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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 12:07



L’immense succès de la trilogie X-Men ne pouvait pas rester sans suite. Conscient que les personnages des trois précédents films commençaient à s’essouffler, la Fox a eu recours à un procédé de série télé pour continuer à exploiter la poule aux œufs d’or : le spin-off. On prend le personnage le plus populaire, et on lui offre son histoire et son film à lui. A l’arrivée, c’est toujours un film plein de mutants qui se mettent des beignes à coups de super-pouvoirs, mais ça s’appelle X-Men origins Wolverine au lieu de s’appeler X-Men. Fastoche.

Bryan Singer avait emmené l’univers X-Men vers des sommets insoupçonnés (l’excellent opus 2) Brett Rattner l’avait ramené vers de la grosse ratatouille bourrine mais sympathique (le gentil n°3). Pour mettre en image cet épisode, le Fox a décidé de la jouer un peu risqué en confiant les commandes à Gavin Hood, un jeune réalisateur sud africain  avec quelques très bons films à son actif , et en laissant une grande place de producteur à Hugh Jackman, l’interprète du héros.  Et ce qui pouvait passer pour une double bonne idée de départ devient vite une aberration quand on voit avec quel amateurisme les deux compères ont déroulé leur histoire.

Le scénario d’abord : sans surprises, avec des rebondissements attendus des enjeux dramatiques bien limités, et quelques invraisemblances béantes (ça sent la redécoupe sauvage post-tournage). Le personnage de Wolverine ensuite : dans X-Men, c’est le bad guy ; le gars qui fume, qui picole et qui envoie bouler tout le monde. Ici, c’est un sentimental animé de justice et de désir de paix, pendant qu’une bonne partie de ses compères sont des psychopathes finis, beaucoup plus marrants que lui. Ou est passé l’animal sanguinaire, la brute épaisse ? Et quelle drôle d’idée d’avoir cherché à multiplier les personnages de mutants sans en développer un seul correctement : avec Gambit et Deadpool, il y avait de quoi faire de la matière pour un film entier, et on ne les voir que passer. Les autres sont simplement décoratifs, ont trois lignes de dialogues et une scène pour montrer qu’ils ont un pouvoir qui déchire. Frustration totale, les forums de geeks hurlent déjà au massacre des leurs personnages de comics préférés, et on ne peut pas dire qu’ils aient tort. Seule exception, Victor Creed est vraiment réussi, grâce au temps qu’on lui laisse à l’écran et au talent le Liev Schreiber, pourtant inattendu dans ce rôle. Reste donc les scènes d’action. C’est probablement la partie la moins ratée du film, Gavin Hood emballe sans étincelles mais avec une application d’étudiant studieux quelques bonnes bastons, en particulier quand les mutants se déplacent en escadrille. Ca suffit pour ne pas trop s’ennuyer, mais pas pour se dire qu’on a vu un bon film.

Mais cet amoncellement de reproches n’est finalement du qu’à l’attente qui avait été crée par le projet. Quand on va voir X-Men 3 de Brett Rattner, on rentre dans la salle en priant que le massacre soit regardable, pour le coup, si on a affaire à un petit film pas très bien foutu, mais néanmoins sympa, on n’a pas envie d’être désagréable. Mais quand on doit assister à la résurrection des meilleurs personnages du catalogue Marvel par un jeune réalisateur doué, on ne satisfait pas de ce film un peu mal branlé, au scénario flottant et à la maitrise très limitée…

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Published by DH84
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