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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 17:14

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4 saisons qui se suivent, quoi de plus classique et de plus routinier ? Surtout pour Tom et Gerri (!), gentil couple de retraités, couple modèle qui servent de roc et de référence à la fois à leur fils vieux célibataire, à leur amie Mary au bord de l’alcoolisme, au frère renfrogné et solitaire, et à leur ami Ken qui vit mal sa crise de la cinquantaine.


Le cinéma de Mike Leigh est vraiment un cinéma d’auteur à part entière. Ne cherchez pas de rebondissements, de trame narrative structurée ou de repères habituels, vous êtes ici au royaume du cinéma déstructuré.  Un cinéma qui essaie de vous dire des choses, mais de manière indirecte et subtile. Un cinéma de personnages, de gueules et de tranches de vie. Chacun appréciera à sa mesure cette douceur et ce vide narratif.

J’avoue avoir un peu de mal à crier au chef d’œuvre devant ce spectacle, certes intéressant et profond, mais curieusement statique, sorte de théâtre lent et mélancolique.  A la manière d’une étude de caractère de La Bruyère, Mike Leigh pose donc plusieurs personnages et leur trait de caractère dominant. Un couple modèle, un fils sur le point de réussir à reproduire le modèle et une petite bande d’amis à la dérive entre la solitude, l’alcool et la chagrin. Et les loosers prennent de plus en plus de place dans la vie bien propre et bien rangée de Tom et de Gerri. Entre désir d’aider et préservation de leur petit cocon de bonheur, vont-ils être à la hauteur ?

 

La description du bonheur, du malheur, de la solitude est fine et complète, dans un espèce de crépuscule de la vie où tout semble s’être arrêté. La caméra ne cherche pas à aller plus loin  que ses personnages, leurs petites habitudes, leurs manies et leur personnalité. Un seul événement notable viendra bouleverser cette longue année…Tout repose alors sur les acteurs, en permanence centraux et incontournables. Et il faut dire qu’ils sont globalement à la hauteur, en particulier la formidable Lesley Manville qui joue sur une impressionnante palette d'émotions.

On pourra apprécier la délicatesse et la mélancolie du propos, on pourra aussi se sentir frustré par la manque d’audace, d’inventivité de l’ensemble. En fait, l’ensemble du film est concentré dans la séquence d’ouverture qui voit la très grande comédienne anglaise Imelda Staunton refuser qu’on traite sa dépression : un grand numéro d’acteur digne et profond, quelque chose de troublant et de curieux dans l’air, la peinture fine d’un personnage à  la dérive. Ni plus, ni moins. 

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Published by DH84
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