21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 08:06

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Lorient, l’air de l’Océan et la crise économique. Sensation dans un lycée : une des filles les plus populaires de l’établissement tombe enceinte, et choisit de garder son enfant. Dans un mouvement surprenant de suivisme et de solidarité, d’autres filles tombent enceintes à leur tour, et décident qu’elles sont assez matures pour garder leurs enfants. La nouvelle mode prend de l’ampleur, les parents sont catastrophés et les encadrants dépassés.

 

Le film laisse perplexe, ce n’est rien de le dire. La maternité comme moyen de révolte adolescent de masse, les hommes comme distributeurs automatiques, le couple absent, l’enfant comme gadget pour se créer une vie, et l’utopie comme seul horizon... Tout un programme. Quelques dizaines d’années après le combat des femmes à disposer de leur corps, ce film prend un contre-pied surprenant en maintenant la même revendication, mais avec un objectif inverse dans une société où, si les filles mères n’ont toujours pas la côte, l’avortement s’est progressivement banalisé.


Il y a parfois quelque chose de léger et d’aérien, comme dans un Gus Van Sant, à voir une jeunesse rêveuse, déconnectée, idéaliste et poétique, prendre à contre-pied une société rationnelle, sclérosée et même parfois complètement dépassée. D’ailleurs malgré sa mention « inspirée d’une histoire vraie », la film se place souvent au niveau du conte, en particulier dans le choix du casting (toutes les filles sont très belles, les garçons aussi). Et quand démarre cette utopie, le conte fonctionne, surtout quand il montre des parents désemparés et la fougue d’une jeunesse qui ne veut pas être condamnée à leur « vie de con »

 

Ce choix de récit et de mise en scène pourrait être payant, si était soutenu par un début de point de vue de la part de ses réalisatrices. Or, elles semblent vouloir rester à distance, observer, ne pas juger, et même préserver ces héroïnes des temps modernes qu’elles semblent admirer, sans trop oser le dire. Le croisement entre un traitement « histoire vraie » et cette volonté de se placer sans jugement du côté de l’utopie n’est pas stable, et finit par leur faire dire ou voir à peu près n’importe quoi. A force de marcher en funambule et de refuser de juger des comportements parfois très limites, le film devient naïf, voire franchement déplaisant. Si il vaut pour les questions qu’il pose, sa neutralité finit par vraiment être problématique au fil des minutes.

En particulier quand les réalisatrices se forcent à afficher systématiquement le tabagisme des futures mères enceintes, quand ce n’est pas carrément le goût pour la biture ou la conduite dangereuse.

 

Manquer de sens et de recul dans ce type de film laisse donc un grand vide. Grand vide comblé le plus souvent par la fougue et la fraicheur d’une troupe de jeunes actrices vraiment formidables. Mais qui ne parviennent pas à effacer ce profond sentiment de perplexité devant cet OVNI charmant, mais d'une maladresse désarmante.

 

 

 

 

 

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