Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 15:21

EtoileNoire.gif EtoileNoire.gif

 

a-dangerous-method-de-david-cronenberg-10331160tke-copie-2.jpg

 

David Cronenberg parti investiguer les origines de la psychanalyse dans une Suisse et une Autriche polissés du début du XIXème siècle ? Après Woody Allen qui va à Paris, Scorsese qui fait de la 3D, décidemment, tout fout le camp. Et si les deux new-yorkais ont su séduire par leur changement de lieu ou de registre, il n’est pas évident qu’on puisse en dire autant de notre canadien et de son opus viennois qui laisse pour le moins perplexe, quand il ne déroute pas complètement.

Au départ, c’est un cas clinique. Une jeune fille en proie à des troubles graves que le docteur Jung parviendra a guérir en mettant en pratique les technique de la psychanalyse posées récemment par son confrère Sigmund Freud. Les deux hommes se toisent, se rapprochent. Mais de désir que crée cette patiente chez le docteur Jung devient incontrôlable.

 

Cette méthode dangereuse est surtout frustrante car elle est d’abord fascinante. En recréant ce petit théâtre d’ombres dans le cabinet du praticien, pendant les séances plus ou moins violentes d’analyse et en utilisant la magnifique nature suisse, Cronenberg captive d’abord avec un cinéma posé, cérébral et bavard qui ne ressemble pourtant pas au sien. La guérison de Sabina, puis la tentative de traitement de leur confrère (magistral Vincent Cassel) suivent une logique qui démonte méticuleusement les succès et les échecs de la thérapie par la parole, expériences à la fois passionnantes et très cinématographiques.

Malheureusement, la suite du film n’aura de cesse de s’étirer et finit par s’épuiser par manque d’enjeux. En faisant rentrer Freud au cœur du jeu, puis en tentant de s’accrocher à la fois à l’avenir de Sabina, la controverse entre Jung et Freud, le rapport maître élève et le désir de Jung, le film tisse une toile complexe et multiple sans jamais parvenir à réunir les différents sujets.

 

Le résultat est donc un film long, paisible et sage là où il devrait être choquant, osé, tourmenté. On ne fait que suivre une paisible succession de  tableaux qui s’étiolent jusqu’à disparaître. A trop partir dans toutes les directions, Cronenberg s’est pris les pieds dans le divan, d’autant que sa mise en scène sage ne convient alors plus à un ensemble qui ne suscite décidemment aucune émotion, malgré le travail remarquable de Michael Fassbender et de Kiera Knightley. On pardonne beaucoup à un tel génie, on pourra être moins indulgent avec le script indigeste et bavard de Christopher Hampton, qui n’a plus réussi grand-chose depuis les Liaisons Dangereuses il y a bien longtemps.

 

Reste la magnifique lumière, la ville de Vienne et le plaisir de voir à l’écran cet acteur magnifique qu’est Viggo Mortensen. C’est bien peu. 


 

 

 

 

 

 

Page Facebook

Page twitter

 

Partager cet article

Repost 0
Published by DH84
commenter cet article

commentaires