un service de cancérologie où la petite fille du couple est admise pour ses chimiothérapies. Malheur, larmes, désespoir, dépression. En traversant une telle tempête, le couple vacille sur ses bases...

 

Voilà l'archétype d'un film survendu.

Une campagne de publicité à la limite de la malhonnêteté qui cache les deux tiers du film (la maladie), quelques critiques qui surfent sur le "renouveau" du cinéma belge (notez les guillemets), un sujet inattaquable, des pauvres à l'écran : vous êtes priés de trouver le film formidable sinon vous n'avez pas de cœur, d'autant qu'UGC multiplie les salles pour attirer le chaland.

 

Mais voilà, malgré son sujet, ou peut-être à cause de lui, le film n'a rien à dire.

On est forcés de faire le parallèle avec "La guerre est déclarée" qui, sur un sujet très proche, était une formidable boule d'énergie et d'émotion, portée par un montage incroyable. Rien de tout cela ici puisque la seule marque de mise en scène consiste à faire des aller-retours temporels réguliers, pour nous ramener dans la chambre d'hôpital.

 

Nous sommes donc priés de souffrir et de pleurer avec cette famille au bord du précipice. De voir chaque partie du délitement d'un couple subi à la pire épreuve qui soit. C'est très pénible, épouvantablement long, et sans aucun objectif. Du misérabilisme en plaquette, de la tragédie à la becquée, qu'on doit ingérer en silence en plaignant de toute notre âme ces malheureux qui prennent sur la figure toute la misère du monde, avec dignité évidemment.

 

"Alabama Monroe" semble vouloir attraper au vol une histoire à la fois belle et tragique, mais jamais le cinéaste ne se rend compte que filmer deux être sur le déclin et la destruction d'un couple par la tragédie et la maladie ne fait pas un film. Haneke et son "Amour" en avaient déjà apporté la preuve.

Dans ce (très) très long chemin, reste quand même quelques belles éclaircies : les passages musicaux. Soudain, l'émotion affleure, les sourires et les larmes prennent du sens, on a envie d'être aux côtés de ce groupe de folk et de la voix sublime de sa chanteuse.

Mais pour le reste, on pourra s'épargner cette interminable descente aux enfers...

 

 

 

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Published by DH84
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DH84 08/09/2013 19:16

Ouais, je sens bien que je suis un peu seul sur ce coup là...
Et la subjectivité, c'est un peu la base du truc.

Je suis complètement passé à côté, ça m'a ulcéré par moments, voilà tout. Et le fait que la mise en scène, le montage et l'image soit honnêtes n'a pas suffit, le fond est vraiment trop pénible

Donc oui, sans hésitation, je préfère aller voir un gros produit marketing qui pue le pognon hollywoodien, mais qui remplit son contrat.
Comme Lone Ranger par exemple..

Joliske 08/09/2013 15:33

Un beau blabla tout en subjectivité qui ne parle pas à un seul moment de technique de film ou de réalisation. Les goûts et les couleurs ne suffisent pas à faire passer le goût de l'incompréhension surtout lorsque la mixture hollywoodienne bienséante se voit décerner 3 étoiles (Lone Ranger, Elysium).