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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 22:39



Après avoir été un scénariste reconnu, Tony Gilroy est passé à la réalisation, d’abord avec le très inégal Michael Clayton, puis avec ce Duplicity. Julia Roberts et Clive Owen sont deux espions qui s’aiment, à moins qu’ils ne détestent. Qui bossent pour deux compagnies concurrentes, à moins qu’ils n’essaient de les arnaquer. Qui ne sont pas vus depuis 5 ans à moins qu’ils ne se soient croisés à Rome l’an dernier. Faux semblants, mensonges et grosse arnaque : on peut être habitué aux films d’espionnage plein de retournements, c’est ce coup ci une véritable gymnastique. En bon ex-scénariste, Gilroy tisse tranquillement sa trame narrative pendant la première heure, et prépare doucement toutes les pièces de son puzzle, pour pouvoir nous en mettre plein la vue à la fin. Il semble juste oublier le spectateur en route, qui n’en finit plus de se contorsionner pour démêler le vrai du faux, le présent et le passé, les bons et les méchants au risque de rater de belles scènes. C’est d’autant plus dommage que, depuis son dernier film, le réalisateur a appris quelques trucs : les dialogues percutent bien, Clive et Julia débordent de charme, Paul Giamatti a un petit rôle délirant et le générique de début filmé au ralenti est absolument génial. Mais Gilroy a aussi conservé cette très désagréable habitude de ne jamais gérer correctement le tempo de ses scènes et de faire traîner en longueur des séquences qui auraient tant gagné à être brèves et furtives.

Heureusement pour nous, au bout d’une grosse heure de retournements dans tous les sens, le film trouve son rythme de croisière quand il devient simplement compréhensible. Et là le charme marche plein pot. Tout s’explique au fur et à mesure, et on comprend enfin pourquoi toutes ces scènes pénibles et répétitives ont émaillé le début du film. Il se permet même une fin originale et très réussie, fluide et rythmée, avec une grande classe. Pour ces moments, ce film léger et plein de charme mérite le détour, même si il est vraiment dommage de n’en comprendre la valeur que lors de la dernière demi heure.

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Published by DH84
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