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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 09:46

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Un amour naissant, un mariage, et le couple qui s'installe dans la maison du père adoptif. Prévenant, généreux, mais bientôt étouffant. Et entre la famille restée au bled et le fait ne pas vraiment habiter chez elle, il se cache et elle souffre. Jusqu'à la folie.


C'est au départ un pur film de fait divers. On ne cache pas l'horreur de celui-ci au spectateur, qui découvre dès les premières images quatre petits cercueils en route vers le Maroc. Dans cet exercice désormais assez classique, le principe consiste alors à remonter aux racines du mal pour comprendre quel engrenage à pu conduire au drame.

Ici, la pauvre Emilie Dequenne se retrouve munie assez rapidement de trois boulets  (ou du moins présentés comme tels) beaucoup trop lourds à porter : un mariage interculturel, une famille nombreuse et un beau père franchement envahissant. Sur ce point, le film prend son temps dans la montée en pression, avec une mise en scène étouffante, qui multiplie les plans fixes et surtout les plans serrés sur les personnages. Histoire d'appuyer de façon pas très subtile sur le piège qui se referme.


Le procédé fonctionne parce qu'il rend le film inconfortable, voir un peu plus. Il glace le sang, laisse le malaise s'introduire d'abord par petites touches, puis ensuite par pelletées entières. A ce jeu, le film repose sur le talent incroyable d'Emilie Dequenne et de Niels Arestrup. Sans forcer le trait, avec nuance et progression, les deux protagonistes permettent de gommer bien des défauts et de nous emmener progressivement vers l'horreur. Il faut voir la mère de famille se décomposer petit à petit. Il faut voir la colère froide et tétanisant du vieux médecin , trop présent, trop encombrant, trop gentil.

Si les deux interprètes font un travail formidable, on ne peut pas en dire autant de Tahar Rahim, jamais à l'aise, et qui sonne faux assez souvent. Dès qu'il n'est plus à l'image, le film trouve d'ailleurs un nouvel équilibre, jusqu'aux dernières minutes particulièrement éprouvantes, même si on ne montre (évidemment) rien.

 

Le film ne veut pas donner d'avis, il cherche peut-être à éclairer, donner des clés, décrire avec distance et à surtout ne jamais juger ses personnages. Et devant un tel exercice, on en vient à prendre un peu de distance et se demander : à quoi sert un tel film ?

Quand De Palma montre la violence, il questionne notre rapport à l'image. Certains Haneke sont au moins aussi éprouvants mais ils font réfléchir, débattre. Chabrol croquait des milieux, des personnages, des époques. Ici, il n'y a rien de plus qu'une trajectoire dramatique individuelle, que la description d'une dépression et d'une folie sans que jamais le film ne cherche à en faire quelque chose, à en tirer un enseignement ou même une émotion. A quoi sert alors un tel film ? La question reste en suspens.

 





 


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Published by DH84
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