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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 06:30

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7-psychopathes-7.jpg

 

 

Sur un pont, deux stars de Boardwalk Empire (les excellents Michael Stuhlbarg et Michael Pitt) font la causette sur la difficulté ou non de flinguer une femme. Le soleil est éclatant, les vannes fusent, dans une atmosphère assez irréelle. Jusqu'à la conclusion de ce court prologue qui place d'emblée ce 7 psychopathes sous les ombres envahissantes de Quentin Tarantino (pour les tunnels de dialogues hors de propos et la violence aveugle) et des frères Coen (pour le défilé de loosers plus ou moins aimables).

 

Mais Martin McDonagh a manifestement beaucoup plus d'ambition que de rejouer une petite série sous influence, ne serait-ce que pour rentabiliser l'impressionnant casting mobilisé pour l'occasion.  Sous l'œil des maitres du genre, il tente donc la mise en abîme en faisant de son personnage principal un scénariste en panne d'inspiration, qui écrit un film appelé "7 psychopathes" à base d'anecdotes qui lui racontent ses potes. Mais très vite, les personnages fictifs débarquent dans la vie réelle, à un tel rythme que l'on ne sait bientôt plus franchement ce qui fait partie de l'histoire, et de l'histoire dans l'histoire. Mise en abime, on vous dit.

 

L'intention (louable, au demeurant) est assez claire : faire voler en éclat les certitudes, les attentes et les conventions d'un genre qui a déjà été revisité des centaines fois, et pas que par des réalisateurs recommandables.

Malheureusement, l'enfer est pavé de bonnes intentions, et le cimetière des réalisateurs ambitieux est rempli d'artistes à idées géniales. Le principal problème de Martin McDonagh, c'est son script qui part dans tous les sens, en ne s'appuyant que sur des anecdotes décalées, et des dialogues sans fin de ses personnages "réels". Si la galerie de serial killers tarés fait souvent sourire, si le concours de l'histoire la plus morbide est parfois efficace, c'est souvent beaucoup plus dur dès que l'on revient à Sam Rockwell et Colin Farell qui dissertent sur le film de gangsters.

Un échec total de cette narration à tiroirs, portée uniquement par une suite de sketchs qui peut vaguement sembler attrayante, mais qui est surtout décousue et bordélique. Merci au passage au réalisateur de nous rappeler qu'écouter des malfrats raconter leurs vies et leurs angoisses peut être particulièrement pénible si l'on a pas un grand dialoguiste à la plume.

 

7 psychopathes est donc un film à la fois nostalgique et bizarre, mal foutu et pourtant sympa par moments , mais qui finit par ne plus rien vouloir dire du tout  force de se regarder le nombril, en particulier lors de cet interminable passage dans le désert. Et cela malgré toute la bonne volonté des acteurs qui y mettent beaucoup de cœur : Colin Farell sobre et passionné, Sam Rockwell et Woody Harrelson  en roue libre comme stipulé sur leur contrat, et surtout les vieux sortis de l'hospice pour l'occasion : Christopher Walken, Tom Waits et même Harry Dean Stanton qu'on a l'impression de voir dans un film sur deux en ce moment.

 

Une telle galerie de grands acteurs est toujours un spectacle en soi, mais laisse un gout finalement un peu amer devant un film qui donne surtout envie de revoir Bons baisers de Bruges, le précédent film de Martin MCDonagh, petit bijou de comédie acide et barrée. 

 

 

 

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Published by DH84
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