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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 12:06

















Les deux premiers volets de la désormais tétralogie Terminator ont marqué durablement le cinéma de science fiction. Le deuxième particulièrement, mélange étonnant d’effets spéciaux alors révolutionnaires, parfaitement soutenus par une histoire fascinante, un rythme incroyable et une maitrise sans égal des ambiances et de la mise en scène. Mais voilà, tout le monde n’est pas James Cameron. Après un très tiède épisode 3, les producteurs se sont sentis obligés de presser le citron jusqu’au bout en recyclant une fois de plus les thèmes de la saga, mais en plaçant directement celle-ci dans le futur, après le « jugement dernier » et la prise de pouvoir par les machines. Pourquoi pas après tout. Sans s’attendre à ce que le film n'atteigne les sommets de ces illustres prédécesseurs on pouvait au moins espérer un bon film d’action apocalyptique. Peine perdue, tout est (quasiment) à jeter.

D’abord, le script. Qui n’est au final qu’une grande machine à foutage de gueule, et parfois une franche insulte à l’intelligence des spectateurs. Raccourcis honteux, invraisemblances totales, écarts monstrueux avec l’esprit de la sage, n’en jetez plus la coupe est pleine. D’une idée de départ plutôt intéressante, qui intègre à la fois le père de John Connor et un robot un peu humain,  on nous sert une grosse ratatouille qui est surtout prétexte à faire exploser la plus grande partie du décor et à faire sortir de leur caisse des tas de robots flambants neufs : avions, motos, serpents de mers, et même des gros avec des bras qui ressemblent à celui du méchant dans les Indestructibles. Une vraie foire du Terminator, et donc tout un lot de scènes de combats, au détriment d’une histoire traitée par-dessus la jambe.  Et plus le récit avance, plus le scénario doit plâtrer les invraisemblances avec de nouveaux raccourcis. Faut qu’un type s’évade ? Pas de problème, une fille tombe instantanément amoureuse de lui et le fait sortir d’une base ultrasurveillée. Connor n’a plus de moyen de locomotion ? No soucy, on tend une corde en travers de la route et on attend que le prochain robot passe et se prenne les pieds dedans ( ! )  Le summum est atteint dans la scène finale, qui doit marquer le point culminant émotionnel et qui se perd dans les éclats de rire gênés de la salle. Pathétique…

Ensuite, le réalisateur. Quelle idée saugrenue de confier le bébé au metteur en scène de Drôles de Dames ! MCG (qui ne donne pas son vrai nom, on comprend mieux pourquoi maintenant) empile les d’action sans éclat (à part une sympathique poursuite dans le désert) et ne maitrise ni le tempo, ni la progression dramatique de l’histoire. On en vient à souhaiter pour lui que le film ait été remonté en son absence tant la narration de dernière demi-heure donne une impression de foutoir total.

Enfin l’ambiance. La peur de la machine, la phobie du jugement dernier, l’humour rock n’roll, c’est terminé. La seule ambiance consiste à filmer avec une photo très classe, des décors d’apocalypse, au demeurant plutôt soignés. Point barre. Dès que le plan large est fait, on revient vite au boum-boum réglementaire et systématique. Le pauvre Christian Bale ne sauve pas un personnage caricatural, en passant la moitié du film à hurler dans un talkie, et l’autre à annoncer la fin du monde avec une tête d’enterrement.

Un naufrage complet et irrécupérable. La franchise Terminator ne méritait sûrement pas ça.

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Published by DH84
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