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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 08:48

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Julie Delpy est un cas à part dans le cinéma français. Naturalisée américaine depuis quelques années, elle continue d’associer avec plaisir la France de son enfance avec les Etats-Unis de sa vie adulte. Après Paris, c’est à New York ou plutôt à Manhattan qu’elle nous emmène, pour nous faire partager le bonheur incomparable d’un débarquement familial dans son appartement. Le père est un vieux socialiste français veuf depuis peu et pas très sortable et la petite sœur a eu la délicatesse de venir avec son copain qui n’est autre qu’un ex. Si le principe était de visiter New-York et de participer à l’inauguration d’une exposition, le voyage va évidemment se transformer en guerre des tranchées, avec le boyfriend américain pour compter les points.

 

La scénariste-réalisatrice n’y est pas allé avec le dos de la pelleteuse sur les clichés. Les frenchies trainent derrière eux une charrette de mauvaises habitudes qui va épouvanter les sages new-yorkais, depuis les douanes avec le passage en force de charcuterie et de fromage, jusqu’aux ascendeurs de Manhattan où un couple ne peut évidemment s’empêcher de s’allumer un joint. Le français parle de sexe du petit-déjeuner au diner sans interruption. Sans compter que comme chacun le sait, la femme française est légèrement nymphomane, et sort de sa douche nue comme au premier jour, peut-être pour rendre hommage au dernier français illustre qui s’est essayé à l’exercice au Sofitel local.


Si les gags en eux-mêmes sont faciles, c’est vraiment dans les réactions du boyfriend épouvanté (Chris Rock, très à l’aise) que le film va chercher son meilleur carburant. C’est en effet plutôt amusant de voir ce jeune homme cultivé pour qui la France était le pays de Godard et de Renoir, voir débarquer une bande de vandales sans gêne priapiques et mal embouchés. Il subsiste cette curieuse impression que le film a été réalisé par un yankee qui n’a jamais mis les pieds en France, mais qu’importe si tout cela est déployé dans la bonne humeur.

 

Car derrière le vernis un peu folklorique, c’est bien la partie « Famille je vous hais » qui intéresse toujours Julie Delpy. Là non plus, elle n’a pas peur de forcer le train, en particulier en chargeant considérablement le portrait de la sœur et de son insupportable petit copain. Menteurs, lourdingues, odieux, malpolis, le couple infernal va transformer la vie de la pauvre Julie Delpy en chemin de croix, bien secondés par le père, très gentil, mais aussi embarrassant qu’un père peut l’être. C’est ce film qui est plaisant et emballant, grâce à sens aiguisé du dialogue et l’efficacité désormais bien connue de mêler correctement l’anglais et le français dans des échanges vifs et rapides (Si Florence Forresti veut des leçons..). Julie Delpy parle de la famille avec beaucoup de férocité, mais aussi avec une grande tendresse, véhiculée par le personnage de Chris Rock , décidemment très réussi du début à la fin.

 

Et puis, à l’opposé d’une Maïwenn par exemple, ce regard est sans complaisance et sans narcissisme. Julie Delpy s’intéresse plus au spectateur qu’à sa petite personne, on le voit quand elle lui offre –divine surprise- une scène assez surréaliste de négociation d’une âme vendue, avec un guest inattendu, petite touche poétique qui vient alléger l’ensemble en lui donnant une touche saugrenue.

Derrière les clichés aussi patauds que cette colonie de français en goguette, un film rafraichissant et original qui donne envie de tomber amoureux, de partir pour New-York, et surtout, de ne jamais y inviter sa famille.

 


 

 


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Published by DH84
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