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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 13:35




Le Nord de la France, à une encablure de mer du Royaume Uni, eldorado des immigrants irakiens et afghans, chassés de chez eux par la guerre et les massacres. Un prof de natation en plein divorce se lie d’amitié avec un jeune kurde qui cherche à rejoindre l’Angleterre, quitte à traverser la Manche à la nage puisque le trajet lui semble impossible avec les passeurs. Mais l’épreuve semble insurmontable, même pour un jeune nageur doué et en pleine santé.

Philippe Lioret se risque dans un contexte actuel et brûlant et réussit à nous captiver par la description de cet univers qui est à la fois très réaliste, et qui semble en même temps plus proche de certains films d’anticipation (les similitudes avec Children of Men, pure fiction futuriste, font froid dans le dos). Si le film se concentre sur la quête de Bilal pour rejoindre l’Angleterre, c’est bien la peinture globale des personnages et des situations qui interpelle : des migrants paumés et fauchés, des locaux méfiants devant cette invasion, des bénévoles dépassés et des flics qui ne font que mettre en musique une politique repressive qui sert de réponse à une situation inextricable : on ne peut renvoyer les migrants dans des pays en guerre, on ne peut pas non plus les laisser traverser, ni s’installer. En suivant en parralèle le cheminent depuis le point de vue du français et celui du migrant, Lioret met le doigt où ça fait mal, mais avec une pudeur et un respect qui prennent le spectateur à témoin, sans le prendre en otage. Et il ne se dégonfle pas quand il s’agit de regarder en face les drames humains que cet état de fait entraîne.

Un grand bravo aussi à Vincent Lindon, qui porte l’histoire sur ses épaules avec ce personnage triste et colérique, qui s’ouvre petit à petit au monde qui l’entoure. Le film lui doit beaucoup. Dommage quand même qu’un des personnages ne puisse s’empêcher de faire une référence bien évitable à l’holocauste, il suffit d’une engueulade de quelques secondes avec un vigile pour atteindre le point Godwin. On poura aussi reprocher au réalisateur de se saisir de problèmes que personne ne semble capable de résoudre, et de ne pas proposer le début du commencement d’une solution aux drames de l’immigration. Mais un film français qui s’empare de sujet politiques forts, avec pudeur et talent est suffisamment rare pour être souligné

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Published by DH84
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