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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 14:31



Un film français d’espionnage est en soit une curiosité, surtout quand le parti pris est de se concentrer sur les personnages et l’ambiance, dans une économie de moyens à la fois voulue par un petit budget, et parfaitement adaptée à l’histoire. Contrairement à Secret Défense, sorti quelques semaines plus tôt, Nicolas Saada marche plus sur les traces de Jason Bourne que celles de Jack Bauer. On ne va pas s’en plaindre.

Un petit malfrat français se retrouve presque malgré lui à jouer les agents secrets à Londres, entre la DST, le MI5 et les syriens. Et pour cela, il doit séduire la femme d’un riche industriel anglais dont les rapports avec les syriens sont plus que troubles. Le réalisateur sait qu’il ne doit pas compter sur une caméra trépidante ou une pyrotechnie évoluée, il se concentre donc sur les deux personnages principaux : Vincent (Guillaume Canet), le français embarqué dans une histoire qui le dépasse et Claire (Geraldine Pailhas), épouse fidèle et sensible, mais qui voit son monde s’écrouler au fur et à mesure qu’elle découvre les activités parallèles de sa famille. Leurs scènes communes sont les plus réussies du film : est-il amoureux ou se sert-il seulement d’elle ? Est-elle mouillée dans les trafics ou seulement une victime collatérale ?  La tension monte continuellement, au fur et à mesure que les deux protagonistes doivent prendre de plus en plus de risques pour satisfaire les demandes du MI5. L’enjeu dramatique de l’attentat, lui, s’éloigne pour que le film se concentre uniquement sur la relation entre les deux personnages : c’est le seul enjeu de la scène finale, où on a d’ores et déjà oublié tout le reste.  C’est original et plutôt réussi mais ce était-ce vriament nécéssaire de se désintéresser à ce point du contexte ? D’ailleurs de manière générale, si les personnages sont vraiment bien écrits, et parfaitement interprétés, on pourra regretter que le scénario se permette des raccourcis parfois grossiers, à la limite de l’invraisemblance. C’est d’autant plus gênant quand le postulat le l’histoire lui-même repose sur une base bien légère : la petite frappe française engagée par des espions sur une mission top secret, c’est un peu dur à avaler.  L’industriel qui protège son ordi avec un mot de passe que tout le monde a déjà trouvé dans la salle avant la saisie, ce n’est pas terrible non plus. Cela ne gâche pas le film, mais lui donne une sérieuse touche de pas-fini.

On se consolera avec des seconds rôles très réussis, qui tiennent vraiment le récit debout : dans deux styles différents, Stephen Rea et Hyppolite Girardot sont vraiment formidables en agents secrets. Et l’utilisation de l’anglais et du français finit à donner une touche très moderne à ce film, qui aurait pu finalement se passer il y a 50 ans : l’argent, les valises diplomatiques, les espions, les femmes fatales, c’était déjà la même histoire pendant la guerre froide…

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Published by DH84
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