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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 08:01

L’affaire Polanski

C’est l’affaire politico-cinématographique du moment : l’arrestation du réalisateur Roman Polanski en Suisse, suite à un mandat d’arrêt émis depuis les Etats-Unis il y a plus de 30 ans. Le metteur en scène vivait en Europe depuis et n’avait jamais remis les pieds aux US, même pas pour y recevoir l’oscar du meilleur réalisateur pour le Pianiste. Artiste reconnu, il a signé un des tous meilleurs polars des années 70 (Chinatown), et a donné au cinéma d’horreur quelques uns de ses plus grands moments d’angoisse (Rosemary’s baby) ou de rire (Le bal des vampires, à voir absolument).

En tous cas, le combat fait rage entre les partisans du réalisateur (lire ) et les autres (lire ici), les premiers arguant de vices procédure et du retrait de la plainte de la victime (qui a quand même été payée), les seconds ne voyant pas pourquoi ce monsieur pourrait s’exonérer d’une condamnation de quelque manière que ce soit. Notre formidable ministre de la culture s’est pour le coup un peu fourvoyé en lui apportant un soutien inconditionnel : pas très cohérent quand on fait partie d’un gouvernement qui claironne son désir de mieux protéger les victimes et de punir plus durement les coupables… bref. D’un point de vue bassement terre à terre, cela remet aux calendes grecques la sortie de son prochain film, The Ghost, avec Pierce Brosnan et Ewan McGregor, qu’il avait fini de tourner ces derniers mois.

 

L’été américain

La fin de l’exploitation de tous les films sortis cet été permet de tirer quelques conclusions quant à la tenue du box-office américain. Ces résultats sont importants car ils déterminent le visage du cinéma US pour les prochaines années, les distributeurs ayant beaucoup plus de facilité à financer de projets « sérieux » et risqués quant les derniers sortis ont cartonné. De la même manière, l’échec de blockbusters débiles et calibrés a l’avantage de faire (un peu) réfléchir tout le monde. La tendance majoritaire est une prime à la qualité, à quelques exceptions près, on retrouve dans le top 5 une majorité de films plutôt réussis (La-Haut, Star Trek, Very bad trip) et une jolie flopées de succès pour d’excellents films (District 9, Inglorious basterds, Public Ennemies). A l’exception notable de Transformers, les produits calibrés ou paresseusement dupliqués ont plutôt déçu, voire se sont pris des gamelles mémorables, c’est bon signe…et voir trois gros bourrés en road trip à Vegas faire la nique à (presque) tout le monde a quelque chose de vraiment réjouissant

Ils ont tout déchiré : Transformers 2 (401 M$), Very Bad Trip (274), Star Trek (257), Inglorious Basterds (115), District 9 (113)

Ils ont bien rempli leur contrat : Harry Potter (299), Là-haut (292), L’âge de glace (195), Public Ennemies (97)

Ils se sont un peu troués : Anges et Démons (133, mais qui se rattrape à l’étranger), Terminator (125, bien fait pour sa gueule), Watchmen (107, dommage) Prédictions (79, re-bien fait pour sa gueule), Bruno (60)

Ils ont totalement loosé : Le monde (presque) perdu (49) L’an 1, des débuts difficiles (43) La panthère rose 2 (35) Push (31) Dans ses rêves (16) Dragon Ball (9)

 

 

Le raffinement à la Française

La bande annonce de from Paris with Love est en ligne ici. Ce film est produit par Europa Corp, la société de Luc Besson, qui passe avec cet opus dans la catégorie supérieure du vrai blockbuster. Après avoir participé à la construction de succès hexagonaux, pas toujours très brillants, mais efficaces (les Taxi, Yamakasi, …), Europa Corp s’est diversifié vers un créneau peu prestigieux, mais lucratif : la série B. La recette est sensiblement toujours la même : un réalisateur français peu confirmé et aux ordres, une demi-star étrangère (Jason Staham, Jet Li, Morgan Freeman, Liam Neeson), un scénario boum-boum pan-pan crac-crac et une vision pour le moins exotique de l’universalité (les chinois sont violents, les roumains proxénètes, les allemands stricts et coincés, etc…). Le résultat : des chefs d’œuvre du calibre du Transporteur ou de Danny the dog, c'est à dire entre le gentil film d'action bourin décérebré et la grosse bouse, mais avec des gentils succès en salles et en DVD suffisants pour faire tourner la machine.
Le monstrueux succès de Taken au box-office US (140M$, plus que Terminator ou Anges et démons) a un peu changé la donne et donne des ailes à Luc Besson qui  semble passer à la vitesse supérieure avec une vraie star (Travolta, déguisé) et un jeune qui monte (Jonathan Rhys-Meyer, moustachu), et toujours avec le même réalisateur.  D’ailleurs rien n’a changé : du cul, des flingues, des voitures qui pètent, des méchants chinois et une histoire apparemment déjà vue 500 fois sur le duo mal assorti (on parie qu'à la fin du film, ils vont finir par s'apprécier ?). Comme quoi on peut être français et aussi faire des films d’action pourris à gros budgets. Non mais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by DH84
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